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Bonjour
Qui pourrait m’expliquer pourquoi la Russie a commandée 4 BPC à la France?

 
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Bonjour à toutes et à tous,

… c’est quoi un BPC? Un drone?

Gilles.

 
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Salut,

L’état des chantiers navals russes est très mauvais, ils ont perdu tout leur savoir-faire de construction de grosses unités depuis la fin de l’ère soviétique. Ils ont lancé de grands projets de modernisation mais ça va prendre des années et des années pour retrouver l’expérience d’antan. Le fait d’acquerir ces batiments et de voir comment bossent les français (et coréens) va accélérer un peu le processus et combler leur retard un peu plus rapidement.

A+

 
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@excalibur wrote:

Bonjour à toutes et à tous,

… c’est quoi un BPC? Un drone?

Gilles.

BPC = Bâtiment de projection et de commandement… Ex classe Mistral française vendue à quatre ex à la Russie.
C’est un navire porte hélicoptère avec aussi une capacité interne pour quatre chalands de débarquement lourd.

 
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Hip3rion, tu ne répond pas exactement à ma question
Après l’éclatement de l’URSS, la Russie a perdu beaucoup de savoir-faire militaire, je suis donc d’accord avec toi
Mais la Russie a-t-elle vraiment besoin de ce genre de navires alors que, à ma connaissance, elle n’en a jamais possédés?
Quelle est son intéret à utiliser ces BPC?

 
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Autant pour moi, l’URSS avait l’Ivan Rogov
Mais ma question tient toujours, car passer de un à quatre …

 
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Tu as la réponse un peu plus loin sur le lien de Reme :

Pourtant, le besoin pour ce type de navire s’est fait ressentir lors de la guerre contre la Géorgie en 2008 où il aurait permis de débarquer rapidement des forces conséquentes d’Infanterie de Marine tout en les appuyant avec ses hélicoptères embarqués. Moscou, qui souhaite également réaffirmer sa présence navale sur tous les océans du globe, a donc lancé un programme d’acquisition de nouveaux bâtiments amphibies.

Source : le lien de Red-star un peu plus haut.
Pour le 1 à 4 : la Russie se réarme, tout simplement 🙂

 
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… et ben, ça ne ressemble pas beaucoup à des avions, ça…

Gilles.

 
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C’est un porte-hélicoptère quand même…le BPC fait aussi hôpital militaire, transport de troupes, de chaland de débarquement, de matériel, PC embarqué.

Un pays qui a des ambitions doit être capable de déployer une force aéroterrestre n’importe où, ce que permet de faire un BPC et un PA. La Russie ayant déjà un PA, il ne lui manque plus que le BPC pour se déployer efficacement. Ceci dit, seulement 4 pour un pays de cette taille, c’est peu. Ca veut dire deux en mer Noire et deux à Mourmansk ou en Asie.

 
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Je constate que Jorg à une vision pertinente de la chose militaire 😮
Cela promet de bien belles discussions 😀

 
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En même temps…je suis mili.

 
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@pascalou wrote:

Bonjour
Qui pourrait m’expliquer pourquoi la Russie a commandée 4 BPC à la France?

Pour faire rentrer des sous dans les caisses de l’état, tout simplement. 😆 😆 😆
Ce que je veux dire, c’est que : Je me contrefiche de savoir si la Russie (ou un autre pays) à besoin de ce qu’elle achète, du moment que cet achat se fait au profit de la France. (Surtout que, concernant les BPC, ils les ont achetés plus chers que nous, tant-pis pour eux, tant-mieux pour nous…) 😛 😆 😆

 
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Récemment, la marine canadienne a émis le souhait d’acquérir deux « Navires de soutien interarmées » (NSI) afin de remplacer ses ravitailleurs de la classe Protecteur.

Les specifications de ces bâtiments, espérés pour 2017, précisent qu’ils devront être en mesure de « ravitailler les groupes opérationnels navals », de « transporter des quantités limitées de provisions et de matériel » et de « fournir un support aux unités déployées en théâtre opérationnel ».

En outre, ces NSI devront être assez grand pour accueillir l’état-major d’une force opérationnelle interarmées ainsi qu’un hôpital. Ils pourraient être également utilisés dans le cadre d’opérations d’évacuation de ressortissants. Quant à leurs équipages, ils ne devraient pas « excéder » 165 marins.

Le processus de sélection de ce type de navire se fera dans le cadre de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (SNACN). Un concept de navire sera développé nationalement et il sera mis ensuite en compétition avec deux autres modèles de bâtiments en service au sein de marine d’un pays appartenant à l’Otan. Une équipe sera chargée de faire des évaluations des bateaux et déterminera lequel conviendra le mieux aux besoins canadiens, en fonction des modifications qu’il faudrait éventuellement leur apporter.

Et si l’on en croit les informations du quotidien La Tribune, le Canada aurait exprimé « un très fort intérêt » pour le bâtiment de projection et de commandement (BPC) français de type Mistral, dont la Russie vient de commander deux exemplaires (plus deux autres en option).

Toujours d’après le journal, DCNS, qui fabrique le BPC en collaboration avec STX France à Saint-Nazaire, serait en tournée de prospection au Québec afin de trouver un chantier naval pour l’associer à un éventuel contrat, lequel pourrait être signé en 2012.

Je vous l’accorde, on parle d’un bateau, mais c’est un porte-hélicoptère…entre autres. Ca se vend mieux que le Rafale!

