#33590

Me262
Membre

L’Antonov 70 revole après une pause de onze ans

Onze années. C’est ce qu’il aura fallu à Antonov pour reprendre les essais en vol de l’An-70. Hier, à l’occasion du salon Aviasvit qui se déroule à Kiev, le constructeur ukrainien a fait revoler le prototype de ce quadrimoteur de transport, dont le dernier décollage remontait à 2001.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’An-70 a eu une carrière mouvementée. Un premier prototype vole le 16 décembre 1994, mais est perdu deux mois plus tard suite à une collision en vol avec un appareil d’escorte. Antonov ne jette pas l’éponge, puisqu’un deuxième exemplaire finit par décoller en avril 1997. Quatre ans plus tard, ce même avion est gravement endommagé suite à un atterrissage dur. Un incident qui marquera un coup d’arrêt dans la carrière de l’An-70, qui avait réalisé près d’un tiers de ses essais en vol.

Ressuscité l’An-70 ? Il est trop tôt pour le dire. L’avion qui a volé hier est de toute évidence ce deuxième prototype, qui aurait subi un chantier de modernisation de deux ans. C’est notamment le cockpit qui aurait fait l’objet de toutes les attentions des ingénieurs d’Antonov. Ces derniers espèrent boucler une première campagne d’essais d’ici le milieu de l’année prochaine.

En 1997, l’An-70 avait été proposé par Antonov dans le cadre du programme européen FLA (Future Large Aircraft), dont l’A400M est finalement sorti victorieux. L’avion ukrainien avait d’ailleurs la faveur des allemands qui souhaitait une coopération entre l’industrie européenne et Antonov. En 1992, une mission d’ingénieurs de la DGA accompagnée d’officiers de l’Armée de l’Air avait également visité les usines de l’avionneur en vue d’évaluer l’avion.

Mais le projet est finalement jugé trop risqué sur le plan technique. Outre une avionique d’un autre temps, l’An-70 est doté de moteurs d’un genre nouveau : des turbopropulseurs à hélices rapides (ou propfan) D-27 mise au point par Progress. Ce moteur entraîne deux rangées d’hélices contrarotatives et développe une puissance maximale de 14.000 chevaux. Un choix technique qui n’était pas vraiment du goût des européens, qui avaient d’ailleurs esquissé une remotorisation avec des CFM56…

Reste à avoir si l’An-70 peut maintenant revenir en jeu et faire de l’ombre à l’A400M sur les marchés internationaux… Pour l’heure, rien n’est moins sûr.