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Le Superjet de Sukhoï fait une percée à l’international

L’achat de 15 Superjet par la deuxième compagnie mexicaine constitue le premier vrai succès de Sukhoï, hors des limites de l’ancien bloc soviétique. Un succès qui doit beaucoup aux efforts de son partenaire motoriste Safran.

Cette année, le père Noël orthodoxe était mexicain pour Sukhoï et son Superjet 100. Le mois dernier, l’avionneur russe signait en effet avecla deuxième compagnie mexicaine, Interjet, sa première commande ferme n’émanant pas d’une compagnie de l’ancien bloc soviétique. D’autres contrats avec la petite compagnie italienne ItAli et la hongroise Malev avaient certes été annoncés en 2007, mais n’ont jamais été finalisés. Et un bonheur n’arrivant jamais seul, le Superjet a également décroché le 3 février dernier sa certification des autorités russes, le précieux sésame qui lui permettra de lancer des vols commerciaux sur les lignes intérieures russes, une fois les premiers exemplaires livrés à Aeroflot, en 2012. Initialement prévue pour mi-2008, cette certification avait été repoussée à plusieurs reprises.

Le coup de pouce de Safran

Si tout se passe bien, le Superjet – un biréacteur court-courrier de 75 à 98 sièges -devrait ensuite obtenir sa certification européenne d’ici à la fin de l’année, puis la version américaine début 2012. Une ultime étape attendue avec impatience par Sukhoï, qui espère qu’elle décidera d’autres compagnies occidentales à passer commande. Un contrat de 20 Superjet pour une compagnie européenne pourrait ainsi être annoncé au prochain Salon du Bourget, en juin.
Les partenaires occidentaux du Superjet, au premier rang desquels l’italien Finmeccanica et le français Safran, n’ont pas ménagé leurs efforts pour aider Sukhoï à convaincre de nouveaux clients. Ainsi, l’achat de 15 exemplaires par Interjet, d’une valeur de 650 millions de dollars, n’est pas sans rapport avec les bonnes relations entre son PDG, Miguel Aleman Velasco, et le PDG de Safran, Jean-Paul Herteman. Les deux hommes coprésident l’Année du Mexique en France et le groupe français est le premier investisseur français au Mexique, où il possède 8 sites industriels. Sa filiale Snecma a développé le moteur de l’avion russe en joint-venture avec le motoriste russe NPO Saturn. Une autre filiale, Aircelle, fournit les nacelles de ce nouveau réacteur, tandis qu’une troisième, Hispano-Suiza, a conçu les systèmes de contrôle des moteurs.

Par ailleurs, Interjet, dont les 24 Airbus A320 sont tous dotés de moteurs CFM de SnecmaGE, collabore aussi avec Safran sur un programme d’essai de biocarburant. « Nous aurions voulu faire un premier vol à zéro émission de CO2 à l’occasion du Salon aéronautique du Bourget, souligne Miguel Aleman Velasco. Mais nous ne sommes pas encore prêts. » A plus long terme, le PDG d’Interjet ne cache pas son intérêt pour le nouveau moteur Leap X développé par Snecma et GE, qui équipera en 2016 l’A320 Neo et son concurrent chinois, le C919. « Nous pourrions commander des A320 Neo ou l’avion chinois », déclare Miguel Aleman Velasco.

Source : Les Echos, 22 Fevrier 2011