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Sauf changement de dernière minute lié, par exemple, à la nomination d’un nouveau ministre de la Défense, l’annonce devrait intervenir très rapidement, peut-être dès la semaine prochaine : la France va acquérir des drones américains de type Reaper, la version lourde du Predator de General Atomics.

La décision semble prise depuis plusieurs semaines : l’idée, lancée sous Hervé Morin, a été confirmée par Alain Juppé, avec bien sûr l’aval de l’Elysée.

Son annonce pourrait être retardée du fait de la décision américaine de préferer Boeing à l’européen EADS pour le renouvellement de sa flotte de ravitaillieurs : mauvais timing que d’annoncer qu’on achète américain au moment où les Etats-Unis refusent d’acheter européen !

Le Reaper est un drone MALE (Moyenne altitude longue endurance) destiné à l’armée de l’air. Le contrat pourrait porter sur quatre appareils (voire huit selon d’autres sources) et deux stations sol. Il est d’une valeur de plusieurs dizaines de millions d’euros.

L’affaire est en discussion depuis plusieurs mois et plusieurs options étaient sur la table pour remplacer les actuels Harfang (SIDM). Paris avait le choix entre plusieurs possibilités :
1) l’achat de quelques Harfang supplémentaires ( un engin israélien équipé par EADS) , qui seraient venus completer la flotte de quatre appareils mis en oeuvre par l’armée de l’air. Cette option était la moins couteuse, mais les militaires ne veulent pas s’engager sur les dix prochaines années avec une technologie « intérimaire », en partie dépassée.
2) le Reaper américain, même si cela suscite la colère des industriels français.
3) un programme franco-israélien, avec Dassault, le Heron TP, en acquisition ou location.
4) le projet Talarion d’EADS, plus ambitieux et donc très couteux.

L’achat « sur étagères » du futur drone de l’armée de l’air est, pour les responsables français, le premier étage de la fusée : le second est le lancement d’un programme franco-britannique pour un drone du futur. La question est, pour l’essentiel, budgétaire : en achetant des Reapers moins chers que les propositions européeennes, la Défense explique conserver ainsi des crédits lui permettant d’investir dans le développement d’un nouveau programme en coopération avec Londres. Dassault et BAe sont associés sur ce projet, qui figure en bonne place de l’accord stratégique entre les deux pays signé en novembre dernier. Reste à savoir si les Britanniques joueront le jeu jusqu’au bout… font remarquer les sceptiques.

Dans l’intention d’amarrer les Britanniques à ce projet, et selon nos informations, la France est aujourd’hui disposée à co-localiser le futur escadron français de drones Reaper avec celui des Britanniques. Problème : ceux-ci sont complètement intégrés au dispostif américain de l’US Air Force a tel point que l’unité qui les met en oeuvre, le 39 Squadron de la RAF est installé sur la base de Creech… au Nevada ! L’escadron français pourrait donc s’installer outre-atlantique, notamment pour bénéficier de la couverture satellitaire. Il se murmure que les passeports biométriques des aviateurs français sont prêts…

Les Reaper français, dont le nom « gaulois » n’a pas encore été trouvé, ne seront pas armés, contrairement à leurs homologues alliés. Ce drone est d’un poids maximal de 4,5 tonnes – soit près de quatre fois qu’un Harfang. Son endurance en vol est de l’ordre de 24 heures.

La mise en oeuvre des drones posent des problèmes complexes en matière de personnels et de liaison sattelitaires. L’US Air Force estime que la permanence 24 h sur 24 d’un Reaper nécessite l’emploi de 174 personnes au total… Le cout humain de ce système sans pilote s’avère donc très élevé en termes de remunérations et charges sociales. Même chose pour les liaisons satellitaires indispensables à leur pilotage et la transmission des données. Même les Américains commencent à faire grise mine : 7000 dollars la minute ! On ne dispose pas, malheureusement, des chiffres français.

En Europe, les Britanniques et les Italiens possèdent des Reapers.

Source: http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/

La France achète des drones de qualité, c’est très bien…

Par contre, c’est une confirmation de plus qu’avec Sarkozy, c’est le renoncement définitif à toute autonomie nationale en matière de défense et la confiance aveugle en notre puissant allié.

 
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Bonsoir à toutes et à tous,

… et dans quel but tout ça? Nous fliquer un peu plus? A l’Ouest, rien de nouveau…

‘vont être beau les meetings aériens dans 10 ans…

Enfin, moi ce que j’en dis…

Gilles.

