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devoitine520
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27/10/2012 REPUBLICAIN LORRAIN

Skylander : les salariés toujours confiants

L’assurance du versement des salaires d’octobre donne un nouveau délai aux salariés de Sky Aircraft. Serge Bitboul, leur patron, court la planète et durcit le ton.


(De gauche à droite) Pierre Médan, Nicolas Antoine, Julien Sabatini, Morgan Delamaire, des représentants du personnel plutôt optimistes. Photo Pascal BROCARD

Les 173 salariés de Sky Aircraft qui planchent pour certains depuis presque quatre ans sur l’avion Skylander dont rêve la Lorraine, toucheront leur salaire d’octobre. La nouvelle a été confirmée, hier, par les administrateurs lors d’un CE extraordinaire qui s’est tenu à Chambley. « L’inquiétude est levée, assure Pierre Médan, secrétaire du CE, c’est un délai supplémentaire de quatre semaines pour trouver un financeur qui nous permettra d’y voir plus clair ».
En pleine période d’observation de six mois à la suite de la mise en redressement judiciaire de la société, le personnel, composé pour 80 % d’ingénieurs, vit et travaille dans le court terme. A la fin de chaque mois seulement, les salariés sauront si Serge Bitboul, PDG de Geci, a l’argent pour leurs salaires.
Ce denier n’a d’ailleurs donné aucune garantie sur ceux de novembre mais reste offensif : « Nous avançons pas à pas, mais on va s’en sortir. Je rencontre un intérêt de plus en plus prononcé pour cet avion » « M. Bitboul se démène, il continue son combat », constate Nicolas Antoine, ingénieur formé à l’Enim et embauché en janvier 2010.
La défiance s’est-elle installée entre les salariés et le patron ? « Nous avons toujours été payés, au moins jusqu’à aujourd’hui, on peut lui faire confiance » estime Morgan Delamaire, ingénieur et représentant du personnel.
Trois ans et demi de travail
Hier, Serge Bitboul a annoncé qu’il ferait un point complet de la situation toutes les deux semaines. L’enjeu est bien de rassurer ces ingénieurs, dont la moyenne d’âge n’excède pas les 25 ans et qui conservent, envers et contre tout, un optimisme forcené. « Chacun réagit en fonction de son tempérament, mais globalement les gens y croient », assure Pierre Médan. Les administrateurs ont confirmé que « des discussions sont en cours pour assurer la pérennité de l’entreprise ». Engagé dans une course contre la montre, 200 M€ sont à trouver dans les meilleurs délais, Serge Bitboul durcit le ton sur « les promesses non tenues de l’Etat ».
Il fait référence « à des lettres, des documents, attestant d’aides pour au moins 30 M€, qui pouvaient doubler entre le FSI (fonds stratégique d’investissement) et le Grand Emprunt ». Au final, il aurait touché, « en tout et pour tout, un million au titre de la prime à l’aménagement du territoire et 3,6 M€ au titre du crédit recherche ». Les représentants du personnel ne s’aventurent pas dans les méandres du financement. « Nous sommes des techniciens, se défend Julien Sabatini, recruté dès les premiers jours de l’aventure, mais on sait ce que vaut notre projet et s’arrêter maintenant, ce serait du gâchis ». « Il est beau notre avion », renchérit Morgan Delamaire.
La fin du Skylander provoquerait, de leur propre aveu, deux frustrations : « celle de perdre son emploi et de mettre à la poubelle trois ans et demi de travail ».
P. R.