Le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, faisait part au Sénat en juillet 2026, d’une certaine déception. La France, selon lui, n’avait toujours pas lancé son drone de combat. Une déclaration qui pourrait laisser penser que notre pays aurait pris du retard sur cette technologie pourtant annoncée depuis plusieurs années autour du Rafale F5.
La réalité est cependant plus nuancée. Le drone de combat français n’est pas mis de côté. La loi actualisant la programmation militaire, adoptée en août 2026, prévoit au contraire le développement de drones accompagnateurs du Rafale, avec une première expérimentation à l’horizon 2028 et la réalisation d’un démonstrateur opérationnel de drone de combat furtif à l’horizon 2035.
Mais le propos d’Éric Trappier soulève une autre question. Alors que la France avait été l’une des premières nations européennes à faire voler un véritable démonstrateur de drone de combat furtif avec le nEUROn, plusieurs autres puissances sont désormais passées du stade des démonstrateurs à celui des essais en vol, voire de la préparation de la production.
Car le « loyal wingman », désormais plus souvent désigné sous le terme de CCA (comprenez Collaborative Combat Aircraft, entendez drone de combat collaboratif) est en train de changer profondément la manière dont on imagine l’avion de combat. Et cette fois, la France ne part peut-être plus avec autant d’avance.
Avant de passer du drone de combat au « loyal wingman », il faut d’abord revenir sur ce qu’est un drone collaboratif.
Ce sont des avions inhabitée pilotés à distance. Ces appareils sont employés pour le renseignement, la surveillance ou encore la reconnaissance. Des appareils comme le MQ-1 puis le MQ-9 Reaper sont opérationnels depuis déjà plusieurs années.

Le concept du loyal wingman est toutefois différent car l’idée ici est de faire travailler ensemble un avion piloté et une ou plusieurs machines autonomes. L’avion piloté donnant les ordres et l’exécute une partie des tâches qui lui sont confiées. Ce drone doit aussi pouvoir précéder le chasseur piloté afin de détecter une menace et/ou brouiller un radar adverse. Il peut également prendre des risques pouvant conduire à la perte de l’appareil. Perte dont vous imaginez qu’il serait beaucoup plus difficile à accepter avec un appareil habité dont la formation du pilote aura nécessité des années de formations et d’entrainement et donc nécessairement difficile à remplacer.
Ainsi vous aurez compris que l’objectif du CCA n’est donc pas nécessairement de remplacer le chasseur. Airbus résume ainsi le principe dans son article du 5 mai 2026, consacré aux UCCA (Uncrewed Collaborative Combat Aircraft) : « le chasseur habité constitue en quelque sorte le centre de commandement tandis que le CCA devient son “bras armé” déporté ».
Pour faire fonctionner ce CCA, il faut donc des algorithmes capables de maintenir la formation, d’éviter les obstacles, de gérer la navigation, de partager les informations entre appareils. Mais in fine ce drone se devra de proposer ou d’exécuter certaines actions sans demander au pilote de valider, sinon cela deviendra une charge supplémentaire pour le pilote.
Le CCA est un domaine où la France avait pourtant pris de l’avance …
L’idée du drone accompagnateur n’est pas nouvelle en France, car en 2003 était lancé le programme nEUROn. Ce dernier était placé sous la maîtrise d’œuvre de Dassault Aviation et réunissait six pays européens. Le démonstrateur effectua son premier vol en décembre 2012 et allait réaliser plus de 170 vols d’essais. Le nEUROn était avant tout un démonstrateur technologique. Il devait notamment permettre de travailler sur la furtivité, les systèmes de mission, l’autonomie et l’emploi d’un drone de combat dans un environnement hostile.

