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Franck
Participant

Ces fleurons de l’industrie française que l’Etat n’aide pas

ENQUETE Ils ne font pas parler d’eux et pourtant leurs projets le mériteraient. Challenges vous fait découvrir trois entreprises françaises qui n’attendent qu’un coup de pouce pour faire un tabac à l’export.

Le redressement productif, c’est elles. A l’heure où le gouvernement a sonné la mobilisation générale pour relancer l’industrie française, Challenges vous révèle l’histoire de trois PME et ETI qui n’attendent qu’un coup de pouce de l’Etat pour produire, exporter, gagner des parts de marché. Chantier naval, avionneur, spécialiste de la fabrication de DVD et Blu-Ray en pleine reconversion, chacune de ces entreprises attend un coup de main de l’Etat, directement ou à travers un de ces organismes (Ademe, DGA, Cedre, ministères …). Gros plan sur des fleurons méconnus qui pourraient être le Mittelstand français de demain.

LH Aviation, fleuron français de l’avion léger

Mai 2004 : Sébastien Lefebvre, jeune ingénieur de 23 ans, entame une tournée des banques. Son idée : réunir les financements pour lancer un nouvel avion léger multi-rôles français. Le jeune diplômé réunit finalement 300.000 euros avec son associé, et lance ce qui va devenir le LH-10 Ellipse, un petit avion biplace capable de missions d’entraînement, de surveillance, voire d’appui au sol avec la capacité d’emporter quatre roquettes de 68 mm. Les ailes et l’empennage de l’appareil sont démontables en une demi-heure, sans outillage particulier et sans vider les réservoirs, ce qui permet de le charger sur une remorque routière classique ou un container maritime.

Construit à Melun-Villaroche, près de l’usine Safran, l’appareil, doté de technologies de matériaux composites inspirées de l’Airbus A350, est une petite merveille : « Alors que nos concurrents les moins chers sont à plus de 350 euros de l’heure de vol, nous sommes à moins de 100 euros, expliquait le 19 décembre à la commission de Défense de l’Assemblée nationale Christophe Rémy, président du conseil d’administration de LH Aviation. De plus, l’avion est écologique : il fonctionne à l’essence 95 sans plomb et il n’émet que 46 décibels lorsqu’une machine à laver en émet plus de 50. En vol, il rejette 104 grammes de CO2 par kilomètre, soit moins qu’une Smart. »

L’armée française préfère les avions « made in China » d’EADS ( plus d’amis énarques peut-être ❓ 👿 franck )

Le hic, c’est que LH Aviation attend toujours son autorisation d’exportation de matériel militaire. Malgré une demande déposée fin mars 2012, la société a appris en septembre de la Direction générale de l’armement (DGA) qu’elle n’aurait pas de réponse définitive avant neuf mois, le délai en vigueur pour ce genre de demande.

« Pendant ce temps, l’entreprise est autorisée à présenter l’appareil avec ses systèmes d’armes dans tous les salons, sous une version «concept» et avec l’aide de la DGA, reconnaissait Christophe Rémy devant les députés. Toutefois, il est interdit à LH Aviation de négocier et de vendre ses produits. Pendant que l’administration prend son temps, l’entreprise passe à côté de marchés. »

L’autre frein à l’export du LH-10 Ellipse, c’est l’absence de commande des forces françaises. Pire, la PME, qui visait le marché des avions d’entraînement du centre de formation aéronautique militaire initiale (CFAMI), s’est vu griller la politesse par Cassidian (filiale défense d’EADS), qui propose des avions Cirrus SR20 et SR22. « Nos pilotes seront formés sur des Cirrus, des avions chinois, dénonçait Christophe Rémy le 19 décembre à l’Assemblée nationale. L’avion est dix fois plus bruyant que celui de LH, alors même que l’appel d’offres exigeait un appareil silencieux, il est plus cher et son coût d’exploitation est deux fois supérieur. L’argent public va donc servir à créer des emplois en Chine. Pourquoi ne pas privilégier une entreprise française alors que l’avion idoine existe en France ? »

Pas bégueule, le patron de LH laisse la porte ouverte aux forces françaises : « Nous sommes prêts à offrir un ou deux appareils pendant deux ans pour qu’ils soient testés par les forces françaises dans n’importe quelle unité. »

Selon Christophe Rémy, président du conseil d’administration de LH Aviation, l’heure de vol de cet avion revient à moins de 100 euros. De plus, il fonctionne à l’essence 95 sans plomb et n’émet que 46 décibels et, en vol, il rejette 104 grammes de CO2 par kilomètre, soit moins qu’une Smart. (photo LH aviation)

Source : http://www.challenges.fr/entreprise/20130114.CHA5069/aviation-chantiers-navals-photovoltaique-les-fleurons-de-l-industrie-francaise-que-l-etat-n-aide-pas.html