 
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@simon wrote:

@pascalou wrote:
(Surtout que, concernant les BPC, ils les ont achetés plus chers que nous, tant-pis pour eux, tant-mieux pour nous…) 😛 😆 😆

ils les ont
achetés plus cher car dcns doit les transformer en brise glace rudimentaires et de plus faire des adaptations pour le matériel russe puis il y a aussi le prix de la remise a niveau de l’outil russe pour construire une partie des bpc en russie (20% pour le premier et 40% pour le deuxième)

 
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France, Russie, le partenariat s’impose

« Polemos pater panton » par Philippe Migault

La visite de Jean-Marc Ayrault à Moscou est l’occasion de faire avancer quelques dossiers essentiels, ceux de la coopération franco-russe en matière d’armement.

La récente mise à l’eau du Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) Vladivostok à Saint-Nazaire a été saluée avec enthousiasme à Moscou comme à Paris. Il faut à présent transformer l’essai, renforcer les liens. Il en va de l’intérêt de la France et la Russie.

De la France parce que les restrictions drastiques du budget de la défense engagées par le gouvernement Sarkozy, aggravées par l’administration Hollande, sont en train non seulement de détruire l’instrument militaire français mais aussi de briser notre industrie de défense. Cette dernière, confrontée à un marché domestique réduit à la portion congrue, est contrainte pour survivre de trouver son salut à l’export. Elle ne peut le faire que sur un nombre de marchés réduits, notamment en Russie.
Celle-ci, engagée dans un très ambitieux programme de réarmement et de modernisation de ses forces armées ne pourra pas atteindre les objectifs annoncés à l’horizon 2020. Il ne suffit pas d’investir des centaines de milliards d’euros pour mettre instantanément en ordre de marche une industrie de défense lourdement impactée par les dix années d’abandon qui ont suivi la disparition de l’Union Soviétique. L’aide française peut être précieuse.

En France comme en Russie, la perspective d’une telle collaboration suscite de nombreuses réactions hostiles.

Elles sont essentiellement d’ordre politique chez nous. Nombre de responsables français –diplomates, militaires – n’ont toujours pas compris que la guerre froide était finie depuis vingt ans et que la Russie n’est pas l’Union Soviétique. Soucieux de ménager les Etats-Unis, redoutant de s’attirer les foudres d’une presse et de nombreuses ONG russophobes, ces cadres néo-conservateurs –minoritaires mais influents – souhaitent limiter au maximum la coopération franco-russe ou du moins la conduire le plus discrètement possible.

En Russie les opposants à ce partenariat sont clairement identifiés. Il s’agit essentiellement des industriels russes de la défense et de leur ministère de tutelle, hostiles à une pénétration de leur marché domestique par les Européens et notamment les Français. Les militaires russes, en revanche, n’hésitent pas à critiquer vertement la qualité des matériels qu’ils perçoivent de leur industrie et sont partisans d’acquérir sur étagère les systèmes d’armes que leurs entreprises ne sont pas en mesure de leur fournir.
Bien entendu il convient d’affiner cette première analyse. La pluralité des opinions est la règle aussi bien dans l’armée que dans l’industrie de défense russes.

De nombreux ingénieurs russes qui collaborent avec les entreprises françaises, Thales, Turbomeca, Snecma, Sagem, DCNS…sont conscients de l’apport français en matière de gestion des programmes d’armement mais aussi de créations d’emplois. (1)

Bien des militaires russes, fréquemment – et à tort – qualifiés de « représentants de la vieille garde », expriment de fortes réticences vis-à-vis des importations d’armement pour leurs forces. Ces achats, soulignent-ils, risquent de remettre en cause l’autonomie stratégique russe. Ils rejoignent en cela leurs compatriotes industriels qui redoutent la perte de savoir-faire nationaux, la disparition de certains secteurs spécialisés avec les conséquences sociales afférentes.

Ces réactions sont parfaitement légitimes. La France a rigoureusement la même vision que la Russie en matière d’autonomie stratégique. Et nos industriels ont su jouer de leur influence afin d’imposer le Rafale lorsque les Américains proposaient leur avion de combat F-18 à la marine française.
Mais nécessité fait loi. Face à l’industrie de défense américaine il faut impérativement que demeure une alternative pour les Etats soucieux de se doter des moyens militaires assurant la sauvegarde de leur indépendance. Les Britanniques sont totalement inféodés aux Américains. Allemands et Italiens, très atlantistes, ne sont plus concurrentiels que sur quelques segments. Les Chinois accusent encore quelques décennies de retard sur certaines technologies cruciales. Inutile d’évoquer les Indiens…Seules la France et la Russie conjuguent aujourd’hui vision politique multipolaire et capacités industrielles leur permettant de produire la quasi-intégralité des systèmes d’armement. Leur intérêt, indépendamment des problématiques de rivalités à l’export, largement exagérées et sur lesquelles nous reviendrons dans une prochaine chronique, est de collaborer afin de demeurer concurrentielles et de sauvegarder un pôle d’excellence en matière d’armement en mesure de rivaliser avec le complexe militaro-industriel américain.

A défaut le pilier sur lequel se sont bâties soixante-dix années de paix depuis 1945, l’équilibre stratégique, sera fragilisé.

(1) Les salariés russes représentent la très grande majorité des joint-ventures russo-françaises.

Philippe Migault est Directeur de recherche à l’Institut de Relations Internationales et stratégiques (IRIS). Ses principaux domaines d’expertise sont les questions diplomatiques et stratégiques, les conflits armés et industries de l’armement.

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