#37442

Me262
Membre

Le F-22 reprend son souffle

Le 26/07/2012 à 19:08 | Par Léo Barnier

Leon Panetta a dû pousser un soupir de soulagement. Le Secrétaire de la Défense des Etats-Unis a annoncé, le 24 juillet, la levée progressive des interdictions de vol frappant la flotte de F-22. Les experts de l’US Air Force ont en effet percé à jour le mystère de l’hypoxie qui a touché douze pilotes du chasseur de 5e génération en 2011. Ces incidents répétés avaient conduit à l’immobilisation de la flotte entre mai et septembre 2011, puis à des vols sous restrictions.

Deux problèmes sont à l’origine de ce manque d’oxygénation. Le premier vient d’une valve défectueuse sur la veste anti-G des pilotes. Celles-ci se gonflaient normalement lors des manœuvres à fort facteur de charge, mais ne se vidaient pas une fois l’avion revenu en ligne droite. Les vestes anti-G sont désormais interdites durant les missions à haute altitude, et ce depuis juin. Il faut savoir que le Raptor atteindrait les 60 000 pieds en conditions opérationnelles, là où des avions comme le F-15C dépassent rarement les 45 000 pieds. Le second est issu d’une cartouche de filtration dans le système de génération d’oxygène embarqué (Obogs). Sa suppression a permis d’accroître le volume d’air délivré aux pilotes durant le vol. L’USAF planche néanmoins sur une amélioration des conduites d’air du système et de leurs connexions.

En mars 2012, l’US Air Force a procédé à une modification du système d’oxygène de secours. Plus précisément de sa poignée d’activation, dont le fonctionnement était jugé trop compliqué en situation d’urgence. L’ensemble de la flotte de F-22 doit être rétrofité. En novembre 2010, un F-22 s’était écrasé avec son pilote au nord d’Anchorage à la suite d’un défaut de fonctionnement du système Obogs. L’enquête a révélé que le pilote n’avait pas eu le temps d’activer l’oxygène de secours.

Progressivement, les F-22 vont pouvoir reprendre les vols de longue durée et être ainsi redéployés à travers les Etats-Unis. Un des premiers tests sera le retour sur la base de Kadena au Japon. De la réussite de ce vol – qui sera fortement encadré avec une altitude restreinte et un trajet via le Nord du Pacifique à proximité de terrains de détournement – dépendra l’autorisation de la plupart des longs trajets. Tous resteront néanmoins soumis, encore pour un temps, à des restrictions d’altitude, des itinéraires « balisés » et un non-port des vestes anti-G.