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En lien, un article de Jacques Blamont publié sur diploweb qui prend le parti « contre les vols habités » :

http://www.diploweb.com/L-exploration-spatiale-par-des.html

 
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HHMMMMPFFFF….
Tu devrais prévenir Me262 quand ça atteint autant de pages, j’ai le coeur fragile 😛

Je lirai ça quand j’aurai « un peu » de temps devant moi.
Merci !

 
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Me262, j’ai une question pour toi: as tu tout lus? et si oui, combien de temps t’a-t-il fallu?

 
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@gilles wrote:

Me262, j’ai une question pour toi: as tu tout lus? et si oui, combien de temps t’a-t-il fallu?

Oui j’ai tout lu et ça m’a pris 20 mn !

 
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que ca, j’aurai imaginé 1h

 
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Blamont a toujours été farouchement contre les vols habités avec des arguments poussiéreux.

Encore une preuve que les conseillers scientifiques de l’Elysée sont les pires qui soient.

On comprend mieux maintenant l’échec de notre navette Hermes et notre ATV qui ne devient qu’un cargo poubelle automatique à usage unique avec des conseillers de ce genre là.

Il faudrait lui expliquer la signification d’une noblesse sublime de la phrase d’Armstrong.

Je l’ai vu dans une interview à la télé, ils se payait la tête des astronautes en rigolant bêtement.

Ce n’est pas avec ce genre de personnage que l’espèce humaine peut passer d’homo sapiens à homo spatial.

 
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La course à l’espace est relancée – et les entrepreneurs entrent en piste

La course à l’espace est de retour, mais cette fois ce sont les entrepreneurs qui prennent les devants. Le 31 mai, l’amerrissage réussi de la capsule Dragon, premier vaisseau privé à rejoindre la Station spatiale internationale, a été une étape marquante pour l’entrée des entreprises privées dans le domaine de l’exploration spatiale. Qui sont ces nouveaux venus ? Et auront-ils les moyens de réaliser leurs ambitions ?

Le Dragon a été construit et lancé à l’initiative du cofondateur de PayPal, Elon Musk, via sa société Space Exploration Technologies Corporation (SpaceX). La réussite de l’opération a montré de façon spectaculaire que les entreprises privées seront désormais des acteurs essentiels dans l’exploration spatiale à un moment où les Etats, sous la pression des contraintes budgétaires, sont forcés de repenser leurs ambitions. Ces entreprises financent le développement de nouveaux véhicules qui seront utilisés pour de multiples activités, depuis le transport de marchandises jusqu’à l’exploitation minière d’astéroïdes. Ce secteur émergent offre de formidables opportunités, mais aussi des risques considérables.

N’importe qui souhaite investir dans ce domaine peut désormais le faire, pourvu qu’il en ait les ressources, note Michael Tomczyk, directeur du Mack Center for Technological Innovation. « On peut y voir une forme excitante et bienvenue d’innovation ouverte appliquée à l’espace. »

A court terme, les entreprises privées joueront principalement un rôle de transporteur, de « taxis spatiaux », acheminant des équipements et des personnes. Christian Terwiesch, professeur de gestion de l’information et des opérations à Wharton, explique que ces missions sont parfaitement adaptées pour les entreprises commerciales. « Il s’agit d’atteindre une orbite basse, et la barre est moins élevée en termes de coûts et d’efficacité. La technologie est devenue beaucoup moins chère et nous avons derrière nous des décennies d’aviation commerciale, couplées avec une vaste expérience dans les voyages spatiaux. »

Professeur de management à Wharton, Karl Ulrich considère lui aussi que le moment est venu pour les entreprises commerciales de jouer un rôle plus important. « Le programme spatial de la deuxième moitié du 20e siècle exigeait des investissements énormes, pour des gains incertains et mal définis. Les agences publiques comme la NASA étaient les institutions les plus pertinentes pour explorer l’espace extra-atmosphérique. Ces conditions préalables à l’investissement public sont moins prégnantes dans le domaine aérospatial aujourd’hui. Par exemple, Boeing a été en mesure de coordonner l’investissement de dizaines de milliards de dollars pour développer et commercialiser le Boeing 787 Dreamliner, qui est entré en service en 2011. Motorola a pu consacrer environ 5 milliards de dollars à développer et lancer la constellation de satellites Iridium dans les années 1990. Peu nombreuses sont les opérations qui nécessiteront des investissements de plus de quelques milliards de dollars, et les marchés de capitaux se sont avérés capables de répondre aux opportunités de cette ampleur. »

