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Me262
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Le bimoteur de GECI n’a pas trouvé son financement.

Sauf miracle de dernière heure, c’est la fin d’un rêve : le bimoteur «utilitaire» Skylander du bureau d’ingénierie Geci ne deviendra pas réalité. Ainsi en a décidé le tribunal de commerce de Briey, dans la Meurthe-et-Moselle, après avoir constaté que les caisses étaient vides et qu’aucun repreneur crédible n’était en vue. C’est, quel que soit le point de vue adopté, un échec cuisant.

On a peine à croire, en effet, qu’un «petit» programme comme celui-là n’ait pas intéressé des investisseurs qui croient encore en l’avenir de l’aéronautique. Seules les très grandes opérations, Airbus, Ariane, Falcon, etc., semblent mériter l’intérêt, ce qui explique que les avions légers aient émigré vers d’autres horizons, planeurs, appareils de voyage et de voltige, etc. Le plus petit des avions français est le monoturbopropulseur TBM 850 de Daher Socata, quelques modestes artisans mis à part. Rallye, Tobago, etc., ont purement et simplement disparu.

Le Skylander reposait pourtant sur une belle idée, celle de la mise sur le marché mondial un avion d’une masse maximale au décollage de moins de 9 tonnes, «rustique», capable d’être utilisé dans les régions inhospitalières les plus reculées, camionnette de l’air pouvant aussi transporter 19 passagers.

A tort ou à raison, on disait le Skylander inspiré du vénérable de Havilland Dragon des années trente. On avait surtout retenu que son concept était sorti de l’imagination fertile de John Britten et Desmond Norman, tous deux maintenant disparus, créateurs, notamment, des Islander et Trislander. Une espèce de petit DC-3 des temps modernes qui aurait dû accéder à un marché potentiel considérable. D’où le projet de produire non moins de neuf Skylander par mois, en Lorraine.

Faussement rétro, il devait être propulsé par deux Pratt & Whitney Canada PT6, entraînant des hélices Hartzell, le cockpit conçu par Cobham étant parfaitement au goût du jour. Une telle initiative se devait de réussir, rendant du même coup ses lettres de noblesse à une industrie aéronautique française de «bas de gamme» (faute d’appellation meilleure) qui ne demandait qu’à renaître. Serge Bitboul, patron de Geci, a malheureusement perdu son pari. Que sont donc devenus les investisseurs ? La question est posée, dans des circonstances tout particulièrement malheureuses. Le couperet de la liquidation ne laisse même plus place à la discussion. Dommage !

Pierre Sparaco – AeroMorning – avril 2013