William Avery «Billy» BISHOP

William Avery «Billy» BISHOP

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Drapeau Canada

  • Nom : Bishop
  • Prénom : William Avery «Billy»
  • Année de vie : 1894-1956
  • Nationalité : Canada
  • Constructeur associée : 

Histoire

William Avery «Billy» Bishop : le Faucon solitaire

William Avery «Billy» BISHOPWilliam Avery Bishop, surnommé « Billy », est le plus célèbre pilote de chasse canadien. Durant la première guerre mondiale, Bishop abat 72 avions ennemis et devient l’as des as de tout l’Empire britannique. Parmi les alliés, il n’est devancé que par le français René Fonck, avec 75 victoires. Bishop est le premier pilote à recevoir la Croix de Victoria, la plus haute décoration militaire du Commonwealth. Il est également nommé Chevalier de la Légion d’honneur.

Rien dans sa jeunesse ne laissait présager une telle carrière militaire. William Avery est né le 8 février 1894 à Owen Sound, sur les rives du lac Huron au Canada. Fils d’un père avocat, il est le deuxième d’une famille de trois enfants.  À 17 ans, Billy entre au Collège militaire royal du Canada (CMR), non par intérêt pour une carrière militaire, mais parce que ses résultats académiques n’étaient pas assez reluisants pour être accepté à l’université de Toronto. Billy échoue d’ailleurs sa première année au CMR, ce qui contraste avec son frère aîné qui s’y était distingué. En fait il n’excelle que dans une seule discipline: le tir à la carabine.

Lorsque la guerre éclate en 1914, Bishop abandonne ses études au CMR et joint leMississauga Horse Regiment. On lui attribue un grade d’officier, mais victime d’une pneumonie, il ne peut suivre le régiment lorsqu’il traverse l’Atlantique. Bishop rejoindra finalement l’Europe en juin 1915 avec la cavalerie du 7e Bataillon canadien de fusiliers à cheval.

Frustré de la boue des tranchées et de l’inaction de la cavalerie, Billy se fait transférer, comme observateur, au Royal Flying Corps. À l’été 1916, lors d’un vol à bord d’un avion de reconnaissance R.E.7, Billy est sévèrement blessé à un genou et est hospitalisé en Angleterre. Suite à sa guérison, il se présente au Central Flying School pour débuter sa formation de pilote sur un Farman Shorthorn.  Dès qu’il reçoit ses ailes de pilote, il est attaché au 37 (Home Defence) Squadron dans l’Essex où il vole sur des Royal Aircraft Factory B.E.2 (Blériot Experimental). Il souhaite toutefois aller au front et, en mars 1917, il est affecté au 60 Squadron, une escadrille de chasse dotée de Nieuport 17 déployés en France. L’espérance de vie d’un pilote dans ce secteur du front était de onze jours, en moyenne. Il abat son premier avion ennemi le 25 mars 1917, soit un Albatross DIII. Au mois d’avril suivant, il abat 25 avions allemands, survit à une bataille aérienne avec le Baron Rouge, et est promu capitaine.

Billy BISHOP2

Le 2 juin 1917, il effectue une mission solo derrière les lignes allemandes et attaque un aérodrome détruisant sept appareils ennemis au sol et abattant trois autres qui décollent pour l’attaquer. Il parvient à revenir à sa base avec son appareil criblé de balles. Décoré de la Croix Victoria, la légende du «Faucon solitaire» naît ainsi dans les médias britanniques et canadiens à la recherche de héros dans ce bourbier sanguinaire qu’est devenue la guerre de tranchées.

Quelques mois plus tard, Bishop est de retour au Canada où il fait une tournée pour promouvoir l’enrôlement. Il en profite pour épouser sa fiancée de longue date, Margaret Burden, petite fille du richissime Timothy Eaton. Il est par la suite assigné au British War Mission à Washington afin d’aider les américains à se doter d’une armée de l’air. Durant son séjour aux USA, il écrit son autobiographie intitulée Winged Warfare. À son retour, il est promu Major et devient commandant du 85 Squadron, déployé en France en mai 1918.  Malgré ses fonctions de commandant, il continue à effectuer des missions de combat à bord d’un Royal Aircraft Factory S.E.5 Scout et abat de nombreux avions ennemis.

Billy BISHOP

Inquiet de l’effet démoralisant qu’aurait la mort de Bishop, l’état-major lui ordonne de retourner en Angleterre pour organiser le tout nouveau Canadian Flying Corps. Dès qu’il apprend la nouvelle, il écrit à son épouse qu’il n’a jamais été aussi furieux de toute sa vie. Lors de sa dernière journée en France, il effectue une mission solo et abat cinq autres avions ennemis. Bishop quitte la vie militaire en décembre 1918, et s’établit avec sa famille en Angleterre en 1921. Le Krach boursier de 1929 aura malheureusement raison de sa fortune personnelle et il retourne au Canada.

En 1938, Bishop est nommé  Maréchal de l’Air, à titre honorifique, par la Royal Canadian Air Force (RCAF). Il est en charge du programme de recrutement, en prévision du prochain conflit qui prend forme en Europe. Fort du succès obtenu par ce programme, la RCAF doit refuser de très nombreux candidats. Il est également impliqué dans la mise sur pied du British Commonwealth Air Training Plan, dans le cadre duquel le Canada formera la majeure partie des aviateurs de l’empire britannique durant la deuxième guerre mondiale. Il présente lui-même les ailes de pilote à son fils Arthur qui combattra sur un Spitfire. Il joue même son propre rôle dans le film «Captains of the Clouds», un film d’Hollywood paru en 1942 et faisant hommage à la RCAF.

Victime de surmenage, Billy démissionne en 1944 et retourne au secteur privé à Montréal où il est notamment actif dans le domaine de l’aviation. Prédisant une croissance phénoménale de l’aviation commerciale après guerre, il est l’un des artisans de la mise sur pied de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) dont le siège social est encore à Montréal.

Lors de déclenchement de la guerre de Corée, Bishop offre ses services au RCAF pour promouvoir le recrutement, mais il est poliment refusé puisque sa santé est chancelante.Bishop meurt dans son sommeil le 11 septembre 1956, à l’âge de 62 ans, dans sa résidence de Palm Beach en Floride. Il est inhumé au cimetière Greenwood, dans sa ville natale d’Owen Sound où l’on peut visiter le Billy Bishop Home and Museum. L’aéroport de Toronto Island porte également son nom.

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Fils d’un militaire de l’armée de l’air canadienne (il est tombé dedans quand il était petit…) et biologiste qui adore voler en avion de brousse, ce rédacteur du Québec apprécie partager sa passion de l'aéronautique avec la fraternité francophone d’Avions Légendaires.