Lors de son audition au Sénat déjà évoquée dans cet article, Éric Trappier rappelait ainsi que le nEUROn avait permis de démontrer la furtivité de ce type de machine, avec des résultats allant même au-delà des espérances. Mais le démonstrateur n’avait finalement pas débouché sur un véritable programme opérationnel.
Ainsi, si vous me le permettez, le paradoxe est donc assez remarquable. La France avait fait voler un démonstrateur de drone de combat furtif avant que le terme de « loyal wingman » ne devienne à la mode. Mais alors que les drones de combat n’étaient pas encore considérés comme une priorité par les forces armées, aucune succession directe n’avait été engagée. Il faut donc désormais attendre le Rafale F5 pour que le concept retrouve une véritable perspective opérationnelle…
En octobre 2024, Sébastien Lecornu (à ce moment-là ministère des Armées) annonçait les premiers contrats liés au futur standard F5 du Rafale. Parmi ceux-ci figuraient les premiers contrats de développement d’un drone de combat furtif confiés à Dassault Aviation, Thales et Safran. La loi actualisant la programmation militaire fixe désormais une première expérimentation à l’horizon 2028 et un démonstrateur opérationnel de drone de combat furtif à l’horizon 2035.
Le futur drone doit notamment accompagner le Rafale dans les missions d’entrée en premier, de combat air-air, d’action air-sol et de suppression des défenses aériennes adverses. Quant au Rafale dans sa version F5, il doit devenir le cœur d’un système comprenant son propre équipage, mais aussi des drones capables de pénétrer plus loin dans une zone défendue. La Direction Générale de l’Armement indique désormais que sa qualification est prévue à l’horizon 2033, les premiers travaux de développement ayant été commandés durant l’été 2026.
… Avance que les États-Unis ont rapidement su combler.
Aux États-Unis, le concept a pris rapidement une tout autre dimension. L’US Air Force a lancé le programme Collaborative Combat Aircraft, qui prit forme grâce au YFQ-42 produit par General Atomics et au YFQ-44 produit par Anduril. Le premier a déjà effectué son premier vol et les deux programmes sont entrés dans une phase d’essais destinée à valider progressivement leurs capacités.

Il y’a quelques jours, le 14 septembre 2026, l’US Air Force leur a même attribué leurs noms définitifs : FQ-42A Vengeance pour General Atomics et FQ-44A Fury pour Anduril (c’est ce qui m’a motivé à vous proposer cet article).
A la faveur de cette annonce de nomination officielle, l’US Air Force annonce vouloir disposer à terme d’environ 1 000 CCA, dont 500 à l’horizon 2032. L’objectif est notamment d’accroître la masse de combat disponible tout en augmentant la portée et la survivabilité des avions pilotés. La production de ces drones doit se faire ainsi en plus grand nombre que ce qui est fait pour des avions de chasse modernes extrêmement couteux comme le F-35. Sans compter son entretien et l’entrainement du personnel naviguant ou au sol devant le mettre en œuvre !
l ne faudrait toutefois pas croire que ces deux appareils représentent à eux seuls les ambitions américaines dans ce domaine. Lockheed Martin développe également sur fonds propres le Vectis, un CCA de catégorie Groupe 5, dont le premier vol est prévu pour 2027. L’industriel vient d’ailleurs de lancer la construction de quatre appareils supplémentaires en plus du premier prototype, portant à cinq le nombre d’exemplaires prévus. Le Vectis est notamment présenté comme pouvant opérer aux côtés d’avions pilotés comme le F-35 et le F-22.
Et les autres alors me direz vous ?
Down under des Hommes au travail (vous avez la ref ?) en Australie développent depuis plusieurs années le MQ-28A Ghost Bat. Ce drone estampillé Boeing Australia est destiné à accompagner les appareils habités de la Royal Australian Air Force semble très avancé ! En décembre 2025, un Ghost Bat a réalisé un tir réel d’un missile air-air AMRAAM. L’appareil évoluait alors en coopération avec un E-7A Wedgetail et un F/A-18F Super Hornet. La cible aérienne a été détruite.