L’expansion de la fonction commerciale dans l’espace peut ausssi se comprendre à la lumière d’un autre phénomène : la tendance croissante des Etats à solliciter la créativité du secteur privé. Christian Terwiesch explique ainsi qu’aux Etats-Unis, le gouvernement fédéral a mis en œuvre une politique d’incitations qui se révèle un outil puissant pour stimuler l’innovation Par exemple, il a mis en place un système de récompenses financières pour la résolution de certains problèmes techniques. « Le gouvernement ne sait pas choisir les gagnants, en tout cas pas il ne sait pas le faire à l’avance. Il a donc intérêt à laisser se développer différentes solutions. » L’ouverture du secteur spatial à une participation accrue du secteur privé va clairement dans ce sens. « Les pouvoirs publics ont une approche rationnelle : ils veulent voir se développer des solutions plus nombreuses. »

Au-delà de la Lune

Il est évident que cette évolution s’explique en partie par les contraintes nouvelles sur les budgets publics. Aux Etats-Unis, le gouvernement fédéral espère à la fois se dégager d’une partie des coûts sur le secteur marchand et profiter des gains d’efficacité qu’une gestion privée de certains segments peut apporter à l’activité spatiale. La NASA sera ainsi en mesure de se concentrer sur des objectifs plus audacieux. « La navette spatiale était assez onéreuse, et le secteur privé pourra assurer le même service pour beaucoup moins cher », explique Peter Hughes, directeur de la technologie au Goddard Space Flight Center de la Nasa à Greenbelt, dans le Maryland. « Cela libère des ressources, qui nous permettront de développer les technologies dont nous avons besoin pour aller au-delà de la Lune. » Ces ressources seront notamment consacrées à des domaines comme la radioprotection et la navigation à l’aide de pulsars, qui permettront à la NASA d’envoyer des missions habitées vers les astéroïdes proches ou des planètes. « Les navettes de type Discovery, qui transportent des personnes et des marchandises sur une orbite basse, peuvent parfaitement être lancées par des sociétés commerciales », note Robert Bishop, doyen de la faculté d’ingénierie à Marquette University. « Là où il y a vraiment besoin de l’Etat, c’est pour les recherches qui nous permettront d’aller sur Mars ou sur Jupiter. »

Bien sûr, le secteur privé doit encore prouver qu’il est capable d’emmener des hommes dans l’espace… et de les ramener sur terre en toute sécurité. Depuis qu’ils ont cessé d’exploiter la navette spatiale, les États-Unis dépendent du programme spatial russe pour envoyer des astronautes vers l’ISS. Mais un certain nombre de sociétés se sont lancées dans le développement de vaisseaux, dans l’espoir de se voir confier l’acheminement des cosmonautes américains à la Station spatiale internationale. Parmi ces firmes, on peut citer SpaceX, Boeing et Blue Origin, une société basée dans l’Etat de Washington (comme Boeing) et lancée par le fondateur d’Amazon Jeff Bezos. « La NASA paie environ 63 millions de dollars aux Russes pour chaque passager envoyé à l’ISS », raconte John Roth, vice-président du développement commercial chez Sierra Nevada Corporation (Las Vegas), qui développe un véhicule pour transporter des personnes dans l’espace. « Nous devons montrer que nous pouvons faire la même chose pour moins cher. » Il ajoute qu’en dehors de la NASA, Sierra Nevada Corporation espère séduire les pays d’Europe et le Japon.

Malgré la sagesse conventionnelle qui suggère qu’ils devraient s’en tenir à la mise en place d’un service de taxi pour l’ISS, certains entrepreneurs ont des objectifs plus ambitieux. Elon Musk, par exemple, dit qu’il envisage de développer des vaisseaux qui pourraient emmener les gens vers Mars. Planetary Resources, une start-up basée à Seattle et soutenue par de riches pionniers de la haute technologie comme Larry Page (co-fondateur de Google) et Charles Simonyi (ancien architecte logiciel de Microsoft), cherche à développer des engins spatiaux robotisés qui pourraient exploiter sur certains astéroïdes des mines de métaux rares comme le platine. Et Bigelow Aerospace, à Las Vegas, développe des modules spatiaux qui tourneront autour de la terre et pourront être loués à des Etats ou des groupes privés pour différentes utilisations, y compris la recherche en biotechnologie.

