Yakovlev Yak-9 ‘Frank’

Yakovlev Yak-9 ‘Frank’


Fiche descriptive

Appareil : Yakovlev Yak-9 ‘Frank’
Constructeur : Yakovlev A.S. Design Bureau
Désignation : Yak-9
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN : Frank
Variante :
Mise en service : 1942
Pays d'origine : U.R.S.S.
Catégorie : Chasseurs de la guerre 39-45
Rôle et missions : Chasseur, chasseur-bombardier, avion de lutte antichar.

Histoire

Yakovlev Yak-9 ‘Frank’ :
L'aigle de Staline

Durant la Seconde Guerre mondiale l’aviation soviétique fit un usage intensif des monomoteurs de chasse conçus par le bureau d’étude Yakovlev. En fait cette famille d’avions était même sa principale source de défense aérienne face aux chasseurs et bombardiers de la Luftwaffe. Produite à des milliers d’exemplaires elle eut pour finalité un chasseur qui participa même aux premières passes d’armes de la guerre froide : le Yak-9.

C’est en avril 1942 que les responsables de Yakovlev commencèrent à travailler sur une version améliorée du Yak-7 destinée à des missions de chasse à long rayon d’action et d’escorte des bombardiers moyens. L’une des particularité du nouvel avion était de faire appel à un alliage de métal, en l’objet le duralumin, plus robuste que le bois et le contreplaqué jusque là largement utilisé dans l’usinage des avions de chasse de la firme. Le premier prototype fut assemblé à la fin du printemps. Il reçut la désignation de Yak-9.

Extérieurement, cet avion se présentait sous la forme d’un monoplan à aile basse monomoteur de construction mixte, bois et alliage de métal. Doté d’un train d’atterrissage tricycle escamotable il possédait un empennage classique cruciforme. Sa propulsion était assurée par un moteur de douze cylindres en V Klimov VK-105PF-1 d’une puissance de 1260 chevaux entraînant une hélice tripale en métal. Son pilote prenait place dans un cockpit monoplace dont le champs de vision n’était pas des plus ouverts. Plusieurs arêtes métalliques lui barraient la vue. L’armement de l’avion tournait autour d’un canon ShVAK de calibre 20mm et d’une mitrailleuse BS de 12.7mm. C’est dans cette configuration que le premier vol eut lieu en juin 1942.

Rapidement la production en série fut lancée, les besoins de l’aviation soviétique étaient énormes. Les premiers Yakovlev Yak-9 arrivèrent en unité dès le mois de septembre 1942, remplaçant rapidement les derniers Polikarpov I-16 qui se trouvaient en première ligne. Surtout les Soviétiques attendaient avec impatience les Bell P-39 et Curtiss P-40 promis par les Américains au titre du prêt-bail, et qui tardaient à arriver en nombre conséquent, du fait des convois maritimes coulés par la Kriegsmarine. Les premiers Yak-9 furent donc engagés sur le front nord, autours des principales zones de combat avec l’Allemagne nazie.

Dès l’année 1943 le Yak-9 était le principal avion en construction chez l’avionneur, mais également dans les ateliers d’Antonov. Les cadences étaient énormes, il fallait sortir plus de 350 avions par semaines, même pendant les bombardements allemands. Des versions spéciales furent mis au point comme le Yak-9PVO, un monoplace de chasse de nuit dénué de radar mais embarquant deux puissants phares et des fusées éclairantes, ou encore le chasseur-bombardier Yak-9B et ses quatre bombes de 100kg. L’une des versions spéciales les plus intéressantes fut certainement le Yak-9K de lutte antichar. Il troqua son armement d’origine pour un unique canon axial de calibre 57mm aux effets disait-on alors dévastateurs sur les panzers allemands. Fin 1943 tous les Yak-9 virent leur motorisation modifiée, les moteurs Klimov VK-105PF-1 laissant la place à des VK-105PF-2 légèrement plus puissants.

Début 1944 le Yak-9 était devenu le principal chasseur soviétique. Le dictateur Joseph Staline lui attribua même le surnom officieux de « Orel Rodiny« , ce qui pourrait se traduire par l’Aigle de la Mère Patrie. C’est dire l’impact de cet avion à l’époque sur les pilotes soviétiques. Cependant le Yak-9 ne faisait pas que des heureux. Ainsi à l’été 1944 les pilotes français de l’escadrille Normandie-Niemen demandèrent à l’état-major moscovite de pouvoir rendre leurs Yak-9 et récupérer leurs anciens Yak-3 sur lesquels ils se sentaient plus à l’aise. Effectivement force était de constater que le Yak-3 lui était supérieur en combat rapproché.

