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Le T-50 russe serait plus furtif que le F-22

Le 17/01/2014 à 09:12 | Par François Julian

C’est le consortium russe Rostec (ex-Rostekhnologii) qui l’affirme : le biréacteur de combat T-50 (ou PAK-FA) de Sukhoi, encore en développement, est plus furtif que son rival américain le F-22. L’agence russe chargée des développements technologiques estime que la surface équivalente radar (SER) du nouveau chasseur russe est comprise entre 0,1 et 1 m2.

La SER, ou Radar Cross Section (RCS en anglais), est une donnée qui reflète l’aptitude d’un objet à renvoyer plus ou moins d’énergie lorsqu’il est éclairé par un radar. Cela traduit donc son degré de furtivité électromagnétique : plus ce chiffre, qui s’exprime en m2 ou en dBm2, est petit, plus il traduit une furtivité importante.

Selon Rostec, le T-50 serait non seulement plus furtif que n’importe quel autre chasseur russe, mais aussi que ses homologues occidentaux. Pour Alexander Davidenko, ingénieur en chef du T-50, la SER du F-22 américain est comprise entre 0,3 et 0,4 m2, ce qui laisse à penser que celle du PAK-FA serait en fait comprise entre 0,1 et 0,3 m2.

La SER : une donnée classifiée.

Evidemment, toutes ces ces affirmations sont à manipuler avec précaution. Déjà parce la SER d’un avion de combat moderne est une donnée hautement classifiée, qui ne fait jamais l’objet d’une annonce publique. Et aussi parce que cette donnée n’est pas absolue : si elle dépend bien de la forme générale de l’avion, elle est aussi liée aux matériaux qui constituent sa surface, ainsi qu’à la position et la longueur d’onde du radar qui l’observe. Il est donc délicat de ramener la furtivité d’un avion à un simple nombre.

Ce qui est sur, c’est que le T-50 reprend bien certains des principes élémentaires de la furtivité électromagnétique d’un avion de combat. Avec notamment une forme très étudiée où sont bannis les angles droits et les formes trop vives. L’aile de forme trapézoïdales a également des lignes parallèles avec celles des empennages horizontaux et des apex. L’utilisation d’une soute à armements permet également de dissimuler les armements. S’il était prévu que l’avion soit doté de conduits d’entrée d’air en forme S (pour masquer les premiers étages du moteur aux ondes radar), il semble que cette idée n’ait par contre pu être intégrée. De même, à l’inverse du F-22.

Du coté de ce qui ne se voit pas, l’avion fait visiblement un grand usage de matériaux composites. Selon Rostec, ces derniers constituent 25 % de la masse de l’avion et recouvrent 70 % de sa surface. Il est probable que, comme sur le F-22 ou le F-35, il soit fait usage en surface de matériaux en sandwich qui permettent l’absorption des ondes radar.

Reprise des principes aérodynamiques du Su-27.

Dans son agencement général, le T-50 adopte certains des principes aérodynamiques du Su-27, et tout particulièrement des fuseaux moteur séparés et espacés, ce qui permet de créer une surface portante supplémentaire au centre de l’avion. Cela libère également de l’espace pour l’installation de la soute à armements. Sukhoï a également repris le principe d’une aile très intégrée au fuselage, sans réelle démarcation. Comme le Su-27, le T-50 est bidérive, sauf que ces empennages verticaux sont cette fois monoblocs, ce qui a permis de réduire leur taille, mais tend à rendre l’avion moins stable en lacet (quelque chose qui est corrigé ensuite par les commandes de vols électriques).

Au delà de ces considérations, il faut également garder à l’esprit que l’un des principaux points durs dans la mise au point du T-50 reste l’absence d’un moteur véritablement moderne pour le propulser. Les prototypes – et plus tard les premiers avions de série – sont en effet motorisés avec un moteur intérimaire désigné 117, qui est une évolution largement modernisée de l’AL-31F qui propulse les Su-27 et Su-30. Le F-22, avait été lui conçu autour d’un moteur nouveau et radicalement moderne, le F119, qui a servi de base au développement du F135 du F-35. Il est bien prévu que le T-50 dispose de son propre moteur. Ce dernier est baptisé « izdeliye 30 » (ou objet n°30). Mais pour l’heure, son développement est encore à un stade relativement préliminaire.

A ce jour, il y a cinq prototypes de T-50 en vol. Du coté de Moscou, l’objectif est toujours d’acquérir un premier lot de 6 à 10 avions pour la campagne d’évaluation opérationnelle. Après quoi, il serait question d’acquérir pas moins de 60 exemplaires pour la force aérienne russe, dès 2016, date à laquelle sera prononcée une première capacité opérationnelle et lancée la production en série.