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Lockheed Martin veut sauver le U-2S

Le 21/02/2014 à 16:45 | Par Guillaume Steuer

C’est un vétéran de la guerre froide, un dinosaure de l’aviation militaire américaine. L’inoubliable silhouette du U-2, célèbre avion de reconnaissance à haute altitude développé au début des années cinquante par le bureau « Skunk Works » de Lockheed Martin, porte aujourd’hui encore le parfum sulfureux des missions secrètes au-dessus de l’Union Soviétique, menées pendant les heures les plus tendues de l’affrontement Est-Ouest.

Depuis, la « Dragon Lady » n’a cessé de traîner sa taille de guêpe dans les cieux du monde entier. Mais son existence est aujourd’hui menacée par son successeur désigné : le RQ-4 Global Hawk, un drone de reconnaissance haute altitude en service depuis plusieurs années déjà dans l’US Air Force, mais dont les capacités en matière de renseignement peinent toujours à égaler celles du U-2.

Tant et si bien que depuis deux ans, de nombreuses voix se faisaient entendre au sein de l’USAF pour abandonner le financement du Global Hawk Block 30/40, arguant que l’U-2 était parfaitement capable de remplir les mêmes missions à un coût bien inférieur. Mais le vent semble tourner en faveur du drone de Northrop Grumman. La presse américaine rapporte en effet que le financement du Global Hawk sera sécurisé pour l’année fiscale 2015, forçant l’USAF à faire un choix entre les deux plateformes.

Se sentant en danger, Lockheed Martin a publié hier un communiqué de presse vantant les mérites de la « femme-dragon » qui est aujourd’hui menacée d’extinction. L’avionneur américian rappelle ainsi que la flotte d’U-2S en service dans l’USAF n’a utilisé en moyenne « que 20% de son potentiel prévisionnel ». Lockheed ajoute que chaque avion a en moyenne 60.000 heures de vol de potentiel, soit 35 années de vie opérationnelle devant lui.

Les U-2S aujourd’hui utilisés dans l’USAF ne sont évidemment pas en service depuis les années cinquante. Comme le souligne l’industriel, ces appareils sortirent à l’origine de chaîne sous l’appellation TR-1 (Tactical Reconnaissance) au cours des années quatre-vingt. Selon l’USAF, 33 exemplaires resteraient en service, dont 26 monoplaces opérationnels ; au milieu des années quatre-vingt-dix, ceux-ci reçurent tous la désignation U-2S.

Le principal avantage du Global Hawk par rapport au U-2S est sa grande endurance : environ 24 heures de travail sur une zone donnée, soit bien plus que ce qu’un pilote de « Dragon Lady » ne pourra jamais supporter. En revanche, le U-2S a son mot à dire sur d’autres sujets : sa charge utile (2,2 tonnes contre 1,4 tonnes pour le RQ-4), son taux de montée ou la maturité de ses capteurs, dont certains n’ont pas encore été intégrés sur le Global Hawk.