 
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Salut

Nous fliquer, non.
Fliquer les mouvements hostiles, oui.

On parle de l’armée, pas de la police nationale là …

 
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Surtout s’ils sont stationnés aux Etats-Unis. Ca sera déjà compliqué de surveiller les émeutes de banlieue, le G20 ou la Coupe d’Europe de foot depuis le Nevada, alors nous fliquer… Je vois vraiment pas comment on pourra mieux protéger les Français en allant s’installer là-bas.

 
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je croi que j’ai pas tous suivie pourquoi. 😕 vous parlé de fliqué?
si la France en acheté il achèteront aussi la station au sol donc pas question de laisse des boufeur de hamburger piloté nos appareil , ni même d’envoyé des « pilote » français au pays de la peine de mort et du nascar ( se qui peu se traduire par voiture naz)

des que j’ai lui cette article je pensait qu’il allait plutôt qu’il être envoyé en Afghanistan pour complété les harfang,

il faudrait passé un deal avec les ricain, on leur acheté 4 reaper et il nous acheté des ravitailleur, tu crois qu’il accépteré? 😆

 
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Relis l’article, apparemment il est question de mettre les pilotes à Creech dans le Nevada (certainement pour piloter des drones basés en Afgha) parce qu’on n’a pas les moyens de louer un satellite entre la France et l’Afgha.

 
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oui, avoir une station au sol et le drone ne sert a rien si on a pas les satellites, hors on les a pas, donc pas le choix pour le moment que de « piloter » nos futurs drone a partir du pays qui contrôle les satellites nécessaire
ps: phenix je regarde la NASCAR, et pourtant je suis loin d’être pro americain, et c’est loin d’être des voitures et des pilotes nazes!

 
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J’ai pas vraiment vu l’économie par rapport à un avion piloté : 7000 $ la minute rien qu’en liaison satellitaire pour un engin qui a une autonomie de 24h ça fait cher la mission ! En plus si c’est pour perdre la guerre comme en Afghanistan ou en Irak…

 
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@me262 wrote:

J’ai pas vraiment vu l’économie par rapport à un avion piloté

Il n’y en a pas. Le drone est intéressant opérationnellement car il est plus endurant que l’avion et évite d’exposer un pilote. Or l’Occident préfère payer le coût financier d’un satellite, de logiciels, de caméras, de stations sol…plutôt que le coût politique de la mort d’un pilote.

 
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A l’issue du CMI, et sans vraie surprise, la solution américaine a été écartée hier soir au profit d’un recours franco-israélien : le ministère de la Défense va entrer en discussions avec Dassault Aviation pour offrir à l’armée de l’air un système de drones en 2014, dérivé du Heron-TP israélien (1). Ce système sera l’intérimaire de l’intérimaire (2), et devra faire patienter la France jusqu’en 2020, et l’arrivée d’un encore hypothétique drone franco-britannique.
Notons que le délai a -encore- glissé, et qu’il faudra prier pour que la flotte actuelle -quatre vecteurs Harfang et seulement trois boules- ne connaisse pas de malheurs dans l’intervalle. 
A ce stade, on ignore encore combien de F-Héron-TP seront acquis, et le niveau réel de francisation du système. Un des soucis qui a expliqué le retard de cinq ans du Harfang est précisément d’avoir voulu trop mettre de composants français sur ce vecteur d’origine israélienne (sans d’ailleurs y arriver, à la fin).
Sans compter qu’à part un ingénieux système d’antenne satellite (l’Hexapod de Zodiac) et des technologies SAR (développées par Thales), la France n’a pas pas forcément beaucoup à apporter. Sagem et Thales se crêpent le chignon depuis des lustres en matière d’optronique sans réussir toujours à sortir les produits technologiques dont les armées ont besoin : ces dernières ont donc récemment donc acheté ou loué du matériel américain.
Il y a aussi plusieurs niveaux de lecture dans la victoire française du jour, qui est aussi et avant tout une défaite… américaine.
Des récentes anecdotes -quelqu’un a dû appuyer là où ca fait mal…- semblent avoir très nettement refroidi les décideurs français. L’autorisation que doivent demander les Britanniques au Pentagone pour engager leurs engins en Libye, un processus de formation présenté comme peu lisible et la possibilité que les Américains laissent des souvenirs dans des systèmes qui servent au renseignement : tout cela fait beaucoup.
Avec une filière industrielle de drones naissante en France, la décision s’est faite, finalement, presque logique.

