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Rafale : le rêve canadien de Dassault

Le 09/01/2013 à 14:36 | Par Guillaume Steuer

En ces temps de morosité ambiante, un peu d’optimisme n’a jamais fait de mal à personne. Alors que la presse indienne rapporte que le contrat indien pour la vente de 126 Rafale pourrait mettre plus de temps que prévu à être finalisé, le nouveau pdg de Dassault Aviation Eric Trappier a confié hier au journal Les Echos qu’il y avait « un coup à jouer » au Canada, pays qui a récemment remis en cause l’achat du F-35 américain. Mais le Rafale a-t-il vraiment ses chances en Amérique du Nord ?

Depuis les premières heures de la guerre froide, la force aérienne canadienne a toujours été étroitement intégrée à l’US Air Force dans le cadre d’une posture de défense aérienne visant à protéger le territoire américain d’incursions de bombardiers soviétiques venus du grand Nord. Une mission remplie grâce à des intercepteurs achetés auprès de Washington, et souvent assemblés localement : F-86, F-101, F-104, F-5…

Aujourd’hui, ce sont des F-18C/D Hornet qui forment l’ossature de l’aviation de combat canadienne, avec une centaine d’appareils opérationnels. Des avions auxquels Ottawa cherche désormais un remplaçant, afin de préparer leur retrait de service initialement prévu pour 2020.

Difficile donc, à première vue, de s’émanciper de cette tutelle américaine. Le 7 janvier, le Pentagone rappelait ainsi que Washington et Ottawa travaillent ensemble pour « déterminer les capacités qui seront nécessaires afin faire face aux défis et aux menaces émergents des décennies à venir ». Ces réflexions s’inscrivent dans un plan baptisé « Norad Next », qui vise à redéfinir les priorités opérationnelles du célèbre North American Aerospace Defense Command. Une structure de coopération historique qui s’accommoderait sans doute bien mal de l’intégration d’un système d’armes qui ne serait pas « made in USA »…

Si Ottawa souhaite rester sous l’influence américaine tout en trouvant une alternative au coûteux F-35, ses options sont limitées. La plus crédible reste celle d’un achat du F/A-18E/F Super Hornet, produit en grande série par Boeing pour l’US Navy, et qui présente l’avantage d’être immédiatement disponible, avec des coûts d’acquisition et d’exploitation parfaitement connus et maîtrisés. L’autre chasseur américain encore en production, le F-15E, affiche des coûts supérieurs tant en termes d’acquisition que d’exploitation, et semble quelque peu surdimensionné par rapport aux besoins canadiens.

Quoiqu’il arrive, ces derniers devront être précisés. Pour ouvrir une compétition en bonne et due forme, Ottawa devra forcément mettre au point un cahier des charges « officiel » et dépasser la simple affirmation qui prévalait jusqu’alors, selon laquelle le F-35 était « le seul avion de combat capable de répondre aux besoins canadiens ». Si le Canada est prêt à échanger un peu de furtivité radar contre des capacités multirôles éprouvées et à un coût maîtrisé, le F-35 n’a que peu de chance d’émarger en tête de ce futur appel d’offres.

 
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Et pourquoi pas un Rafalou à l’accent canadjien ? On peut encore rêver en 2013 😀

Merci pour l’info me262.

 
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… les canadiens n’ont ils pas – comme les autres pays participants – dépassé un point de « non retour » financièrement ?

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