D’autres y voient un moyen d’utiliser la technologie spatiale pour transformer le voyage en général. George Whitesides, ancien chef de cabinet à la NASA et désormais PDG de Virgin Galactics, la société fondée par Sir Richard Branson, explique ainsi que la visée à court terme de son entreprise est de proposer des vols touristiques suborbitaux, pour 200 000 dollars par passager. Le comédien Ashton Kutcher, comme 500 autres personnes, a déjà réservé sa place et payé ses arrhes. Selon George Whitesides, l’exploitation commerciale pourrait commencer dès 2013. Mais il voit aussi un marché beaucoup plus important, en utilisant la technologie développée par Virgin Galactic pour emmener des passagers vers des destinations lointaines sur la Terre en seulement une heure ou deux. « Nous avons du mal à imaginer qu’on puisse faire le tour de la planète en une heure, mais c’est tout à fait possible. C’est un marché énorme si, au fil du temps, nous sommes capables de faire descendre les prix. »

Un marché financé par des milliardaires ?

Le côté science-fiction de cette aventure écarte d’avance une bonne partie des investisseurs. « On ne peut pas parler d’un enthousiasme délirant, dit Esther Dyson, gourou de la technologie et capital-risqueurs. C’est un marché qui a été financé par des milliardaires, qui n’ont pas forcément fait le tour des investisseurs pour réunir un tour de table. Mais cela pourrait changer. « Le succès de SpaceX aide beaucoup », ajoute Esther Dyson, qui a investi dans un certain nombre de start-up liées à l’espace. « Je pense que la communauté du capital risque commence à réaliser – tout comme elle l’a fait avec Internet il y a 20 ans – que ce n’est pas une blague. »

A l’origine, c’est l’Etat fédéral – à travers ce qu’on appelle aujourd’hui la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) – qui a contribué à créer le réseau devenu ensuite Internet. Comme le Christian Terwiesch, une fois que l’Internet a été ouvert au secteur privé, les modèles d’affaires se développés de façon tout à fait inattendue. « Lorsque ses initiateurs ont créé le World Wide Web, ils ne pensaient pas à Facebook. » De la même manière, le secteur spatial commercial peut nous réserver de grandes surprises. « Si vous essayez d’imaginer aujourd’hui ce que ce entreprises développeront, vous aurez de grandes chances de vous tromper. Nous n’avons encore aucune idée des directions qu’elles vont prendre. »

Mais le secteur est encore balbutiant et il doit relever de nombreux défis. A commencer par celui-ci : ses modèles économiques sont encore mal connus. Comme le note John Roth, de Sierra Nevada Corp., non seulement le gouvernement américain ne paiera pas toute la facture pour le développement du transport de personnel dans l’espace, mais il exige des sociétés souhaitant répondre à l’appel d’offres d’investir à ses côtés. « Nous y allons de notre argent, et nous ne savons même pas combien nos concurrents investissent ! » Même si sa société considère qu’elle a de bonnes chances d’être parmi les gagnants lorsque la NASA fera son choix définitif, John Roth dit qu’ils ont un plan B au cas où leur véhicule ne soit pas sélectionné. Pourtant, ajoute-t-il laconiquement, « cela changerait nos perspectives d’affaires ».

Autre problème, relevé par Karl Ulrich, la difficulté de faire vraiment jouer la concurrence. « Le nombre de joueurs – les fournisseurs et les acheteurs – est extrêmement faible. Et c’est là un obstacle classique à une contractualisation efficace, car chaque partie peut tenir l’autre en étant son seul partenaire possible. » Il note cependant qu’il existe, y compris dans le transport aérien, des marchés avec une poignée d’opérateurs, où l’on gère correctement ce genre de problème est géré.

Il y a aussi des incertitudes réglementaires. Ahsan Choudhuri, directeur du El Paso NASA Center for Space Exploration and Technology Research à l’université du Texas, dit que les contrôles à l’exportation aux États-Unis pourraient gêner les entreprises qui cherchent à faire des affaires à l’étranger. « Ces opérations doivent être mondialisées, mais la réglementation actuelle ne le permet pas. Les règles sont actuellement rigoureuses et quelque peu ambiguës, et elles n’ont pas été mises à jour depuis un certain temps. C’est un risque énorme pour les entreprises. » Au cœur de ces dispositifs sont les règles établies par l’ITAR (International Traffic in Arms Regulation), visant à contrôler les technologies qui sont considérées comme cruciales pour la sécurité nationale américaine.

