foynes-flying-boat-museum-musee-8
La tour de contrôle et l’aérogare à l’époque

Il y a deux raisons pour connaître la petite bourgade de Foynes en Irlande. La première est que vous êtes au fait de l’histoire si particulière des Clippers de la PanAm. Si vous connaissez un tant soit peu le Boeing 314, ou l’épopée de la célèbre compagnie Pan American World Airways, le nom de Foynes et l’estuaire de la rivière Shannon en Irlande ne peuvent vous être inconnue.

L’autre raison est que vous avez peut-être lu le roman « La nuit de tous les dangers » de l’écrivain gallois spécialisé dans les romans d’espionnage et historiques, à savoir Ken Follet. L’intrigue se déroulant quasi exclusivement dans le luxueux hydravion de la Pan American durant ce qui est le dernier vol commercial vers l’Amérique, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. L’étape de Foynes y est importante dans le récit puisqu’il s’agit du dernier point avant la traversée de l’Atlantique. Un livre que tout passionné d’aviation devrait avoir dans sa bibliothèque.

Pour ma part, les deux raisons sont parfaitement valables. Donc de passage en Irlande, une étape à Foynes était indispensable. Ce port, situé dans le comté de Limerick en République d’ Irlande et sur la rive sud de l’estuaire du Shannon, a servi de rampe de lancement pour les vols transatlantiques. Et la ville a réussi à conserver trace de ce passé glorieux, qui malheureusement prendra vite fin à la fois à cause de la guerre et des progrès réalisés dans le transport aérien durant cette période. L’hydraviation de transport commercial n’y résistera pas non plus.

FAMM-RGB-web1-1Donc, dans ce qui est l’ancienne aérogare de l’époque, se trouve le Foynes Flying Boat & Maritime Muséum : un musée dédié à l’hydravation à Foynes, mais aussi à celui du port maritime. En effet, durant les années 30 et 40, cet endroit fut considéré comme l’un des principaux aéroport civil d’Europe. Servant de plateforme aux hydravions de la PanAm et de la BOAC (ex-Imperial Airways), il fut une importante plaque tournante du trafic aérien transatlantique alors en plein démarrage.

Il faut savoir que le choix de Foynes est lié au retard pris dans la construction de l’aéroport international de Shannon dont le lieu avait été choisi pour être le point d’entrée des vols entre l’Amérique et l’Europe par les ingénieurs américains. Situé au bout du gigantesque estuaire de la rivière éponyme (et facilement reconnaissable par les pilotes), l’actuel aéroport irlandais devait capté le futur trafic transatlantique. En attendant sa construction et l’arrivée d’avions suffisamment adaptés, Foynes brillera sous les feux des actualités de l’époque pendant quelques années.

Dans ce petit musée (ou plus précisément à l’extérieur), la pièce principale est une reproduction à l’échelle 1:1 d’un Boeing 314 Clipper que l’on peut visiter. On peut se balader dans les parties passagers (salons, couchettes, cabines…) comme dans les parties de l’équipage (cockpit, soutes…). Même s’il ne s’agit que d’une reproduction, cela permet de se rendre compte des conditions de ce voyage exceptionnel en 1939.

Pour le reste, les anciens locaux de l’aérogare servent à présenter la collection qui regroupe le matériel de transmission, les tenues des personnels navigants ou au sol, les objets de l’époque, les affiches… L’approche très didactique permet au commun des mortels comme au plus jeune de comprendre l’histoire du lieu et de l’hydraviation de transport. On peut profiter de la vue sur l’estuaire et le port en montant dans l’ancienne tour de contrôle, en passant au premier étage par le musée maritime.

L'Irish Coffe Hologram
Le « Irish Coffe Hologram« 

Enfin, le dernier point important à souligner sur ce lieu : c’est la création de l’Irish Coffee. Et oui c’est à Foynes et dans ce même aérogare que fut inventé l’excellent breuvage irlandais. L’histoire veut qu’après un retour au bercail d’un vol repoussé par des conditions climatiques détestables, la responsable de l’escale (une femme déjà à l’époque), voulant remonter le moral des passagers et faire baisser la tension dans la salle d’attente, ordonna au barman de leur préparer un café « spécial ». Ce dernier par une inspiration presque divine donna naissance à l’Irish Coffee (pour rappel : café + crème + sucre + whisky). Le musée et la ville en sont tellement fiers que vous avez droit, dans un bar virtuel, à une représentation holographique de cette scène historique.

Donc si vous passez dans le coin, je ne peux vous conseiller que de faire cette petite escale fort sympathique. A noter également qu’il n’y a pas foule même été et que l’accueil y est très chaleureux (comme toujours avec les irlandais d’ailleurs). Pour preuve, la responsable nous a réservé (ma famille de 4) pendant près de 20 mn l’exclusivité de l’auditorium pour visualiser le film explicatif en version française. Une gentille attention à notre égard.

1 COMMENTAIRE

  1. Ça donne très très envie d’aller y faire un tour la prochaine fois que je serais dans le pays. Je ne connaissais même pas le nom de ce musée.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom