Dans l’inconscient collectif une garde côtière ça assure la protection du littoral et les missions de recherches et sauvetages côtières et hauturières. C’est vrai dans presque 100% des cas. Presque, car il existe en Amérique du nord une unité assez particulière : le 9th Coast Guard District. Cette unité de l’US Coast Guard, surnommée le D9, chapeaute la région des Grands Lacs à la frontière avec le Canada.

Les hommes et les femmes du 9th Coast Guard District arment donc une flotte d’aéronefs et de navires afin de patrouiller le lac Michigan et les parties américaines des lacs Érié, Huron, Ontario, Sainte-Claire, et Supérieur. On est bien loin du sauvetage en mer dans les eaux démontées du Pacifique nord !

L’évacuation sanitaire, une des missions de base des hélicos de l’US Coast Guard.

Pour permettre aux coasties de gérer au mieux cette gigantesque zone l’US Coast Guard possède deux Coast Guard Air Stations à Detroit et Traverse City. La première vole sur Eurocopter MH-65D Dolphin tandis que la seconde évolue sur Sikorsky MH-60T Jayhawk.
En outre existent deux Coast Guard Air Facilities, des sortes d’annexes utilisées de manières saisonnières (principalement l’hiver) à Muskegon dans le Michigan et à Waukegan dans l’Illinois.

Le hangar à hélicos de CGAS Traverse City.

Cette région septentrionale des États-Unis possède un climat très particulier. En effet il n’est pas rare que l’hiver les Grands Lacs soient pris par les glaces obligeant le D9 à avoir recours à des navires brises-glaces. Mais alors à quoi servent donc les hélicoptères de sauvetage au-dessus de ces zones lacustres ?

En fait de par l’étendue de leur zone d’intervention les hommes et les femmes du 9th Coast Guard District ont à peu près la même charge de travail que leurs collègues marins. Leur secteur de patrouille et de sauvetage s’étend sur plus de 150 000km² d’eau douce. Particularité notable les équipes du 9th CGD peuvent être amené à secourir des victimes dans les eaux territoriales canadiennes. Il s’agit d’un accord vieux de plus d’un siècle entre les deux pays.

Sur les eaux des Grands Lacs aucun cotre ou patrouilleur lourdement armé. Actuellement le principal navire du D9 est l’USCGC Mackinaw, un puissant brise-glace de recherches-sauvetages et de soutien régional. Il est secondé par plusieurs plus petites unités telles les remorqueurs-brise-glace USCGC Biscayne Bay, USCGC Katmai Bay, et USCGC Mobile Bay. Deux navires-baliseurs lacustres y sont également armés : l’USCGC Alder et l’USCGC Hollyhock. Les autres navires et bateaux sont de tailles bien plus modestes. Aucun navire (et à fortiori bateau) de l’US Coast Guard stationné dans la région ne possède de capacité d’accueil pour recevoir des hélicoptères embarqués.

L’USCGC Hollyhock dans son environnement naturel.

Par contre il n’est pas rare de voir des hélicoptères de l’US Coast Guard embarqués à bord de navires canadiens, y compris de très grosses unités comme en septembre 2008 avec le NCSM Charlottetown. A l’occasion d’une cérémonie officielle un HH-65B Dolphin remplaça (temporairement) le Sikorsky CH-124 Sea King du bord. La frégate canadienne de classe Halifax mouillait dans le port de Cleveland au bord du lac Érié.

Dolphin embarqué à bord du NCSM Charlottetown.

Et hiver comme été, jour et nuit, les hélicos et navires du 9th Coast Guard District permettent à leurs membres de venir au secours des plaisanciers autant que des navires de commerce qui croisent dans la région. Car au même titre qu’une mer intérieure les Grands Lacs connaissent des tempêtes violentes et meurtrières.

Et comme tous les districts de l’US Coast Guard le D9 a eu ses héros et ses martyrs. En février 1964 un Sikorsky HH-52A Seaguard s’abîma dans les eaux du lac Michigan causant la mort de deux des trois membres d’équipage ainsi que d’un des deux rescapés à bord. L’hélicoptère a été pris dans un blizzard et a percuté la surface de l’eau. Il s’agit du plus grave accident pour ce district depuis 1945.

Si aujourd’hui le 9th Coast Guard District n’est pas à proprement parlé l’unité la plus active de la garde-côtière américaine elle n’en demeure pas une des plus intéressantes de par son activité si particulière.

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