A cet égard, le plus grand risque est lié à la question de la sécurité. « Le vol spatial humain reste dangereux et des tragédies surviennent même dans les programmes publics avec de multiples et coûteux niveaux de surveillance », note Mike Gruntman, professeur d’astronautique à l’université de Californie du Sud. « Nous avons perdu deux navettes spatiales (Challenger en 1986 et Columbia en 2003). L’espace est un métier dangereux, et des vies humaines seront perdues dans le futur. » La vraie question est de savoir comment le gouvernement répondra à un événement de ce type. « Cela provoquera-t-il un retour de bâton réglementaire, qui fera du vol spatial une entreprise exclusivement exploitée par le gouvernement ? »

Indépendamment de ces risques, on peut toutefois considérer que des raisons plus impérieuses imposent au secteur privé et aux autorités publiques d’unir leurs efforts pour pousser plus loin l’aventure spatiale. « Si nous continuons à sur-solliciter la planète, à détruire les océans et les forêts tropicales, qui sont nos usines à oxygène, notre civilisation court un risque », explique Michael Tomczyk. « Apprendre à vivre dans l’espace et sur d’autres planètes nous donne non seulement une voie d’évacuation mais, ce qui est encore plus important encore, cela nous enseigne comment vivre dans des environnements difficiles et hostiles, ce qui est aussi quelque chose dont nous pourrions avoir à nous inquiéter – plus tôt que nous le pensons. »

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Cet article a été originellement publié le 6 juin 2012 dans Knowledge@Wharton sous le titre « The Race for Space: The Potential Payoffs – and Risks – Are Big ». Copyright Knowledge@Wharton. Tous droits réservés. Traduit et republié sur autorisation.

 
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Le premier vol du cargo spatial privé Cygnus vers la Station spatiale internationale (ISS) est programmé pour le 5 avril 2013, selon une source au sein de l’industrie spatiale russe. Cette infographie de RIA Novosti présente les cinq types de cargos spatiaux existants.

INFOGRAPHIE

 
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Le coût de la vie sur Mars

La planète rouge fait rêver les scientifiques, les passionnés de science-fiction, quelques milliardaires allumés… et fait hurler les comptables. Les frais de voyage et de séjour d’un adulte solitaire sur Mars remettront vite les points sur i et les barres sur les $.

Transport. Le voyage aller vers Mars dans un engin aussi volumineux qu’une navette spatiale coûtera 100 milliards de dollars. Avec un véhicule SpaceX nettement plus petit, le tarif chutera à 36 milliards de dollars.

Loyer. Les coûts de l’hébergement dans un espace modulable de 120 mètres carré (intégré au véhicule de transport interplanétaire) oscilleront dans une fourchette de 150 à 267 millions de dollars par an.

Alimentation. Un ravitaillement annuel en nourriture et eau coûtera de 13 à 42 millions de dollars. La livraison et la mise en oeuvre d’une machine d’extraction et de traitement d’eau (à partir de la glace martienne) seront compris entre 4,6 et 15 millions de dollars. Pour 11,7 à 20,9 millions de dollars de plus, les outils, aménagements et ingrédients nécessaires au développement d’une agriculture auto-suffisante peuvent également être livrés.

Communication. L’envoi d’un message texte vers la planète bleue coûtera 0,04 $ soit deux à trois fois moins cher qu’un opérateur de téléphonie mobile. Toutefois, compte tenu de la distance Terre-Mars, le délai de transmission s’élève à une petite vingtaine de minutes. En l’état actuel de la technologie, la minute de communication téléphonique ou l’envoi d’un email s’éleverait à 209,71 $ et le visionnage d’une vidéo de 4 mn sur Youtube à 37 244 $.

Coût total du voyage et du séjour sur Mars pour un adulte seul : de 48 à 121 milliards de dollars sur une surface de 4,8 km carré.

