Nous avons dressé en juillet, l’inventaire de la flotte de la Républic of Singapore Air Force (RSAF). Plus récemment nous avons évoqué l‘intention de la cité-état de tester le F-35 en vue d’une éventuelle acquisition. Au regard de sa taille, 720 km2 pour 5,5 Millions d’habitants, son armée est très richement dotée. Il faut dire qu’à l’heure où les états européens se fixent comme objectif de dédier d’ici quelques années, 2% de leur PIB à la défense, Singapour en consacre plus de 5% à son armée. Sa superficie lillipucienne l’oblige toutefois à délocaliser son aviation pléthorique. Ainsi des détachements permanents sont déployés sur trois bases aux Etats-Unis, et trois autres sont hébergés en Australie. Pour leur entraînement avancé, les aviateurs singapouriens n’ont pas opté pour la formule bon marché mais éprouvée des écoles privées US, où des pilotes à la retraite forment à la chaîne des stagiaires de toutes nationalités, au dessus des vastes étendues désertiques de l’ouest américain. Elle a plutôt fait le choix de … Cazaux en Gironde.

Les Skyhawk employés jusqu’en 2013/2014. Petits mais hauts sur pattes !

La base aérienne 120 de Cazaux, accueille depuis 1998 le 150ème escadron de la RSAF. Vouée à l’instruction ultime avant l’affectation sur F-15 ou F-16, l’unité employait initialement des A-4SU Super Skyhawk . Ceux-ci ont été remplacés à partir de 2013 par douze Alenia Aermacchi M-346.

A cette occasion, un bâtiment de deux étages a été édifié dans l’enceinte militaire. Dédié à l’instruction théorique et à la préparation des vols des élèves, il abrite également deux simulateurs.

Les aviateurs français des escadrons de transition opérationnelle et d’entraînement, partagent la piste de Gironde avec leurs homologues asiatiques. En comparant leurs Alphajet en fin de vie, aux M-346 de dernière génération, on imagine qu’ils peuvent éprouver par moment une pointe de jalousie à leur endroit.

Planche de bord de l’Alphajet.
Planche de bord M-346. Les deux cockpites sont révélateurs de la génération qui sépare les deux appareils

Une douzaine de pilotes singapouriens est formée chaque année durant 8 à 9 mois. Les cadres instructeurs sont quant à eux affectés en France pour une période de 2 à 3 ans.

Le 150ème escadron est composé d’une cinquantaine de militaires et d’une centaine de personnels administratifs civils. Avec les familles ce sont plus de 400 singapouriens qui séjournent en permanence dans la région. Ceux-ci semblent se plaire à Cazaux puisque le partenariat a été prolongé jusqu’en 2035.

La présence d’une force étrangère permanente, facilite les essais réciproques des appareils. Ici en 2015 le Chef d’Etat Major, Gal Mercier, a de quoi étayer sa réflexion concernant le remplaçant de l’Alphajet !

Au regard de cette entente cordiale, on peut regretter que les deux gouvernements n’aient jamais pu s’entendre sur la vente d’avions de chasse. Si Naval Groupe a vendu 6 frégates furtives de type Lafayette, Dassault n’a en revanche jamais placé de Mirage ou de Rafale.

Par ailleurs, si elle devait un jour avoir à se défendre, on peut se demander si Singapour aura la capacité de rapatrier la totalité de son aviation de combat sur son minuscule territoire ?

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7 COMMENTAIRES

  1. Surement que ces M-346 ne verront jamais Singapour. L’un des anciens skyhawk, le n°41, est actuellement au musée du Bourget.
    L’entreprise Dassault a-t-elle cherchée à un moment de concevoir un successeur à l’alphajet ? Elle qui souvent commença la conception d’un nouvel appareil peu de temps après la mise en service de son prédécesseur.

      • C’est quand même étonnant que l’état n’est pas voulu un successeur de construction nationale à l’alphajet. Je n’ose pas penser que son remplacement était déjà prévu par un turbopropulseur (quoi que ?).

        • Je ferai peut-être un article sur les projets avortés d’avion d’entraînement avancés. Concernant les Alphajet, ils remplissent deux phases de formation. Pour la première phase c’est décidé ce sera le PC-21. Concernant la seconde phase la décision n’est pas encore prise. Les suisse effectuent toutes l’instruction avancée sur PC-21, sans passer par un avion à réaction. A titre d’essais deux élèves pilotes français ont effectué leur formation en Suisse et sont passé directement sur Rafale pour l’un et sur Mirage 2000-5 pour l’autre. Si cette option devait être choisie je ne sais pas ce qu’il adviendra de la patrouille de France.

  2. C’est incompréhensible l’aviation française avec des vieux Alphajet et des avions à hélices Suisse PC21 pour les futurs pilotes de chasse français alors que les pilotes de Singapour s’entraînent sur des vrais avions de nouvel génération M 346.

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