Canberra a décidé de passer du prototype à la production, avec un investissement initial de 1,4 milliard de dollars australiens. Les autorités australiennes présentent désormais le Ghost Bat comme une capacité destinée à augmenter la létalité et la survivabilité des avions habités. L’objectif affiché est que le MQ-28A Ghost Bat doit atteindre une capacité opérationnelle en 2028.
Nos voisins allemands travaillent eux avec Airbus et l’américain Kratos sur une solution basée sur le XQ-58A Valkyrie. Stratégie plutôt maline des saxons, car il permet de partir d’une plateforme ayant déjà volé plutôt que de développer immédiatement un appareil entièrement nouveau. Airbus prépare deux Valkyrie auxquels sera intégré son système de mission européen MARS, (entendez Multiplatform Autonomous Reconfigurable and Secure, comprenez Système multiplateforme autonome, reconfigurable et sécurisé). Ce système doit permettre de gérer l’autonomie de l’appareil et sa coopération avec d’autres plateformes.

Le premier vol de ces appareils équipés du système européen est prévu en 2026 et Airbus vise une capacité opérationnelle pour la Luftwaffe à partir de 2029. L’objectif est notamment de permettre au Valkyrie de travailler avec l’Eurofighter Typhoon.
Mais le Valkyrie pourrait n’être que la première étape. Airbus présenta cette année le U760 Ravenstorm. Il s’agit là d’une plateforme plus grande, destinée notamment à l’attaque air-sol et la guerre électronique sans négliger la classique mission air-air. Airbus envisage sa disponibilité au début des années 2030.
Que savons-nous des appareils chinois et russes ?
En novembre 2025, l’armée de l’air chinoise avait diffusé des images montrant pour la première fois publiquement un drone furtif Hongdu GJ-11 évoluer avec un chasseur J-20. Les images montraient également un J-16D spécialisé dans la guerre électronique. Le drone apparaissait en avant des avions pilotés, ce qui correspond précisément à l’une des missions envisagées pour les futurs CCA occidentaux.

Cela ne permet évidemment pas de connaître le niveau réel d’autonomie ou de maturité opérationnelle du système chinois. Mais ça prouve que Pékin travaille lui aussi sur le principe selon lequel un avion de combat piloté peut être accompagné de plateformes non habitées capables d’évoluer plus près de la menace.
La Russie doit également être mentionnée, avec davantage de prudence. Nous connaissons l’existence du Sukhoï S-70 Okhotnik, un appareil furtif sans pilote dont les dimensions et la conception le rapprochent clairement du concept de loyal wingman. Son développement est notamment associé au Su-57, avec lequel il doit être capable de coopérer afin d’étendre les capacités de l’avion piloté et de pouvoir opérer dans des zones fortement défendues. Le programme russe a toutefois connu plusieurs difficultés et son niveau réel de maturité opérationnelle reste difficile à déterminer publiquement. Même si le drone à déjà fait parler de lui en octobre 2024 lorsqu’un exemplaire avait été abattu au-dessus de l’Ukraine, avant que son épave ne soit récupérée par les forces ukrainiennes.

