Lors de mon périple irlandais, un passage dans le Connemara était une étape incontournable. Même si Michel Sardou nous a longtemps suriné que les lacs de cette région étaient magnifiques, la côte est d’une splendeur incroyable. C’est d’ailleurs sur cette côte irlandaise à quelques kilomètres de Clifden, que se trouve un site aéronautique ayant une très haute valeur historique et symbolique. En effet, c’est sur l’extrême côte ouest de l’Irlande que les aviateurs britanniques John Alcock et Arthur Whitten Brown ont terminé le premier vol sans escale transatlantique en 1919.

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Le Vickers Vimy au départ de Terre-Neuve

A bord de leur bombardier Vickers Vimy IV, ils sont partis de Terre-Neuve le 14 juin 1919 en fin d’après-midi,  transportant avec eux quelques sacs de courrier avec la ferme intention de gagner l’Europe d’un seul trait. Ils ont touché terre à Clifden à 8 h 40 le 15 juin après avoir parcouru les 3500 km en 15 heures 57 minutes, à une vitesse moyenne de 220 km/h.

Ce vol a, à plusieurs reprises, failli tourné au désastre à cause de problèmes de moteur, du brouillard, de la neige et de la glace.Grâce aux sorties répétées du lieutenant Brown sur les ailes pour enlever la glace formée aux entrées d’air des moteurs, le biplan à pu poursuivre sa route. Mais la dextérité du pilotage du capitaine Alcock a sauvé l’équipage malgré des conditions de visibilité extrêmement réduites quelquefois et malgré la neige qui s’accumulait dans l’habitacle ouvert du cockpit.

L'avion après son "atterrissage" dans la tourbière irlandaise
L’avion après son « atterrissage » dans la tourbière irlandaise

L’avion n’a pas réellement atterri en Irlande. Il s’est plutôt « vaché » (comme on dit dans le milieu) en raison d’une tentative d’atterrissage dans ce qui semblait être un champ convenable, mais qui s’est avéré être la  tourbière de la campagne irlandaise. Le Vimy a été très endommagé à l’arrivée, malgré tout, aucun des deux hommes n’a été blessé. Les images de l’époque montrent le Vickers Vimy en mauvais état, son train s’étant enfoncé lourdement dans la tourbière déformant dans ce « presque crash » la structure ailaire et le fuselage du biplan britannique.

Le capitaine John Alcock et le lieutenant Arthur Whitten Brown
Le capitaine John Alcock et le lieutenant Arthur Whitten Brown

Ce sont pourtant eux qui, huit ans avant Lindbergh, ont réussi la première traversée transatlantique sans escale en avion. Un exploit qui leur a valut d’être récompensé par Winston Churchill et d’être considérés comme de véritables héros. Ils ont été faits chevaliers au palais de Buckingham par le roi George V quelques jours après. Une prouesse injustement oubliée car en posant son Spirit of Saint Louis sur l’aéroport du Bourget le 21 mai 1927, éclipsera l’exploit de deux aviateurs anglais dans l’esprit du public.

Le « Alcock and Brown Landing Site » est donc un lieu commémoratif situés aux abords de Clifden. Un monument blanc en forme de dôme marque leur point exact de leur atterrissage. On le découvre après avoir traversé des montagnes de tourbe, ce qui n’est pas le moindre intérêt de la visite. En hommage, un second mémorial en forme d’un empennage d’avion a été bâti sur la colline Errislannan, à moins de 2km au nord de la zone d’atterrissage officielle. Il est situé dans l’axe de leur arrivée sur le sol irlandais et son sens pointe directement sur l’autre monument.

Le mémorial situé sur la colline
Le mémorial situé sur la colline

Les accès aux 2 monuments sont gratuit. Ils devraient passionnés les amateurs d’aviation même s’il n’y a pas grand-chose à voir, l’émotion restant intacte.

En même temps vous pourrez traverser le site du centre de transmissions sans fil de Guglielmo Marconi qui permettait de télégraphier de l’Europe à l’Amérique du nord, par la station jumelle de Glace Bay en Nouvelle-Écosse. Malheureusement, il ne subsiste rien de l’immense bâtiment du condenseur, ni de la station électrique avec ses 6 chaudières, ni du massif système de transmission aérien composé de 8 mâts en bois, de plis de 70 mètres de haut, car la station Clifden a été attaqué par les forces républicaines en Juillet 1922.

Ce site n’est pas le seul hommage à la traversée d’Alcock et Brown. Une statue commémorative a été érigée à l’aéroport d’Heathrow à Londres en 1954 pour célébrer leur vol et leur avion reconstruit par la compagnie Vickers est exposé au musée de la Science de Londres.

7 COMMENTAIRES

  1. Et dire que j’ai fait mon voyage de noce dans le Connemara en passant à coté de ça. D’autant qu’on a fait une escale à Clifden. Doh!

  2. Je profite de cet article pour vous remercier de nous faire partager votre passion . Je suis votre site depuis longtemps . Histoire information tout est bon . Longue à vous et à votre passion
    Bien à vous .

    • Merci pour votre message, c’est exactement cela nous partageons notre passion commune. Chaque rédacteur bénévole peut publier à son envie et selon ces domaines de prédilection, chacun y trouve son compte. Bien à vous

  3. J’apprécie énormément ce type de reportages sur votre bloc. Ces reportages n’existent pas sur des blogs dédiés au monde maritime et militaire que je fréquente. Vos reportages constituent l’une des marques de commerce de votre blog. Je viens parfois  »tanné » (en avoir marre) de ces discussions qui se prolongent. Question à la rédaction « les lecteurs peuvent-ils envoyer un texte portant sur un lieux relié à l’histoire de l’aéronautique et qui est méconnu ou oublié? »

    • Bonjour Simon,

      Les lecteurs peuvent devenir rédacteurs s’ils le souhaitent et ont envie de partager leur passion aéronautique. Hormis Arnaud et moi qui sommes des « permanents » pour faire tourner le site au quotidien, les autres contributeurs n’ont publiés que certaines fois, ou d’autre comme Marcel le font régulièrement mais à leur rythme. Donc si tu veux te lancer, nous t’accueillerons chaleureusement.

      Tu peux consulter cette page pour avoir quelques infos : http://www.avionslegendaires.net/contacts/comment-devenir-redacteur/

      • Oui, je le veux! J’éprouve des difficultés avec l’informatique ayant trait au web notamment comment joindre des photographies à mon texte. J’ai quelques sujets en-tête, alors essayons cette expérience.
        Très cordiales salutations d’Outre-atlantique.

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