Nous avions évoqué précédemment l’appontage d’un MV-22B Osprey de l’US Marines Corps à bord du BPC Tonnerre, ainsi que le séjour prévu des avions français à bord de l’USS Bush. Nous verrons ici que l’interopérabilité des porte-avions des deux nations est progressivement montée en puissance au cours des campagnes.

Les premiers contacts des Rafale M avec le revêtement rugueux des porte-avions US furent succincts. Les centrales inertielles infrarouge des chasseurs Dassault dans leur version initiale F1, n’étaient pas compatibles avec les porte-avions US, car elles devaient se recaler sur le Charles de Gaulle. Ainsi les appareils français ont du se contenter de «touch an go» durant la campagne de 2005 sur l’USS Eisenhower, puis en 2007 sur l’USS Stennis.

L’évolution F2, fut équipée d’une nouvelle centrale inertielle GPS, capables de se recaler elle même. En juillet 2007, les Rafale ainsi équipés ont pu apponter et décoller à l’aide des brins d’arrêt et de la catapulte de l’USS Enterprise, accompagnés d’un E-2C Hawkeye de la flottille 4F.

Hawkeye français à bord de l’USS Enterprise. On distingue les modèles français de leurs homologues US notamment par l’ancre de marine peinte sur le radôme.

Des missions similaires ont eu lieu en mai et juillet 2008 sur l’USS Truman et l’USS Roosevelt, puis en juillet 2009 sur l’USS Eisenhower.

En 2010, l’interopérabilité s’accentue encore. Les mécanos français réalisent une opération de maintenance lourde dans le hangar de l’USS Truman en remplaçant un réacteur de Rafale. Durant la même campagne un F/A-18 réalise une approche avec contact et remise des gaz, sur le pont du Charles de Gaulle.

Remplacement d’un moteur dans le hangar avia de l’USS Truman. On distingue à gauche la dérive d’un A-6 Intruder et à droite un hélico Seahawk   ©meretmarine.com
Touch and go d’un Hornet sur le pont du Charles de Gaule. Sa crosse n’est pas déployée.

En janvier 2014 deux F/A-18 appontent sur le porte-avions français et en février 2015 un F/A-18 «nounou» ravitaille en vol un Rafale et des SEM (Super Etendard Modernisé).

Un Hornet « biberonne » un Rafale

La coopération franco-américaine a atteint son point culminant en 2016 dans le golfe arabo-persique. La Navy n’ayant pas de porte-avions disponible pendant quelques semaines, c’est le PAN (Porte-Avions Nucléaire) français qui a pris le commandement de la Task Force 50. Pour la première fois un groupe aéronaval américain, comprenant notamment un porte-aéronefs du corps des Marines, se place sous commandement étranger. La marine britannique elle même, de culture pourtant bien plus atlantiste que la France, n’a eu droit à cette preuve de confiance de la part des alliés US, que quelques mois plus tard, en Méditerranée, avec à sa tête le porte-hélicoptère HMS Ocean.

L’interaction aéronavale franco-américaine montera encore d’un cran en mai 2018. Après un séjour d’accoutumance sur la base Oceana à Virginia Beach, un équipage complet de 350 pilotes et techniciens français, accompagnés de leurs aéronefs, seront pleinement intégrés à une escadre aérienne américaine embarquée à bord de l’USS Bush.

L’étape suivante, si toutefois elle a lieu, consistera à transposer cet exercice au cours d’une opération réelle.

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8 COMMENTAIRES

  1. Juste une petite correction François s’il vous plait, en légende de la photo où on voit un Rafale M entretenu dans le hangar de l’USS Truman vous indiquez la présence d’un Grumman A-6 Intruder. Il s’agit en réalité d’un EA-6B Prowler, la version SEAD de l’avion précité. L’Intruder a été retiré du service début 1997. Il y a donc peu de chances de le croiser sur le même porte-avions qu’un de nos actuels avions. 😉

  2. Il serait intéressant de voir un déploiement US à bord du PA CDG. Super Horner dans le hangar du CDG remplacements de moteur voir armement etc.. D’ailleurs est ce que un Super Hornet peut y entrer, normalement oui.

    Et une autre étape intéressante serait carrément d’avoir des avions US sur le CDG ou des Rafales sur PA US faire des opération depuis un PA allier.
    Un rafale décoller d’un PA romain pour frapper au levant et retourner sur ce même PA et vis versa avec le CDG embarquant des Super Hornet.

    Ça serait super intéressant et là, l’interopérabilité sera complété.

  3. Notre unique porte avion n’est pas utilisable depuis plus d’un an!!! a quoi sert un porte avion nucléaire à quai?? ! cela est scandaleux pour la France ou est la programmation des armements ??.
    Donc nos pilotes vont allez s’entraîner avec les américains cela s’appelle bien sûr une « coopération ».
    Moi je pense que de cette façon les américains vont pouvoir vérifier les capacités des rafales.
    En attendant les rafales ne peuvent se vendre en Egypte suite au veto US………

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