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L’aviation civile frappée par 3 catastrophes aériennes en 8 jours

Ce n’est certainement pas le premier été meurtrier de l’histoire de l’aviation civile, mais cette saison, ce sont trois accidents aériens en seulement huit jours qui ont entaché cette saison estivale. Trois et non pas deux car en plus du vol MH17 probablement abattu par un missile dans le ciel ukrainien et de l’AH5017 d’Air Algérie dans la région de Gossi au Mali, il y en a eu un autre qui a eu moins de retentissement. Le vol GE222 qui s’est abimé sur l’ile de Penghu à Taïwan où pris dans un typhon, il essayait de relier l’aéroport de Magong en provenance de l’aéroport international Kaohsiung. Cette catastrophe survenue le 23 juillet a été aussi tôt estompée par celle d’Air Algérie qui effectuait un vol entre Ouagadougou (Burkina Faso) et Alger.
Pourtant le vol GE222 de la compagnie taïwanaise TransAsia était assuré par un avion franco-italien un ATR72-200 et transportait 54 passagers et 4 membres d’équipages faisant tout de même 48 victimes dont 2 françaises, jeunes étudiantes en médecine. Leurs corps ont depuis été rapatriés en France. Même si cet accident fait l’objet d’expertises, de l‘analyse des boîtes noires, alors que deux spécialistes du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses français, quatre experts du constructeur franco-italien et un autre du motoriste Pratt & Whitney Canada sont arrivés à Magong pour assister les autorités taïwanaises en charge de l’expertise. Dans le cas de l’ATR72 de TransAvia, il ne vient guère l’idée de mettre en doute le fait que l’accident a été causé par les très mauvaises conditions météorologiques qui sévissaient ce soir là.

Par contre, ce qui marque l’esprit, c’est la simultanéité des deux autres accidents survenus tous deux au dessus de contrées en guerre civile.
Nous nous garderons bien d’émettre d’hypothétiques conclusions alors même que des incertitudes subsistent et que les enquêtes sont en cours.
Le premier de ces tragiques accidents est survenu dans le ciel ukrainien au dessus de la ville de Donetsk le 17 juillet. Le vol MH17 reliait Amsterdam (pays-Bas) à Kuala Lumpur (Malaisie) et était effectué par un Boeing 777-200ER. Un vol opéré par Malaysia Airlines qui connaît donc avec lui son deuxième accident en un peu plus de 4 mois après la perte d’un appareil identique disparu des écrans dans le Pacifique (vol MH370). A ce jour l’épave n’a ni été trouvée ni localisée : 227 passagers et 12 membres d’équipage étaient à bord dont 4 Français. Cette fois, en Ukraine, ce sont 283 personnes et 15 membres d’équipage qui ont trouvé la mort dans un accident qui au fur et à mesure que l’enquête est menée, ne ressemble en rien à un accident pour causes mécaniques, météorologiques ou d’erreur humaine. A ce jour, tout laisse à penser qu’il s’agit d’un missile qui est venu détruire en vol cet avion alors même que les rebelles pro-russes de la région Est de Donetsk s’élèvent contre la tutelle de l’Ukraine.

Pour le vol AH5017 d’Air Algérie, l’appareil est un MD83 d’ancienne génération dont le constructeur McDonnell Douglas a été racheté par le géant Boeing en 1996. Cet appareil était exploité par Air Algérie mais avait été loué à la compagnie espagnole Swiftair qui exploite un parc d’une quarantaine d’avions dont 4 MD83. Il ne lui en reste donc plus que trois. Les avis sur le bon état de cette flotte sont partagés, mais le directeur de l’aviation civile française affirme que l’appareil du vol AH5017 était sorti de révision deux ou trois jours avant l’accident survenu le 24 juillet. S’étant déroulé au dessus d’une zone fortement perturbée par des combats (et où la France était engagée avec l’opération Serval qui s’est achevée le 15 juillet mais à laquelle l’opération Barkhane a pris le relais), et juste 8 jours après l’accident en Ukraine, l’idée d’un missile qui aurait détruit l’appareil a tout de suite été avancée. Mais les débris au sol –matériels et humains- ne font pas pencher pour cette explication. Ce serait, tout comme pour le vol GE222 les conditions climatiques qui sévissaient au dessus du Mali qui auraient été cause de l’accident. Alors accident mécanique, acte de guerre, conditions climatiques ? Là aussi les boîtes noires ont été retrouvées, ramenées en France pour être expertisées. Car la France dans cet accident est d’autant concernées que 54 passagers étaient ressortissants français.

Mais ce n’est pas tout. Certains de nos confrères ont rapporté qu’un nombre important de militaires -33 très exactement- étaient à bord de l’appareil, plus un responsable libanais du Hezbollah. Toutes les références à cette présence émanent du même site Internet Echorouk. Or celui-ci parle bien de 33 militaires, mais ce n’est pas du tout un article relié à l’accident du MD83. Car si on lit bien un des articles de ce site de référence, le titre est clair : Wali de Ghardaïa: « 44 blessés à Berriane dont 33 policiers ». Et renseignements pris auprès de différents experts, il semble bien que l’info soit erronée. Alors je pense en toute honnêteté qu’il faut « raison garder » et attendre les conclusions de l’enquête même si pour les familles cela va paraître très long.

Nicole B. pour Aeromorning

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