Si le Pentagone dépensait l’intégralité de son budget (711 milliards de dollars), il enverrait chaque année 15 explorateurs sur la planète rouge… qui devraient sérieusement envisager une très inconfortable cohabitation avec de nombreux aventuriers dans de petits véhicules spatiaux afin de drastiquement réduire le prix du billet et les frais de séjour.

Saviez-vous que l’envoi du seul robot Curiosity (presque aussi volumineux qu’une Mini Cooper ou une Toyota Yaris) sur la planète rouge a coûté au total 1,8 milliard de dollars ? Si cette comptabilité et ces contraintes techniques n’amoindrissent point vos rêves martiens, alors lisez l’article Vous rêvez de devenir astronaute ? et consultez votre conseiller financier, votre médecin , votre psychologue et au besoin un homme de clergé…

 
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L’Iran va sélectionner des astronautes

Le 08/03/2013 à 14:46 | Par Stefan Barensky

Le directeur de l’Institut de recherche spatiale sur les systèmes astronautiques d’Iran, le Dr. Mohammad Ebrahimi, a annoncé que la premère sélection d’astronautes nationaux se déroulera en 2013 et 2014.

Dans un premier temps, deux des astronautes choisis effectueront des vols suborbitaux de 15 à 30 minutes jusqu’à 200 km d’altitude. Ces vols pourraient débuter dès 2016.

Par la suite, l’Iran envisage d’effectuer des mission orbitales habitées à partir de l’année persane 1397 (mars 2018/mars 2019).

Un vaisseau triplace serait en cours de développement, mais pour les premières missions les astronautes voleront en solo.

Selon le Dr. Ebrahimi, de nombreuses technologies restent à maîtriser pour parvenir à une capacité de vol habité notamment au niveau des ergols, de la puissance embarquée, des procédés de fabrication automatisés, des télécommunications, du suivi médical en vol, des opérations, de la simulation et de la rentrée atmosphérique.

Le 28 janvier, l’Iran a réussi à envoyer une capsule de 285 kg contenant un singe rhésus à 120 km d’altitude à l’aide d’une fusée sonde Pishgam, dérivée d’un missile à courte portée Fateh-110, et à la récupérer.

A ce jour, l’Iran ne dispose pas encore de lanceur capable de satelliser plus de 50 kg. Le lanceur Simorgh (100 kg sur orbite basse), équivalent du Unha-3 nord-coréen, devrait effectuer son premier vol cette année.

Le 5 mai 1961, l’astronaute américain Alan Sherpard a effectué un vol suborbital de 16 minutes à bord d’une capsule de 1280 kg propulsée par une version rallongée du missile Redstone qui avait précedemment servi comme premier étage du petit lanceur Juno-1, grâce auquel avait été lancé le tout premier satellite américain, Explorer-1 (48 kg), quarante mois plus tôt.

 
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Konstantin Tsiolkovski, philosophe russe de la conquête spatiale

Par Kevin LIMONIER*, le 3 mai 2013

Chercheur à l’Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII) et enseignant à l’université russe d’Etat de sciences humaines (RGGU, Moscou)

La figure de K. Tsiolkovski devient un outil de diplomatie culturelle pour la Russie contemporaine. Dans le monde entier, l’évocation de Tsiolkovski est devenue courante chez les partisans d’une reprise de la conquête spatiale qui, face à la crise, ne peuvent plus compter que sur des arguments qui confinent à l’onirisme philosophique. Alors que Vladimir Poutine a envisagé le 12 avril 2013 la prochaine création d’un ministère de l’Espace, il importe de mieux connaître K. Tsiolkovski.