(1) ce qui fait qu’incidemment, Dassault devrait décrocher son premier contrat pour un drone opérationnel. Jusqu’alors, il gérait le Neuron, mais qui n’est qu’un démonstrateur.
(2) rien que l’expression démontre bien l’incurie dont bien des décideurs ont fait preuve en matière de drones jusqu’à maintenant. Si les jolis plans avaient été respectés, la DRM disposerait déjà depuis l’an dernier du drone MALE final, qui n’arrivera donc qu’en 2020.

Source: lemamouth.blogspot.com

 
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La France va s’équiper de Reaper de General Atomics.

Le nom est bien choisi pour un engin qui porte la mort, depuis 15.000 mètres d’altitude, Reaper, c’est-à-dire faucheuse, appareil sans pilote développé par General Atomics. C’est un spécialiste californien reconnu des UAS, Unmanned Aircraft Systems, selon l’appellation en vigueur au Pentagone. Non encore officialisée, et moins encore annoncée par l’industriel, cette commande porte sur deux exemplaires seulement de l’appareil, au prix unitaire catalogue de 56,5 millions de dollars. Le moins que l’on puisse dire est que la France aborde à reculons l’usage des drones, continuant ainsi d’afficher un incompréhensible retard. Jusqu’à présent, l’armée de l’Air s’était contentée d’un drone de Sagem et de quelques appareils de conception israélienne quelque peu francisés et sensiblement moins performants.

Pourquoi ce retard ? La question attend vainement une réponse, d’autant que les contraintes budgétaires ne constituent qu’une bien fragile excuse. Une guerre entre industriels, Dassault Aviation contre EADS, a fait perdre beaucoup de temps et d’énergie pour déboucher sur l’absurde, c’est-à-dire un achat sur étagère aux Etats-Unis. Et cela à supposer que Washington approuve la transaction qui devrait porter sur des Reaper non armés. Ce qui ne devrait pas empêcher d’ensuite les «améliorer» après livraison, si telle doit être la doctrine. Aux Etats-Unis, ces appareils d’une masse maximale au décollage de 4,7 tonnes, d’une envergure d’un peu plus de 20 mètres, et capables de tenir l’heure pendant 24 heures, sont généralement armés de bombes guidées Paveway, de Hellfire air-sol ou encore de missiles guidés par laser de type non précisé. Ils détectent leurs cibles grâce à des moyens très sophistiqués connus sous l’appellation de Multi-Spectral Targeting System. Leur équipage de deux hommes pilotent évidemment le Reaper à distance, au sol, ce qui confère à leur usage un caractère virtuel. D’autant que l’ennemi apparaît au mieux sous forme d’une image sur écran, un ennemi sans visage.

Cette semaine, le philosophe Grégoire Chamayou, se livrant à notre consoeur de Libération Alexandra Schwartzbrod, n’a pas hésité à affirmer que «le drone apparaît comme l’arme du lâche, celui qui refuse de s’exposer, il ne requiert aucun courage, il désactive le combat». Mais le chasseur-tueur UAS/drone, ajoute Grégoire Chamayou, constitue dorénavant l’arme anti-terroriste officieuse des Américains, chargée de tuer en excluant toute possibilité de faire des prisonniers. Ainsi va le monde, le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’Air française, ayant rappelé il y a quelques jours, lors d’un colloque de l’Académie de l’air et de l’espace, que l’heure est aux drones, «éventuellement armés», et aux drones de combat.

Ainsi évolue la doctrine. Les Forces armées américaines se sont converties de longue date aux UAS, le plus médiatisé d’entre eux étant le Predator qui, lors de vols savamment médiatisés, a rejoint une destination située à l’autre extrémité du globe depuis sa base habituelle, une démonstration de force d’un type nouveau. L’inventaire de l’Air Combat Command, outre des types plus anciens, compte actuellement plus d’une centaine de Reaper, capables d’accomplir des missions où que ce soit dans le monde, amenés à pied d’œuvre en C-130 avec leurs impedimenta, ou, plus simplement, volant de manière autonome vers leur théâtre d’opération à la vitesse croisière de 370 km/h. Le Reaper est doté d’un turbopropulseur Honeywell TPE331 de 900 ch.

Ainsi apparaissent des problèmes inédits, rarement techniques, plutôt éthiques. En ces temps de disette budgétaire, et en attendant la nouvelle loi de programmation militaire, ces Reaper français apparaissent de ce fait comme chargés de valeur symbolique. Ce qui n’est sans doute pas tout à fait suffisant.

