Tupolev TB-3

Tupolev TB-3


Fiche descriptive

Appareil : Tupolev TB-3
Constructeur : Tupolev A. N.
Désignation : TB-3
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : ANT-6, SPB Zveno, G-2.
Mise en service : 1933
Pays d'origine : U.R.S.S.
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardier à long rayon d'action, avion de soutien à chasseurs parasites, transport de troupes, transport de fret civil.

Histoire

Tupolev TB-3 :
Le bombardier lourd de Staline

Durant la Seconde Guerre mondiale les forces aériennes soviétiques firent un usage important des bombardiers, à l’instar des principales autres nations majeures engagées dans le conflit. Mais là où Allemands, Américains, Britanniques, et mêmes Italiens tentèrent sans cesse de mettre en œuvre de nouvelles machines les pilotes russes quant à eux disposaient d’un mélange de machines très modernes, souvent « importées » au titre de la loi dite prêt-bail, et d’appareils à la limite de l’obsolescence généralement développées dans les années 1930. Parmi ces dernières figurait le principal bombardier lourd soviétique, le Tupolev TB-3.

Pour cet avion tout commença au milieu des années 1920, lorsque l’état major soviétique ordonna au bureau d’étude Tupolev de développer un bombardier capable de frapper une cible distante d’environ 2500 kilomètres. Ce rayon d’action était alors jugé extrêmement ambitieux, eut égard à ce qui existait ailleurs. Mais surtout le cahier des charges prévoyait que l’avion soit un monoplan. Le programme fut désigné comme ANT-6 et officiellement lancé en 1929.

À cette époque les travaux de Tupolev avaient bien avancés, le constructeur s’inspirant du TB-1 déjà alors en service, et de ce fait le prototype était déjà en cours d’assemblage. Le seul véritable problème que rencontra l’avionneur fut la motorisation de l’ANT-6. Après avoir fortement envisagé de se procurer des moteurs américains Curtiss de 590 chevaux, Tupolev fit le choix du BMW type VI-Z de 720 chevaux. Ainsi le prototype du bombardier ANT-6 sortit d’usine en octobre 1930.

Extérieurement l’ANT-6 se présentait sous la forme d’un monoplan à aile médiane quadrimoteur construit en bois entoilé et métal. De conception assez classique il possédait un train d’atterrissage tricycle fixe à roues de grande taille et un empennage classique. Le pilote et le copilote prenaient place dans deux cockpits côte à côte à l’air libre, tandis qu’un observateur servait une double mitrailleuse de calibre 7.62mm dans un poste lui aussi à l’air libre, dans le nez. Un second poste de tir disposant du même armement était installé à mi fuselage. Le fuselage renfermait les soutes à bombes permettant le largage de deux tonnes de charges. Le premier de l’avion intervînt le 22 décembre 1930.

Dès lors la production de l’avion fut lancée. Pour des raisons politiques une licence de production fut acquise auprès de BMW pour que le moteur soit assemblé en tant que Mikulin M-17. Les premiers ANT-6 entrèrent en service en tant que TB-3 (pour Tyazholy Bombardirovsich, c’est à dire bombardier lourd) en 1933. Ces appareils marquèrent un véritable renouveau dans l’aviation soviétique. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata le TB-3 servait à environ 800 exemplaires dans les rangs de l’Armée Rouge.

Toutefois il faut souligner que cet avion n’était alors plus officiellement en service opérationnel. En effet, il avait été retiré du service en juillet 1939, mais réintégré quelques semaines plus tard, lorsque l’URSS attaqua la Pologne deux semaines après les nazis. Cependant du fait d’une relative obsolescence, les Tupolev TB-3 étaient cantonnés alors à des vols nocturnes, notamment contre les grands centres industriels de l’est polonais.

Plus tard, les TB-3 furent utilisés contre les Allemands après que ceux-ci aient attaqué l’URSS. Mais en l’absence de réels bombardiers lourds modernes l’Armée Rouge utilisa ses quadrimoteurs pour des opérations tant diurnes que nocturnes, où ils représentaient des cibles de choix pour les chasseurs de la Luftwaffe comme le Messerschmitt Bf-109. Toutefois servis par des pilotes d’élite les Tupolev TB-3 réussirent de nombreuses missions à très haut risque. En effet Staline avait ordonné que les régiments de TB-3 soient dotés des meilleurs pilotes de bombardiers, ces avions ayant également une haute valeur pour la propagande communiste.