Le secteur spatial russe

AINSI qu’on peut le lire sur la page du cluster espace du technoparc de Skolkovo – cette « Silicon Valley russe » voulue par Dmitri Medvedev pour relancer l’innovation russe – le secteur spatial constitue non seulement un patrimoine technique, mais également « culturel et spirituel pour la Russie ». Aujourd’hui, à l’heure où les russes construisent un nouveau cosmodrome dans l’extrême orient (qui doit à terme remplacer celui légendaire de Baïkonour, aujourd’hui situé sur le territoire du Kazakhstan et objet de multiples frictions diplomatiques entre Moscou et cette ancienne république soviétique d’Asie Centrale), et où les vaisseaux Soyouz sont désormais lancés depuis Kourou (France, Guyane), le secteur spatial russe est assurément à un tournant. Après avoir symbolisé pendant près de trente ans la puissance technologique de l’URSS tout en constituant un objet de fierté nationale et d’identification patriotique, les activités spatiales russes sont aujourd’hui clairement engagées sur la voie d’une diversification débutée au cœur de la crise des années 1990 – à une époque où, pour survivre, il fallait attirer les capitaux étrangers. Or, malgré la « mondialisation » de ses activités, ce secteur continue d’incarner une aventure représentée comme profondément russe, en cela que les postulats philosophiques sur lesquels se serait fondée la volonté soviétique d’atteindre les étoiles racontent une partie de l’histoire du pays et de son identité. Au-delà de l’héritage technique, c’est donc la sauvegarde de ce patrimoine culturel et « spirituel » qui est mise en avant au plus haut niveau politique – notamment à travers la figure de Konstantin Tsiolkovoski. L’itinéraire philosophique de celui qui est considéré comme le père de la conquête spatiale, ainsi que ses récupérations actuelles, permettent de saisir, au-delà du simple cadre soviétique, non seulement la valeur politique et culturelle contemporaine de ce domaine technologique, mais également certaines tendances lourdes inhérentes à l’idée d’un « renouveau » de la puissance russe et de ce qu’elle signifierait.

Qui était Konstantin Tsiolkovski ?

Konstantin Tsiolkovski est l’homme qui écrivit un jour « La Terre est le berceau de l’humanité, mais qui a envie de passer sa vie dans un berceau ? ». Cette phrase célèbre est l’oeuvre d’un ingénieur et philosophe qui, à l’image de Chateaubriand, traversa une révolution qui le condamna à l’impossible synthèse philosophique qu’imposèrent à lui les divers régimes politiques qu’il traversa, du tsarisme au stalinisme. Tsiolkovski fut d’abord un brillant scientifique, à qui l’on doit la célèbre équation éponyme (équation de Tsiolkovski), qui permet aujourd’hui encore de calculer la quantité d’énergie nécessaire pour libérer un projectile de l’attraction terrestre. L’homme est également à l’origine de l’une des premières tentatives de conception sérieuse d’un engin capable d’envoyer un homme dans l’espace – qu’il nomma pudiquement « vaisseau spatial ». Mais K. Tsiolkovski reste surtout célèbre pour ses travaux philosophiques sur le bien-fondé d’une aventure spatiale qu’il imagine en son temps, à la fin du XIX ème siècle. Il réalise alors une étonnante synthèse entre le positivisme occidental et la vielle tradition intellectuelle orthodoxe russe, à une époque où la Russie commençait enfin à maîtriser son immensité grâce aux nouvelles techniques (machine à vapeur, Transsibérien, télégraphe …). Depuis son adolescence, K. Tsiolkovski est habité par la conquête des astres. Celui-ci fut ainsi sensible à l’oeuvre d’Auguste Comte et aux infinies promesses du progrès, lorsqu’il rencontra celui qui devint son maitre à penser, Nikolai Fedorov. Bien connu des milieux intellectuels moscovites de la fin du XIX ème siècle, Fedorov formulait une pensée orthodoxe qui n’était pas sans rappeler la tradition intellectuelle des raskolniki (schismatiques vieux-croyants) et de leurs communautés utopiques où l’homme se libérait du péché originel par le travail quotidien de la sainte et âpre terre russe. Pour Fedorov, les progrès scientifiques devaient pouvoir un jour permettre la réalisation d’un paradis où l’humanité aurait la capacité de ressusciter ses morts, à l’aune d’un transhumanisme qui assurerait l’immortalité et la transcendance. Habité par son rêve de colonisation de l’espace, Tsiolkovski s’empare de cette philosophie eschatologique dite « cosmiste » en l’appliquant à la colonisation de l’espace et en évacuant une référence religieuse qui demeure cependant au centre de ses réflexions sous la forme d’un messianisme scientifique où la figure de Dieu est remplacée par celle d’un nouvel alpha et omega, l’atome. La conquête d’un univers en puissance entièrement décodable devait mener l’homme à un nouveau stade de son évolution qui n’est pas sans rappeler le surhomme de Nietzsche : « c’est dans la conquête des galaxies que la perfection sociale et intellectuelle de l’humanité sera atteinte », écrivait Tsiolkovski.

