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Drones : retards chroniques pour le MQ-9 Reaper

Le 04/02/2014 à 13:50 | Par Guillaume Steuer

C’est le Pentagone qui le confirme : dans leur rapport annuel rédigé par le DOT&E (Director, Operational Test and Evaluation) et consacré à la revue des grands programmes d’armement, les militaires américains actent de nouveaux retards dans la mise au point des améliorations du drone MQ-9 Reaper, ainsi que des problèmes de développement chroniques qui ont conduit à une « impossibilité de tenir le calendrier » précédemment établi.

Même s’il est déjà en service et largement déployé dans sa version Block 1, le MQ-9 Reaper fait actuellement l’objet d’un investissement important pour la mise au point d’un standard « Increment One » qui inclurait une nouvelle version du vecteur aérien lui-même (Block 5), de son logiciel de vol (OFP 904.6) et de sa station-sol (Block 30). « Initialement prévue pour 2013 », la phase d’évaluation opérationnelle finale (FOT&E) de ce standard « sera probablement retardée de plusieurs années au-delà de l’année fiscale 2014 », indique le rapport publié par le DOT&E.

Un retard gênant pour les Etats-Unis mais qui pourrait aussi avoir de sérieuses retombées en France, puisque l’armée de l’Air espérait justement pouvoir disposer de premiers MQ-9 Reaper Block 5 en 2017. La DGA est actuellement en négociations avec l’industriel General Atomics, concepteur du Reaper, pour contractualiser ces appareils ; et la volonté française d’ajouter du contenu national à ces futurs drones ne devrait certainement pas réduire les risques de retard.

A l’occasion d’une conférence qui s’est tenue fin 2013, l’armée de l’Air disait tabler sur la livraison de « deux systèmes opérationnels a minima » pour 2017, chaque système étant composé de trois vecteurs aériens et d’une ou deux stations-sol. Dans une audition devant l’Assemblée en octobre 2013, le chef d’état-major Denis Mercier précisait pour sa part que les deux premiers Reaper Block 1 pourront être rétrofittés « à partir de 2017 dans une configuration identique à celle du Reaper Block 5 ».

Par rapport au MQ-9 Reaper Block 1 actuellement en service (et dont l’armée de l’Air utilise deux exemplaires à Niamey, au Niger), le Block 5 devrait amener un certain nombre d’améliorations sur le véhicule aérien Reaper. Le rapport du DOT&E cite notamment un « train d’atterrissage principal amélioré », une génération électrique plus performante, des liaisons de données cryptées ou bien encore un système numérique de contrôle du moteur. L’intégration d’un système de décollage/atterrissage automatique, présenté comme une exigence par le client français qui l’utilise déjà sur ses Harfang, n’est en revanche pas mentionnée.

En guise de recommandations, le rapport du DOT&E invite l’US Air Force à finaliser le calendrier de développement du MQ-9 « Increment One », tout en s’assurant de la bonne marche du développement de ses différentes composantes. Parallèlement, les aviateurs devront poursuivre l’intégration de la bombe JDAM GBU-38 de 250 kg à guidage GPS sur leurs Reaper et essayer d’en mener l’évaluation opérationnelle début 2014.