Membre

L’Europe va-t-elle renoncer à développer des avions de combat ?

La question est tout à la fois politique, militaire, industrielle et sociale : y aura-t-il un après-Rafale ? La France sera-t-elle en mesure de jouer un rôle majeur dans un programme européen d’avion de combat de nouvelle génération ? Ou, tout au contraire, sera-t-elle amenée à renoncer ?
Il n’est pas prématuré, loin de là, de s’interroger. La production du Rafale, certes, se prolongera sans doute au-delà de 2020 grâce à des succès à l’exportation, et l’appareil français restera en service au-delà de 2040. Mais il faudrait sans plus attendre commencer à préparer la relève, compte tenu de la durée et de la complexité des cycles de développement à prendre en compte. Or, pour l’instant, rien de tel n’est prévu.

L’inquiétude gagne du terrain, et pas uniquement en France. Outre le Rafale, les cycles Eurofighter/Typhoon et Gripen s’acheminent eux aussi vers leur terme. Cette fois-ci, il ne sera évidemment pas question de répéter l’erreur de l’été 1985, c’est-à-dire la dispersion européenne et, tout au contraire, c’est la coopération à part entière qui devrait conduire à des efforts coordonnés. Sachant qu’il faudra notamment marier des exigences opérationnelles qui feront cohabiter des appareils pilotés et des UAV, UCAV ou drones, selon la terminologie retenue. C’est-à-dire, pour être plus précis, des avions de combat classiques ou pilotés à distance.
On est bien loin d’en être là. Force est de constater que les menaces sont plus variées que jamais, qu’il serait invraisemblable de baisser la garde alors que c’est tout le contraire qui se produit ailleurs. Seuls les Européens se posent des questions et on a pu le confirmer, il y a peu, avec la publication du Livre Blanc sur la Défense timide, basé sur un effort budgétaire limité à 1,5% du PIB. Certes, la technique a donné naissance à des systèmes d’armes plus performants que dans le passé, ce qui peut justifier, en principe, que l’armée de l’Air française doive se préparer à vivre avec à peine 225 avions de combat. Mais après ?

Si rien n’est fait, dans 20 ans, l’industrie française et européenne des avions de combat sera tout simplement morte. Avec d’irréparables pertes de compétences, un violent recul des moyens de souveraineté et des conséquences douloureuses pour des entreprises de pointe comme Dassault Aviation, Snecma, Thales et beaucoup d’autres. Le cri d’alarme le plus retentissant est venu de l’Académie de l’air et de l’espace dont un document dénonçant ce grand danger a été diffusé auprès des principales parties intéressées, dans les vingt-sept pays de l’U.E., au parlement européen, etc. Une initiative bien reçue mais qui n’a déclenché aucune réaction politique de grande ampleur.

Les industriels, eux, ont entrepris de dialoguer et les autorités françaises et britanniques ont amorcé un dialogue constructif. Cette semaine, un séminaire tenu dans les murs de l’Ecole militaire, à Paris, organisé conjointement par l’Académie de l’Air et le CEAS, a permis d’aller plus avant.On a ainsi pu constater la détermination du Royaume-Uni de tenter de rompre le dangereux immobilisme actuel avec les travaux du FCAS, Future Combat Air System qui vise la période de 2030 et au-delà. L’Air Marshall Greg Bagwell a été clair et direct : c’est la souveraineté qui est en danger tandis que l’industrie risque de perdre à tout jamais de grandes compétences.

Côté français, le général Guy Girier, sous-chef des plans et programmes de l’état-major de l’armée de l’Air, a exprimé, lui aussi, de solides inquiétudes, à commencer par ce qu’il appelle le risque de dé-classification des Forces européennes. Et, lui seul, a dénoncé la participation de plusieurs pays européens au F-35 Joint Strike Fighter de Lockheed Martin, une opération qui scelle la situation de dépendance et de morcellement du Vieux Continent par rapport aux Etats-Unis.

S’exprimant au nom d’Alenia Aermacchi, Pierclaudio Iaia, responsable de la recherche et développement de l’industriel italien, a soulevé d’autres problèmes, évoqué d’autres faiblesses, à commencer la surcapacité industrielle européenne. Il faut rationaliser, a-t-il martelé, il faut moins de concurrence, davantage de collaborations, il est urgent de lancer de nouveaux programmes, a-t-il dit. Et cela bien que la Péninsule, très engagée dans le JSF, ne montre pas le bon exemple. Mais, cela, il ne l’a pas dit.

A vrai dire, rien n’avance, et certainement pas dans la bonne direction. On en arrive à se demander si, au-delà de la persévérance de l’Académie, l’industrie est capable de lobbying au bon sens du terme. Face au succès mondial d’Airbus, qui s’est hissé en moins de 40 ans au niveau de Boeing, le contraste est frappant. Tout au long d’une journée bien remplie par des interventions de haut niveau, l’Ecole militaire vient ainsi de raisonner d’une belle succession de voeux pieux. Il n’en faut pas davantage pour que s’installe un pessimisme noir, incompréhensible, inexcusable.

Pierre Sparaco – AeroMorning – mai 2013

 
Membre

Il faut bien comprendre que les moyens d’armements font fassent a des menaces.
Les cycles de surenchérissements de l’entre 2 guerres, de la 2nd WW, ainsi que la guerre froide arrivent a leurs fins, et c’est pas plus mal finalement.
Les derniers avions ayant connu l’export sont tous issu de la guerre froide, sauf quelques execptions évidements.
En l’absence de cadre européen d’armement, il n’y aura pas de développement d’un nouvel aéronef, enfin pas avant 2030.
Dabors le développent est fait par un industriel, sans demande étatique, il n’en développera pas sur ses propre fonts.
BEA et EADS n’ont pas fusionné, donc toujours pas de stratégie européenne en vu.
Puis l’electronique prend le pas sur la structure meme de l’àéronef depuis plus de 10 ans.
Le programme RAFALE est un programe mort dans l’oeuf, comme tout ceux apres la chute du mure de berlin.
Un programme européen pour un avion de combat, répondant a toutes les attentes des armes européennes revient a déveloper un bateau anti sous-marin contre les U-bot.
Une machine dépassé, contre une menace dépassé.

 
Membre

Bonjour,

Avant d’avoir un avion de combat européen, il faudrait avoir une doctrine européenne de défense.
Si mes souvenirs sont bons, toutes les tentatives pour avoir une défense européenne ont échouées.
Tous les programmes d’armements (sauf les « petits », notamment les missiles Roland, Hot, Milan) ont échoués. Dans les années 60, une tentative a été faite pour avoir un char de bataille commun à la RFA et à la France, idem dans les années 80, elles ont échouées et donnée les chars Leopard 1 et 2 et les AMX 30 et Leclerc.
Dans les années 80, le Mirage F1, le Fiat G91 combattaient contre le F16 en Europe, le F16 a gagné.

 
Membre

-A400M
-nh-90
-meteor
-neuron
petit programme?

4 sujets de 1 à 4 (sur un total de 4)

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.