Un allié de circonstance du régime soviétique

Après la révolution bolchévique, Tsiolkovski est récupéré de force dans les années 1920 par un régime qui voit en lui un homme doublement utile. D’abord, le nouveau pouvoir a besoin d’ingénieurs visionnaires pour réaliser ses premières armes balistiques sous l’impulsion du maréchal Tukhatchevskij. Mais surtout, le Parti comprend vite que le providentialisme scientiste de Tsiolkovski est soluble dans le matérialisme dialectique marxiste, pour peu que l’on se donne la peine d’intimider et de flatter ce petit instituteur de province que le monde académique de l’époque impériale avait toujours tenu pour un farfelu. En lui allouant une confortable pension à vie en 1923, le régime Bolchévique trouve en Tsiolkovski un allié idéologique de circonstance qui produisit jusqu’à sa mort en 1935 un nombre considérable d’ouvrages et d’articles sur la conquête spatiale. A l’époque, la finalité d’une telle démarche résidait d’une part dans la vulgarisation, mais surtout dans la légitimation idéologique des nouvelles avancées techniques de l’URSS (aviation, expéditions polaires) et de la refondation totale du territoire d’un Etat qui se présentait comme le foyer d’une utopie en devenir. Les discours sur la conquête spatiale chez Tsiolkovkski devinrent par exemple utiles dans le cadre de la colonisation de la Sibérie, ce « ventre mou » de la forteresse stalinienne du socialisme assiégé.

K. Tsiolkovski, le retour

Oubliée durant la Seconde Guerre mondiale, l’oeuvre de Tsiolkovski resurgit dans le paysage propagandiste de l’URSS avec les exploits de Spoutnik 1 et de Youri Gagarine. Cette fois-ci, le savant de Kalouga devient une icône opportune pour illustrer ces gloires récentes et convoquer un héroïque « père fondateur ». A l’époque, le véritable maître d’oeuvre du programme spatial soviétique, Serguei Korolev est encore dans l’ombre que lui impose le secret des puissants. Célébré en Union Soviétique, Tsiolkovski a l’avantage de l’être aussi de l’autre côté du Rideau de fer, favorisant par là la construction d’une image pacifiste pour le programme spatial soviétique. La littérature de science fiction occidentale (Arthur Clarke, Isaac Asimov …) puis le New Age des années 1970 permettent à cette icône de dépasser les frontières du monde socialiste et de prendre une dimension mondiale. Les préoccupations éthiques nées au sein d’une communauté scientifique internationale qui prédit une colonisation permanente de Mars d’ici l’an 2000 favorisent également un dialogue Est-Ouest informel où Tsiolkovski a constitué un point commun de connaissance et de valeurs, notamment entre Iosif Shklovski et Carl Sagan (fondateur du programme SETI de recherche d’une éventuelle intelligence extraterrestre).

K. Tsiolkovski, élément de diplomatie culturelle russe

Aujourd’hui [2013], alors que la perspective d’une colonisation de Mars est devenue plus incertaine et que l’URSS s’est écroulée, la figure de Tsiolkovski devient un outil de diplomatie culturelle pour la Russie contemporaine. Dans le monde entier, l’évocation de Tsiolkovski est devenue courante chez les partisans d’une reprise de la conquête spatiale qui, face à la crise, ne peuvent plus compter que sur des arguments qui confinent à l’onirisme philosophique. Au moment où la Russie investit considérablement dans l’infiniment petit (nanotechnologies) et tente de pérenniser son accès à l’infiniment grand (programme spatial), le providentialisme transhumaniste de Tsiolkovski trouve écho dans certains cercles académiques et scientifiques russes tels que ceux réunis autour du grand projet « Russie 2045 » dont l’un des objectifs est de télécharger un cerveau humain sur ordinateur d’ici 2045. Les problèmes éthiques soulevés par un tel projet montrent alors bien toute l’actualité de la pensée de Tsiolkovski, à un moment où la Russie se cherche une doctrine scientifique qui replacerait le pays au rang des grandes puissances productrices de sens et de nouvelles légitimités.

Source : DIPLOWEB

 
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je viens de lire Shenzhou : les Chinois dans l’espace de Philippe Coué. Je conseille ce livre à toute personne s’intéressant à l’exploration spatiale.

