C’est un site qui effraye par la seule évocation de son nom. Entre ce samedi 4 et ce dimanche 5 avril 2020 les pompiers ukrainiens ont combattu un feu de forêt à moins de cinq kilomètres seulement de l’ex-centrale nucléaire soviétique de Tchernobyl. Ils ont été appuyé par les maigres moyens aériens de lutte anti-incendie présents dans le pays. Au final aucune pollution atmosphérique ne semble avoir été causée par les flammes.

L’incendie s’est déclaré ce samedi en fin d’après midi à seulement six kilomètres du lieu du plus grave accident nucléaire du 20e siècle. L’ancienne centrale, construite du temps de l’occupation soviétique de l’Ukraine, est entouré depuis les années 1990 d’une vaste étendue boisée censée pouvoir théoriquement absorbé plus rapidement les pollutions du sol.
Seulement voilà en période de sécheresse comme en connait actuellement cette région de l’Europe orientale cette zone est hautement inflammable.

Et la centaine de soldats du feu dépêchés sur place ne pouvait pas faire grand chose. Une demande de renfort aérien a été formulée. La réponse a d’abord pris la forme de deux hélicoptères Mil Mi-8 datant de la guerre froide et appartenant au forces aériennes ukrainiennes. Dotés de Bambi Buckets ils ont attaqué les flammes mais rapidement il s’est avéré que des moyens plus lourds étaient nécessaires.
Le seul aéronef disponible en Ukraine est l’Antonov An-26 codé 04 Blue.

Cet ancien avion-cargo a été prélevé sur les stocks militaires et appartient désormais au ministère de l’intérieur ukrainien. Il assure des missions de lutte anti-incendie et peut déverser quatre tonnes d’eau et de liquide retardant. C’est le moyen aérien anti-feu le plus lourd du pays.
Il a réalisé trois largages, deux le samedi et un ce dimanche en début de matinée. Le feu était maîtrisé quelques heures plus tard. Les flammes se sont arrêtées à moins de cinq kilomètres du tristement célèbre réacteur numéro 4, celui-là même qui explosa dans la nuit du 26 avril 1986.

On sait que le ministère ukrainien de l’intérieur cherche à acquérir un Antonov An-32P Firekiller mais faute de crédits suffisants cette option a été repoussée deux fois depuis 2015. Les pompiers ukrainiens s’entraînent régulièrement avec leurs homologues bulgares et roumains. Ce sont ces derniers qui les ont formé à l’utilisation du Bambi Bucket.

Photo © Keypublishing.

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4 COMMENTAIRES

  1. Cela fait des annees qu’on aurait du penser et mettre sur pied une force d’intervention rapide et internationale au niveau des moyens aeriens pour lutter contre les incendies. Ne revons pas, une force mondiale est utopique, mais une force europeenne serait parfaitement realisable. Mais encore une fois ou est l’Europe, ou est la volonte de mettre des moyens en commun ? Une douzaine d’appareils (Espagne, Italie, Croatie, France …) en alerte prets a partir en 24h, sous commandement de la Commission (inefficace mais neutre) ou de l’OTAN (efficace mais politiquement delicat) est-il impossible a mettre sur pied ?

    • Quel rapport avec l’UE ? Là ça se passe en Ukraine qui n’en est pas membre. Je vois mal donc pourquoi une telle diatribe vis à vis de notre Europe.

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