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l’avion spatial d’Airbus va bientôt prendre son envol

Le 13/02/2014 à 11:47 | Par Guillaume Steuer

Lors de la précédente édition du salon de Singapour, il n’existait encore que sous forme de vues d’artiste. L’avion spatial développé par Airbus Defence & Space (ex-Astrium) est cette année présent « en chair et en os », puisque l’industriel a profité du salon pour exposer une maquette à échelle réduite de ce projet développé en coopération avec la PME singapourienne Hope Technik.

« Il s’agit de la maquette qui servira dans environ trois mois à mener les premiers essais de largage depuis un hélicoptère », explique Christophe Chavagnac, directeur technique du « Space Plane » chez Airbus DS. Un appareil d’Airbus Helicopters sera utilisé à cet effet. A environ 180 kilomètres au large des côtes singapouriennes, la maquette de 5 mètres de long, 4 mètres d’envergure (soit une échelle d’environ 1/4) et 150 kg sera lâchée à 4.000 m d’altitude.

Plusieurs vols de ce type auront lieu afin de commencer « à caractériser la phase de descente spatiale, puis la transition entre cette dernière et le vol horizontal avant l’atterrissage », explique le spécialiste. Une dynamique du vol qui a en partie été étudiée dans les souffleries européennes de l’Onera et du DLR, mais dont les subtilités doivent impérativement être testées en vraie grandeur.

Fin 2015, Airbus DS et son partenaire singapourien espèrent ensuite pouvoir mener des essais plus ambitieux, qui impliqueront des largages depuis un ballon. D’abord à 30.000 m d’altitude, ce qui amènera la maquette instrumentée à atteindre une vitesse d’environ Mach 1,2. Puis, dans des phases ultérieures, à 100 km d’altitude. « Nous pourrons ainsi modéliser l’intégralité de la descente spatiale », précise Christophe Chavagnac.

Le programme Space Plane, qui a été en partie financé par l’agence de développement économique de Singapour, vise à faire mûrir un « portefeuille de technologies » qui pourraient être réutilisées dans une hypothétique version opérationnelle de l’avion spatial. Dans combien de temps ? « En comptant la mise au point d’une cellule comparable à celle d’un avion d’affaires, et celle du moteur-fusée nécessaire au vol suborbital, on parle d’un développement d’environ huit ans », précise Christophe Chavagnac.