 
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C’est pas sorcier -VOL EN IMPESANTEUR

 
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Thomas Pesquet, futur astronaute français, sera en 2016 à bord de la station internationale, l’ISS – 24-03-2014

Il n’a que 36 ans, il est né en 1978 à Rouen, a passé son enfance à Dieppe et se souvient de la plage de galets et des bains dans la mer à 13° qui vous donnent la forme. Son CV est déjà bien épais. Il a fait d’abord des études d’ingénierie aéronautique et spatiale à l’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace de Toulouse.
Thomas Pesquet a ensuite été salarié du CNES à Toulouse de 2002 à 2004 puis il choisit le programme de formation de pilote cadet d’Air France et devient copilote sur l’A 320 jusqu’en 2009. Cette année là, il se présente à la sélection du corps des astronautes de l’ESA.
Ils sont 8 330 comme lui qui rêvent de devenir un « travailleur de l’ Espace ». Finalement, c’est lui qui l’emporte !

Cette sélection d’un jeune Français qui volera bientôt dans l’espace, appelle quelques commentaires. Tout d’abord, la station internationale un moment condamnée à mort par des économies décidées par le Congrès américain a obtenu un délai de grâce jusqu’à au moins 2024. La NASA a finalement décidé de la conserver tout en élargissant la base de ses utilisateurs institutionnels et privés et de l’utiliser comme banc de tests technologiques. Elle pourrait aussi préparer certaines des prochaines étapes de l’exploration spatiale. Du coup, l’ISS que l’on nous décrivait comme prête à tomber en lambeaux pourrait, selon un porte-parole de la NASA, rester au-dessus de nos têtes jusqu’en 2028 !

Penchons-nous sur le destin de ce jeune homme qui a toujours rêvé d’aller dans l’espace et qui n’hésite pas à dire et à redire : « Dans le domaine de l’exploration spatiale, il faut croire à la science-fiction. Moi j’y crois depuis que je suis tout petit ». La lecture de « Objectif Lune » des aventures de Tintin le renforce dans sa détermination, il sera astronaute. « La mission Apollo a prouvé 15 ans après la faisabilité d’un tel voyage ». Le benjamin des astronautes français trouve aussi qu’il arrive au bon moment dans ce métier.
Vers 2025 on devrait voir partir la 1ère mission habitée vers un astéroïde. 5 ans plus tard vers 2030, il imagine la 1ère mission vers Mars et sans qu’il le dise, on sent qu’il en ferait bien partie.

En attendant, Thomas devra faire le travail habituel de la station c’est à dire la recherche scientifique au sens large. « Il participera à des expériences, explorera les domaines de la recherche sur l’homme, la biologie, les matériaux ou le développement technologique ». Là je cite un communiqué commun signé du ministère du développement supérieur de la recherche, du CNSE et de l’ESA. C’est la phrase type qu’on nous sert à chaque mission spatiale. Pourquoi ces 3 organismes ne sont-ils pas plus précis et ne nous donnent pas des exemples concrets ?

Voilà 6 ans qu’un Français, c’était Léopold Eyharts en 2008, n’avait pas pris le chemin de l’espace. Ce sera chose faite en 2016. Nul doute que pour une fois les télévisions françaises feront des directs pour montrer le cérémonial qui sied à tout départ dans l’espace, toujours impressionnant. Quelques instants plus tard Thomas Pesquet sera installé en haut d’une grosse fusée Soyouz pour aller rejoindre son bureau spatial qu’il ne quittera qu’en mai 2017. C’est ce qu’on appelle une mission de longue durée

Espace toujours, Ariane 5 a signé, dans la nuit de vendredi à samedi, son 59eme succès d’affilée. Deux satellites ont été mis à poste : d’abord l’ Astra 5B, un gros engin de 5,7 tonnes qui va offrir des services de télédiffusions directes et d’alimentation des réseaux de TNT en Europe. Le client est un vieux client d’Arianespace : il s’agit de la SES, société européenne des satellites. Son compagnon de voyage Amazonas 5A va servir à diffuser des télécommunications sur toute l’Amérique du Sud pour le compte de l’opérateur Hispasat. Les 2 satellites sont prévus pour travailler 15 ans dans l’espace. J’adresse des sincères remerciements à notre confrère du Journal du Dimanche qui a donné l’information. ( Une brève en page 18) . A tous les autres qui ont ignoré la nouvelle, je dirai simplement qu’un lancement, surtout réussi, est toujours un événement.

La chronique AeroMorning de Gérard JOUANY

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