Durant la guerre les Tupolev TB-3 participèrent à l’ensemble des grandes batailles contre les troupes allemandes, notamment celles de Smolensk et de Stalingrad, ainsi que le siège de Leningrad. Là encore, ils enregistrèrent de lourdes pertes mais permirent de frapper en profondeur les troupes de la Wermacht. Lorsque la guerre prit fin les Soviétiques utilisaient encore une dizaine de TB-3 de bombardement, ceux-ci ayant majoritairement été remplacés par des avions occidentaux comme le North American B-25 Mitchell ou par le Petlyakov Pe-8, ce dernier ayant été construit en faible série, surtout vis à vis du TB-3.

Mais cet avion ne se limita pas exclusivement au bombardement. En effet, au cours du conflit environ 150 appareils furent transformés en avions de transport de troupes pour 35 parachutistes équipés. Ces soldats devaient être un peu acrobate pour voler à bord des TB-3, car mis à part le plafond bas, ils devaient s’en extirper par une trappe située devant le poste de tir central, puis marcher à quatre pattes sur le fuselage, se redresser au niveau de l’emplanture des ailes, avancer sur celles ci, et enfin se jeter dans le vide par l’arrière. Tout ça avec fusil ou pistolet mitrailleur dans les mains et parachute sur le dos. Autant dire que paras à bord d’un TB-3 c’était loin d’être une sinécure !!! Mais là encore les soldats de l’Armée Rouge assumèrent et réalisèrent bon nombre de missions remarquables, comme par exemple sauter sur Stalingrad.

En tant qu’avion de transport le Tupolev TB-3 fut également pensé pour le transport de chenillettes blindées de reconnaissance ou de chars légers. Installés sous le fuselage ces véhicules devaient être déposés au-delà des lignes ennemies pour prendre en tenaille ces derniers. Cela n’eut jamais, il faut bien le remarquer, d’effet notable. Finalement ces avions furent retransformés pour le transport de troupes.

Mais c’est sans conteste le programme Zveno, ou Tupolev SPB, qui marqua le plus l’histoire du TB-3. En effet cet avion était un composite disposant de deux chasseurs parasites Polikarpov I-16 montés sous les ailes. Transportés loin derrières les lignes ennemies les petits monoplans de chasse devaient aller attaquer avec deux bombes de 250kg chacun, et ensuite revenir s’accrocher au TB-3 porteur. Ce programme qui fut testé en grandeur nature au cours de l’année 1941 ne réussit jamais à être vraiment concluant, malgré la destruction de quelques cibles, comme un pont en Roumanie, franchissant le Danube. Finalement le programme Zveno fut abandonné en 1942 et les trois TB-3 envoyés à la ferraille.

Construit au total à 818 exemplaires en une dizaine de versions différentes le Tupolev TB-3 marqua profondément et durablement l’histoire aéronautique, et pas uniquement soviétique. Il fut en effet le premier véritable bombardier stratégique réellement réussi, conçu en URSS ; une sorte d’ancêtre des Tupolev Tu-95 Bear et Tu-160 Blackjack actuels.

Dans les années 30 quelques TB-3 furent acquis par la compagnie aérienne Aeroflot pour du transport de fret sous la désignation de G-2. Il faut souligner que cet avion servit de base à l’ANT-20, le fameux Maxime Gorki utilisé par la propagande soviétique dans les années 1930.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Tupolev TB-3 en version de bombardement.
Envergure : 41.80 m
Longueur : 24.40 m
Hauteur : 8.50 m
Motorisation : 4 moteurs Mikulin M-17
Puissance totale : 4 x 705 ch.
Armement : 4 mitrailleuses mobiles de calibre 7.62mm
2000kg de bombes
Charge utile :
Poids en charge : 19300 kg
Vitesse max. : 210 km/h à 3000 m
Plafond pratique : 4800 m
Distance max. : 2000 Km à charge maximale.
Equipage : 5
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Tupolev TB-3

Profil Couleur

Profil couleur du Tupolev TB-3

Vidéo

Parachutistes soviétiques sautant d'un Tupolev TB-3

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.