Pierre Sparaco – AeroMorning – mai 2013

 
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Drones « Reaper » achetés par la France sur étagère…vendus à « prix d’amis » par les Américains

Suivant un article du site américain Military & Aerospace, les Etats-Unis viennent de faire l’acquisition de 24 drones MQ Reaper Bloc 5 (avec conteneurs, pièces de rechange et matériel de soutien) pour 377,4 millions de dollars (soit 280 millions d’euros).

De l’autre côté de l’Atlantique, la France achète sur étagère 12 drones Reaper, « non francisés » de surcroit (dont les deux premiers exemplaires reçus seraient…en Bloc 1) pour un total approchant les 900 millions d’euros (75 millions d’€ par drone).

Comment expliquer cet écart de tarif considérable ? Le prix payé par la France comprend-il les stations au sol ? Un amendement présenté par M. Reiner du Sénat avait estimé l’achat de 7 Reaper « francisés » par EADS avec 2 stations au sol pour 297 millions d’euros (offre datée de 2011).

Cet achat ne pourrait-il pas en fin de compte être une manière déguisée pour la France de « payer la facture » de la participation de Washington à l’affaire libyenne déclenchée à la va-vite par Nicolas Sarkozy ? Pour rappel, les Etats-Unis avaient demandé à la France de payer son soutien logistique lors de l’opération Serval…avant de médiatiquement se rétracter.

Stéphane Gaudin

Source : Theatrum Belli

 
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Drones : retards chroniques pour le MQ-9 Reaper

Le 04/02/2014 à 13:50 | Par Guillaume Steuer

C’est le Pentagone qui le confirme : dans leur rapport annuel rédigé par le DOT&E (Director, Operational Test and Evaluation) et consacré à la revue des grands programmes d’armement, les militaires américains actent de nouveaux retards dans la mise au point des améliorations du drone MQ-9 Reaper, ainsi que des problèmes de développement chroniques qui ont conduit à une « impossibilité de tenir le calendrier » précédemment établi.

Même s’il est déjà en service et largement déployé dans sa version Block 1, le MQ-9 Reaper fait actuellement l’objet d’un investissement important pour la mise au point d’un standard « Increment One » qui inclurait une nouvelle version du vecteur aérien lui-même (Block 5), de son logiciel de vol (OFP 904.6) et de sa station-sol (Block 30). « Initialement prévue pour 2013 », la phase d’évaluation opérationnelle finale (FOT&E) de ce standard « sera probablement retardée de plusieurs années au-delà de l’année fiscale 2014 », indique le rapport publié par le DOT&E.

Un retard gênant pour les Etats-Unis mais qui pourrait aussi avoir de sérieuses retombées en France, puisque l’armée de l’Air espérait justement pouvoir disposer de premiers MQ-9 Reaper Block 5 en 2017. La DGA est actuellement en négociations avec l’industriel General Atomics, concepteur du Reaper, pour contractualiser ces appareils ; et la volonté française d’ajouter du contenu national à ces futurs drones ne devrait certainement pas réduire les risques de retard.

A l’occasion d’une conférence qui s’est tenue fin 2013, l’armée de l’Air disait tabler sur la livraison de « deux systèmes opérationnels a minima » pour 2017, chaque système étant composé de trois vecteurs aériens et d’une ou deux stations-sol. Dans une audition devant l’Assemblée en octobre 2013, le chef d’état-major Denis Mercier précisait pour sa part que les deux premiers Reaper Block 1 pourront être rétrofittés « à partir de 2017 dans une configuration identique à celle du Reaper Block 5 ».

Par rapport au MQ-9 Reaper Block 1 actuellement en service (et dont l’armée de l’Air utilise deux exemplaires à Niamey, au Niger), le Block 5 devrait amener un certain nombre d’améliorations sur le véhicule aérien Reaper. Le rapport du DOT&E cite notamment un « train d’atterrissage principal amélioré », une génération électrique plus performante, des liaisons de données cryptées ou bien encore un système numérique de contrôle du moteur. L’intégration d’un système de décollage/atterrissage automatique, présenté comme une exigence par le client français qui l’utilise déjà sur ses Harfang, n’est en revanche pas mentionnée.

En guise de recommandations, le rapport du DOT&E invite l’US Air Force à finaliser le calendrier de développement du MQ-9 « Increment One », tout en s’assurant de la bonne marche du développement de ses différentes composantes. Parallèlement, les aviateurs devront poursuivre l’intégration de la bombe JDAM GBU-38 de 250 kg à guidage GPS sur leurs Reaper et essayer d’en mener l’évaluation opérationnelle début 2014.

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