La production du Yakovlev Yak-9 prit fin avec la Seconde Guerre mondiale, les derniers exemplaires quittant les chaînes d’assemblage en août 1945. Un total de 16 769 exemplaires avait été produit, faisant du Yak-9 l’avion de chasse soviétique le plus prolifique du conflit. Cependant la fin des hostilités était loin de sonner le glas pour ce chasseur. A l’instar du P-51 Mustang américain le Yak-9 allait connaître une renaissance avec la guerre de Corée.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale l’Union Soviétique offrit des Yakovlev Yak-9 à plusieurs pays placés sous sa sphère d’influence : Albanie, Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, et Yougoslavie. Bientôt d’autres pays communistes reçurent également le prolifique monomoteur. Des exemplaires furent expédiés en Chine et en Mongolie. En 1948 les communistes de Corée du Nord établirent les bases d’une future aviation militaire grâce à plusieurs matériels d’origine soviétique. Ils reçurent notamment près de 250 Yak-9 qui allaient donner naissance à l’aviation de chasse. C’est à cette époque que l’avion reçut la désignation OTAN de Frank.

Lorsqu’en juin 1950 la guerre de Corée éclata les Yak-9 étaient les principaux chasseurs nord-coréens. Ils furent les premiers avions à s’opposer aux jets américains. Évidemment face aux F-84 Thunderjet et F-86 Sabre les vieux Yak-9 n’avaient aucune chance. Ils furent rapidement rejoints par les avions chinois. Même les surprenants F-82 Twin-Mustang avaient le dessus sur les Yak-9. A partir de début 1951 les Yak-9 furent principalement utilisés dans la mission pour laquelle ils avaient été conçu neuf ans auparavant : l’escorte des bombardiers, cette fois-ci les puissants monomoteurs Ilyushin Il-10.

Finalement les Yakovlev Yak-9 furent engagés durant tout le conflit, les exemplaires chinois quittant le service actif en 1954 et en 1957 pour les avions nord-coréens. Dans les deux cas ils laissèrent la place à des avions à réaction.

Si au final le Yakovlev Yak-9 ne fut jamais un chasseur d’exception, en partie à cause de son déplorable champs de vision, il réussit néanmoins à demeurer un appareil de combat polyvalent, qui entre de bonnes mains pouvait faire toute la différence. Il est à noter qu’après-guerre cet avion donna naissance à un chasseur raté : l’Ikarus S-49 yougoslave.

Aujourd’hui plus de cinquante Yak-9 sont préservés dans le monde, principalement dans les anciennes nations communistes et aux États-Unis. Quelques répliques modernes volent également un peu partout dans le monde, généralement propulsés par des moteurs d’origine américaine.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Yakovlev Yak-9D
Envergure : 9.74 m
Longueur : 8.50 m
Hauteur : 2.60 m
Motorisation : 1 moteur en V Klimov VK-105PF-3
Puissance totale : 1 x 1360 ch.
Armement : 1 canon de 20mm
1 mitrailleuse de 12.7mm
Charge utile :
Poids en charge : 3100 kg
Vitesse max. : 595 km/h à 4000 m
Plafond pratique : 10000 m
Distance max. : 800 Km à charge maximale.
Equipage : 1
[...] Passez dans le comparateur...

Plan 3 vues

Plan 3 vues du Yakovlev Yak-9 ‘Frank’

Profil Couleur

Profil couleur du Yakovlev Yak-9 ‘Frank’

Vidéo

Un warbird Yak-9 en évolution

A voir également

0
Dernier chasseur biplan britannique, le Gladiator effectua son vol initial en 1934. Extrapolé du Gauntlet et doté d'un moteur plus puissant et d'un train...

0
Pour lutter efficacement contre les bombardements intensifs de son territoire, la Luftwaffe décida de se doter de chasseur capable d'intercepter ces bombardiers. Les chasseurs à haute...

0
Considéré comme l'un des meilleurs chasseurs de la Seconde Guerre Mondiale, le P-51 Mustang est en réalité un avion qui a été conçu à...
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.