Beaucoup de vacanciers français sont surpris quand ils voyagent en Espagne depuis quelques années d’apercevoir des hélicoptères de sauvetage jaunes et rouges ressemblant étrangement aux célèbres Dragons de la Sécurité Civile. En fait les hélicoptères du ministère français de l’intérieur n’ont nullement franchi la frontière entre les deux pays. Il s’agit en réalité d’appareil appartenant à l’UME, l’Unidad Militar de Emergencias.

Cette organisation militaire espagnole, qui en français se traduit par unité militaire des urgences pourrait être rapprochée de nos formations militaires de la Sécurité Civile. Comme cette dernière d’ailleurs elle possède deux échelons. Le premier à dominante terrestre est en charge de la lutte contre les feux de forêts ou encore les risques liés à l’environnement et au péril industriel.
L’UME possède également un échelon aérien destinée lui aux missions de recherches et sauvetages aussi bien en mer qu’en montagne, et à la lutte contre les feux de forêt !

L’Unidad Militar de Emergencias est en fait un élément militaire assez jeune en Espagne puisque s’il fut pensé à l’origine en octobre 2005 il dut attendre quelques mois pour enfin naître officiellement grâce à un décret royal d’avril 2006. En grande partie calqué sur ce qui existe en France cette unité a la particularité à la différence de notre Sécurité Civile de ne posséder aucun des aéronefs qu’elle aligne actuellement. Presque tous sont la propriété de l’Ejército del Aire. Seul un modèle d’hélicoptère provient de l’Ejército de Tierra.

C’est d’ailleurs la force aérienne et l’armée espagnoles qui fournissent également les équipages assurant le pilotage des avions et hélicoptères ainsi que les mécanos chargés de l’entretien de ceux-ci. Contrairement à la Sécurité Civile française l’Unidad Militar de Emergencias n’est active dans son échelon aérien que dix mois par an, du 1er février au 30 novembre inclus. Entre décembre et janvier ses personnels «font relâches» dans leurs unités d’appartenance respectives et les machines rejoignent elles-aussi les bases opérationnelles.
Cependant au 1er février tout reprend sa place.

À l’été 2017 les autorités espagnoles ont commencé à réfléchir à une réorganisation en profondeur de l’UME afin de lui permettre d’opérer 365 jours par an. Néanmoins elles se heurtent à la volonté de certains personnels de rejoindre leurs unités d’appartenance en fin d’année. Une réforme en profondeur est donc envisagée avec notamment le recours à des militaires volontaires pour servir durant un, deux, trois ou cinq ans d’affilée au sein de l’unité. Il est aussi envisagé d’avoir recours à des personnels civils à leurs côtés !

En attendant les hommes et les femmes de l’UME assurent quotidiennement des missions de recherches et sauvetage aussi bien le long des 4964 kilomètres du littoral espagnol qu’au-dessus des pics montagneux des Pyrénées ou de la Sierra Nevada par exemple. Mais ils interviennent également lorsqu’une évacuation héliportée est nécessaire, notamment lors des accidents de la route ou des grandes catastrophes. Des hélicoptères de l’UME ont d’ailleurs été dépêché au soir du 24 juillet 2013 à Saint-Jacques-de-Compostelle lors du déraillement d’un train qui avait coûté la vie à 79 personnes et où 140 autres avaient été plus ou moins grièvement blessés.

En un peu plus de dix ans d’existence l’Unidad Militar de Emergencias a su se tailler une excellente réputation auprès des Espagnols, et pas uniquement eux. En effet il n’est pas rare que certains de ses aéronefs, principalement ses bombardiers d’eau, traversent parfois les frontières pour venir assister leurs collègues français ou portugais. Ce fut notamment le cas dans la nuit du 15 au 16 octobre 2017 quand de violents feux de forêts ravagèrent une partie du nord du Portugal causant des dégâts considérables et tuant plus de 35 personnes.

À la fin de l’année 2017 le parc aérien de l’Unidad Militar de Emergencias comprenait les aéronefs suivants :

  • Le Canadair UD.13T, avion amphibie de lutte contre les feux de forêt, présent à l’automne 2017 à hauteur de 14 exemplaires basés aux Baléares et dans la banlieue de Madrid.
  • Le Bombardier UD.14, avion amphibie de lutte contre les feux de forêt, présent à l’automne 2017 à hauteur de quatre exemplaires basés dans la banlieue de Madrid.
  • Le Casa T.12, avion de transport léger et d’évacuation sanitaire, présent à l’automne 2017 à hauteur d’un unique exemplaire basé dans la banlieue de Madrid.
  • L’Eurocopter HU.21 Super Puma, hélicoptère de lutte contre les feux de forêt, présent à l’automne 2017 à hauteur de deux exemplaires basés dans la banlieue de Valence.
  • L’Eurocopter HT.27 Cougar, hélicoptère de transport et de liaisons, présent à l’automne 2017 à hauteur de quatre exemplaires basés dans la banlieue de Madrid.
  • L’Eurocopter HU.27 Cougar, hélicoptère de lutte contre les feux de forêt et de recherches-sauvetages en mer, présent à l’automne 2017 à hauteur de trois exemplaires basés dans la banlieue de Séville.
  • L’Eurocopter HU.26, hélicoptère de recherches-sauvetages et d’évacuation sanitaire, présent à l’automne 2017 à hauteur de 12 exemplaires basés dans la banlieue de Madrid.

Il est évident que l’Unidad Militar de Emergencias détache fréquemment (pour ne pas dire à chaque fois) l’ensemble de ses aéronefs basés dans la banlieue de Madrid. C’est encore plus vrai pour les HU.26 qui sont disséminés sur l’ensemble du territoire espagnol. Durant la saison des feux les UD.13T et UD.14 sont eux aussi éparpillés dans le pays.

L’UME est appelée dans les années à venir à prendre encore de l’ampleur. Espérons qu’avec ce court sujet vous en sachiez désormais un peu plus sur ces sauveteurs du ciel… ibérique !

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