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Thomas Pesquet, futur astronaute français, sera en 2016 à bord de la station internationale, l’ISS – 24-03-2014

Il n’a que 36 ans, il est né en 1978 à Rouen, a passé son enfance à Dieppe et se souvient de la plage de galets et des bains dans la mer à 13° qui vous donnent la forme. Son CV est déjà bien épais. Il a fait d’abord des études d’ingénierie aéronautique et spatiale à l’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace de Toulouse.
Thomas Pesquet a ensuite été salarié du CNES à Toulouse de 2002 à 2004 puis il choisit le programme de formation de pilote cadet d’Air France et devient copilote sur l’A 320 jusqu’en 2009. Cette année là, il se présente à la sélection du corps des astronautes de l’ESA.
Ils sont 8 330 comme lui qui rêvent de devenir un « travailleur de l’ Espace ». Finalement, c’est lui qui l’emporte !

Cette sélection d’un jeune Français qui volera bientôt dans l’espace, appelle quelques commentaires. Tout d’abord, la station internationale un moment condamnée à mort par des économies décidées par le Congrès américain a obtenu un délai de grâce jusqu’à au moins 2024. La NASA a finalement décidé de la conserver tout en élargissant la base de ses utilisateurs institutionnels et privés et de l’utiliser comme banc de tests technologiques. Elle pourrait aussi préparer certaines des prochaines étapes de l’exploration spatiale. Du coup, l’ISS que l’on nous décrivait comme prête à tomber en lambeaux pourrait, selon un porte-parole de la NASA, rester au-dessus de nos têtes jusqu’en 2028 !

Penchons-nous sur le destin de ce jeune homme qui a toujours rêvé d’aller dans l’espace et qui n’hésite pas à dire et à redire : « Dans le domaine de l’exploration spatiale, il faut croire à la science-fiction. Moi j’y crois depuis que je suis tout petit ». La lecture de « Objectif Lune » des aventures de Tintin le renforce dans sa détermination, il sera astronaute. « La mission Apollo a prouvé 15 ans après la faisabilité d’un tel voyage ». Le benjamin des astronautes français trouve aussi qu’il arrive au bon moment dans ce métier.
Vers 2025 on devrait voir partir la 1ère mission habitée vers un astéroïde. 5 ans plus tard vers 2030, il imagine la 1ère mission vers Mars et sans qu’il le dise, on sent qu’il en ferait bien partie.

En attendant, Thomas devra faire le travail habituel de la station c’est à dire la recherche scientifique au sens large. « Il participera à des expériences, explorera les domaines de la recherche sur l’homme, la biologie, les matériaux ou le développement technologique ». Là je cite un communiqué commun signé du ministère du développement supérieur de la recherche, du CNSE et de l’ESA. C’est la phrase type qu’on nous sert à chaque mission spatiale. Pourquoi ces 3 organismes ne sont-ils pas plus précis et ne nous donnent pas des exemples concrets ?

Voilà 6 ans qu’un Français, c’était Léopold Eyharts en 2008, n’avait pas pris le chemin de l’espace. Ce sera chose faite en 2016. Nul doute que pour une fois les télévisions françaises feront des directs pour montrer le cérémonial qui sied à tout départ dans l’espace, toujours impressionnant. Quelques instants plus tard Thomas Pesquet sera installé en haut d’une grosse fusée Soyouz pour aller rejoindre son bureau spatial qu’il ne quittera qu’en mai 2017. C’est ce qu’on appelle une mission de longue durée

Espace toujours, Ariane 5 a signé, dans la nuit de vendredi à samedi, son 59eme succès d’affilée. Deux satellites ont été mis à poste : d’abord l’ Astra 5B, un gros engin de 5,7 tonnes qui va offrir des services de télédiffusions directes et d’alimentation des réseaux de TNT en Europe. Le client est un vieux client d’Arianespace : il s’agit de la SES, société européenne des satellites. Son compagnon de voyage Amazonas 5A va servir à diffuser des télécommunications sur toute l’Amérique du Sud pour le compte de l’opérateur Hispasat. Les 2 satellites sont prévus pour travailler 15 ans dans l’espace. J’adresse des sincères remerciements à notre confrère du Journal du Dimanche qui a donné l’information. ( Une brève en page 18) . A tous les autres qui ont ignoré la nouvelle, je dirai simplement qu’un lancement, surtout réussi, est toujours un événement.

La chronique AeroMorning de Gérard JOUANY