H. Dowding

acm-hugh-dowdingNé en 1882 en Ecosse, l’Air Chief Marshal Hugh Caswall Tremenheere Dowding a rejoint le Royal Flying Corps fin 1913 et a participé au premier conflit mondial comme commandant du 16 Squadron. Pendant l’entre-deux guerres, en tant qu’officier commandant du Fighter Command, il imagina et fit réaliser le système intégré de défense basé sur l’emploi conjoint du radar et des observateurs au sol pour assurer le détection, de la chaine Group-Secteur-Squadron pour organiser les escadrilles et des salles d’opération pour les commander – le « Dowding system », qui sera ensuite connu sous le nom de « Ground-controlled interception » (GCI). Il encouragea vivement la création de nouveaux modèles de chasseurs modernes comme le Hurricane et le Spitfire et insista pour qu’ils soient équipés de radios performantes. Il est le réel artisan de tout le système de défense qui va permettre à la RAF de contenir la Luftwaffe.

Il aurait dû partir à la retraite en 1939, mais, à contrecœur, le gouvernement lui demanda de rester encore à son poste, vu la situation internationale. Ainsi, en 1940, il est encore le grand patron du Fighter Command et, au moment de la Bataille d’Angleterre, il ne fait pas l’unanimité. Il a en effet refusé de transférer en France, où il pense que la situation est irrémédiablement compromise, les chasseurs que W. Churchill avait promis. Il craint en outre que ces chasseurs envoyés ne vident le Fighter Command de sa substance et le laisse désarmé face à l’offensive allemande qu’il pressent comme imminente. Ce refus – on ne pourra jamais dire combien il a eu raison de refuser – a irrité les hautes sphères politiques et sa position ne tient qu’à un fil. C’est seulement le contexte militaire extrêmement explosif du moment qui lui permet de garder son poste.

A contrario, il est apprécié par ses collaborateurs et par ses hommes. H. Dowding est un homme humble et sincère et il se voue corps et âme à son travail. Pendant toute la durée de la bataille, il va privilégier une tactique d’engagement à l’économie, par petites formations, ce qui permet à ses Squadrons d’être présents en beaucoup d’endroits simultanément. Il va aussi organiser des rotations entre les Squadrons du Group 11, le plus éprouvé, et ceux des autres groupes.

Le 24 novembre 1940, une fois la bataille gagnée, il est limogé (W. Sholto Douglas prendra son poste) puis chargé du commandement de la mission britannique chargée d’acheter des avions aux Etats-Unis. Il quittera la RAF en juillet 1942 et se consacrera à l’écriture. En 1943, il sera décoré et élevé au titre de Baron Dowding de Bentley Priory. En recevant sa décoration, il dira « Je voudrais la couper en mille morceaux et les donner à mes petits gars de la chasse, car ce sont eux qui l’ont méritée ».

En raison de sa préparation brillante des défenses aériennes de la Grande-Bretagne face à l’assaut allemand et de sa gestion prudente des ressources au cours de la bataille, Dowding est généralement considéré comme le principal artisan de la victoire de la bataille d’Angleterre.

K. Park

Keith-Rodney-ParkFils d’un géologue écossais, K. Park nait en Nouvelle-Zélande en 1892. Il prend part à la première guerre mondiale dans un régiment d’artillerie puis passe au Royal Flying Corps où il acquiert le titre d’as au 48 Squadron. En 1940, devenu l’Air Chief Marshal Sir Keith Rodney Park, il est en charge du commandement du 11 Group, sous les ordres directs de H. Dowding avec qui il est en total accord au sujet des tactiques à employer. On le trouve souvent sur les aérodromes qu’il visite avec son hurricane personnel, où dans la salle des opérations du 11 Group à Uxbridge. C’est un homme astucieux et perspicace, qui comprend rapidement les implications stratégiques des situations.

Son poste au 11 Group, le plus important dans le système de défense du pays, lui est envié par l’Air Vice Marshal Trafford Leigh-Mallory, commandant du 12 Group et une solide inimitié se développe entre eux, sur fond de divergences de vues tactiques. Si K. Park défend les vues de H. Dowding, T. Leigh-Mallory prône l’emploi de formations massives, les « Big Wings » pour intercepter les formations ennemies. En outre, les Squadrons du 12 Group ne protègent pas, comme il était prévu qu’ils le fassent, les terrains du 11 Group lorsque les Squadrons de ce dernier sont en vol. Mais les contraintes de la situation militaire ne laissent pas à Park le temps de faire de la politique et il sera limogé en même temps que Dowding. Après un passage au Training Command, il sera chargé en juillet 1942 du commandement de la défense de l’ile de Malte, où il fera à nouveau des prodiges. Malgré la citation qu’il reçut «les magnifiques réalisations de votre groupe ces six derniers mois ont supporté le poids de la guerre, et sans doutes sauvé Angleterre », il resta indigné pour le traitement que Dowding et lui reçurent.

Il quitta le RAF en décembre 1946 et retourna en Nouvelle-Zélande où il occupa différents postes publics. Il s’est éteint en 1975. J. Johnson a dit de lui « Il fut le seul homme qui aurait pu perdre la guerre en une journée ou même un après-midi ».

T. Leigh-Mallor

Air_Chf_Mshl_Leigh-MalloryL’Air Chief Marshal Sir Trafford Leigh-Mallory est en 1940 le commandant du 12 Group. Profondément opposé aux tactiques des petites formations utilisées par Park, il œuvrera en arrière-plan pour obtenir le limogeage de ce dernier. Ayant obtenu gain de cause de la part de l’Air Chief Marshal Charles Portal – nouveau commandant en chef de la RAF – et reçu le commandement du 11 Group, il sera accusé d’avoir fomenté un complot visant à renverser Dowding et Park.

En 1942, il prit la tête du Fighter Command, succédant ainsi à W. Sholto Douglas et lors du débarquement en Normandie, il assura la coordination entre les différentes forces aériennes alliées. En août 1944, il fut nommé « Air Commander-in-Chief of South East Asia Command (SEAC) » mais ne put jamais prendre ses fonctions car l’appareil qui l’emmenait en Birmanie s’écrasa dans les alpes françaises, tuant tout l’équipage ainsi que les passagers. L’enquête détermina que les causes de l’accident étaient les exécrables conditions atmosphériques qui régnaient ce jour-là. L’équipage de l’Avro York avait décidé de postposer la mission, mais Leigh-Mallory insista et ordonna de partir quand-même.

Ironie du sort, son remplaçant au commandement du SEAC fut K. Park.

Pilotes étrangers

Il ne faut pas oublier qu’au sein du Fighter Command de nombreux combattants étrangers ont combattu aux cotés de leurs homologues britanniques lors de la Bataille d’Angleterre. Voici le nombre de pilotes étrangers recensés :

  • Pologne : 147
  • Nouvelle-Zélande : 127
  • Canada : 112
  • Tchécoslovaquie : 89
  • Belgique : 29
  • Australie : 32
  • Afrique du Sud : 25
  • France : 14
  • Irlande : 10
  • Inde : 8
  • Etats-Unis : 6
  • Rhodésie du Sud : 3
  • Jamaïque : 1
  • Palestine : 1
  • Barbade : 1

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