Affiche officiel de l'exposition.
Affiche officiel de l’exposition.

Disons le clairement, les gens de chez Dassault Aviation savent garder un secret. L’exposition MB-152 qui s’est tenue à Saint-Cloud en banlieue parisienne du 17 au 19 décembre 2013 l’a été dans le plus grand secret, et pour cause elle était réservée aux personnels de l’entreprise et à quelques invités triés sur le volet. Fort heureusement AvionsLégendaires en était.

Le thème de cette exposition traitait de l’aventure technologique du Bloch MB-152, le premier avion de combat conçu et réalisé par Marcel Dassault et construit en grande série, à hauteur de 550 exemplaires. Cet avion fut, comme nombre d’entre nous le savons, le principal avion de chasse de l’Armée de l’Air lors de la bataille de France de 1940 contre les chasseurs et bombardiers de la Luftwaffe. Il faut savoir qu’actuellement aucun MB-152 n’est préservé dans le monde, et pour cause, il ne semble plus en exister que des pièces détachées.

Depuis trois ans donc une équipe d’ingénieurs aussi pointus que passionnés travaillent à la reconstruction (très partielle reconnaissons le) d’un de ces avions. Mais surtout ils ont largement étudié les méthodes de travail dans les années 30. Leur mission a été rendue encore plus délicate par la disparition pleine et entière de toutes cotes techniques de l’époque. Les ingénieurs avaient donc des plans sans connaitre exactement les dimensions de chaque élément. Dès lors c’est une véritable enquête aéronautique qui s’est engagée, sorte de Cluedo géant sans assassin mais aux nombreux indices.

Et dans cette enquêtes les personnels de chez Dassault ont reçu une aide précieuse en la personne des bénévoles de l’Association Normande du Souvenir Aérien 39/45 qui leur a remis une aile droite quasi complète, un important morceau de tronçon arrière (avec le patin d’atterrissage), ainsi qu’un élément complet de train d’atterrissage. Ces « reliques » (pour utiliser un terme cher aux ingénieurs engagés dans l’opération MB-152) provenaient d’un avion abattu en 1940 par la chasse allemande. Pour le reste le Musée de l’Air et de l’Espace avait prêté un magnifique moteur en étoile Gnome & Rhône 14 spécialement adapté aux explications didactiques. Une maquette était également sortie du Bourget.

Le tronçon T5 avec le patin d'atterrissage d'origine, véritable pièce maîtresse de l'expo.
Le tronçon T5 avec le patin d’atterrissage d’origine et un morceau du plan horizontal, véritables pièces maîtresses de l’expo.

Mais reconnaissons le ces ingénieurs ont bien fait les choses, et pour cause. Toute l’exposition se trouvait en condition de réalité augmentée dernier cri, au moyen de tablettes numériques spécialement équipées de caméra. Le rendu était franchement bluffant. En regardant la tablette on avait face à soi un Bloch MB-152 tel que les pilotes allemands pouvaient le rencontrer dans nos cieux. Les mitrailleuses tiraient même en rafales.

Au final, une exposition de qualité, pas forcément à la portée des béotiens et autres néophytes, mais profondément passionnante pour quiconque à la moindre petite connaissance aéronautique. Pour moi ça a surtout été l’occasion de me faire une idée de la taille réelle de cet avion que je croyais (assez bêtement d’ailleurs) nettement plus petit qu’il n’était. Ça a aussi été l’occasion de rencontrer des ingénieurs passionnés par leur métier, et donc forcément passionnants. D’un certain côté, ils réussissaient même à voler la vedette à leur chef d’œuvre, cette exposition vraiment hors du commun.

3 COMMENTAIRES

    • On oublie souvent que Marcel Bloch a aussi été un grand artisan de l’aviation civile durant l’entre-deux-guerres. Il n’a pas conçu que des avions militaires. Et il continua après guerre en tant que Marcel Dassault.

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