Vers plusieurs générations de drones ?
L’enseignement des programmes étrangers est qu’il serait probablement trompeur de parler du drone collaboratif comme s’il devait exister un unique appareil. Les États-Unis travaillent sur des CCA destinés à accompagner leurs chasseurs. L’Australie développe le Ghost Bat. Airbus prépare une famille comprenant le Valkyrie européen puis le Ravenstorm et le Royaume-Uni réfléchit à des plateformes adaptées à ses porte-avions (nous évoquerons le sujet lors d’un projet article).
Certains devront être très furtifs et capables de pénétrer loin dans les défenses adverses. D’autres pourront être moins sophistiqués, mais beaucoup moins chers et donc disponibles en plus grand nombre. Certains seront spécialisés dans la guerre électronique, d’autres dans la reconnaissance ou l’emport d’armements.
Cette logique permettrait de retrouver ce que les armées de l’air modernes ont progressivement perdu, c’est à dire la masse ! Car, ce que nos voisins européens ayant acquis le F-35 semblent oubliés c’est qu’une force aérienne composée uniquement d’avions extrêmement sophistiqués finit nécessairement par disposer d’un nombre limité d’appareils disponibles lors de conflits de haute intensité.
À l’inverse, si chaque Rafale, Eurofighter ou F-35 peut être accompagné de plusieurs effecteurs autonomes, la puissance d’un escadron ne se mesure plus uniquement au nombre d’avions stationnés sur une base. Mais désormais bien au nombre de systèmes pouvant être engagés simultanément.
Mais quelle place pour la France ?
Ainsi, la France dispose d’une expérience technologique ancienne avec le nEUROn. Elle dispose également d’un avion de combat moderne dont l’architecture est progressivement adaptée au combat collaboratif. Le Rafale F5 doit ainsi devenir beaucoup plus connecté et disposer de capacités de traitement et d’échange de données accrues.
Mais il existe une différence importante entre avoir démontré une technologie et disposer d’une capacité militaire. Il nous faut encore concevoir l’ensemble du système permettant au Rafale et au drone de fonctionner ensemble via des liaisons de données, divers capteurs, et algorithmes. La véritable révolution sera peut-être dans le logiciel.
La France a-t-elle laissé passer son tour ? La réponse mérite, comme toujours, d’être nuancée. La France dispose désormais d’une feuille de route officielle avec pour objectifs les premières expérimentations de drones accompagnateurs à partir de 2028 et démonstrateur opérationnel de drone de combat furtif à l’horizon 2035.
Mais oui, le contraste avec certains partenaires et concurrents est devenu particulièrement visible. Le nEUROn volait dès 2012. Quatorze ans plus tard, la France prépare encore la première expérimentation opérationnelle de ses futurs drones accompagnateurs. Pendant ce temps, les États-Unis ont fait voler leurs deux prototypes de CCA et annoncent déjà des objectifs de production massifs. L’Australie est passée du prototype à la production du Ghost Bat après un tir réel de missile et l’Allemagne prépare une capacité UCCA autour du Valkyrie pour 2029.
La véritable question est de savoir si la France saura transformer rapidement l’expérience accumulée avec le nEUROn et le futur Rafale F5 en une capacité réellement opérationnelle, produite en nombre suffisant ?.
Nous serons là pour l’observer, n’est ce pas ?
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16 réponses
Excellent article Loic, je rajouterai juste les turcs dans ce panorama. Les turcs sont aujourd’hui très avancés dans le domaine des drones, et pas seulement avec des petits drones tactiques.
Le Kizilelma est un bon exemple. Un Kizilelma a déjà volé avec un M-346 et a même été controlé depuis l’avion, donc on est vraiment dans le concept de loyal wingman et de combat collaboratif.
Una buona domenica a tutti 🙂
Merci ! Et oui, tu as raison, j’avais bien le Kizilelma et les essais avec le M-346 dans mes recherches. C’est d’ailleurs un cas très intéressant, puisque l’on est clairement dans une logique de combat collaboratif et très proche du concept de loyal wingman. Je l’ai volontairement laissé de côté ici car je voulais rester principalement sur les programmes développés spécifiquement comme CCA et sur cette logique d’effecteurs autonomes accompagnant les avions de combat.
Mais le cas italo-turc mérite clairement un article à lui seul, d’autant que le rapprochement entre Baykar et Leonardo ouvre encore un autre sujet autour de la coopération. Je pense qu’il y aura matière à y revenir prochainement !
Voilà un article très didactique, bien documenté et fort intéressant. Félicitations Loïc !
Votre excellente synthèse met en exergue que notre pays est (encore !) en retard, pourtant précurseur dans ce domaine avec le nEUROn.
A la lecture de ce billet, une autre interrogation se pose : les forces aériennes futures devront choisir entre :
– la mise en œuvre d’un seul CCA polyvalent capable d’accomplir tout le spectre des opérations aériennes. Système très coûteux, par conséquent bien souvent produit en quantité limitée.
– Ou bien mise en œuvre d’une multitude de drones collaboratifs chacun spécialisés dans un domaine bien particulier. Coût moindre (quoique?) , donc plus de volume disponible mais maintenance très disparate.
Les conflits actuels (Ukraine, Iran), les opérations commandos (type Venezuela ou guerre larvée Inde-Pakistan) voire les actions hybrides (Europe-Russie, Taïwan-Chine continentale) peuvent apporter quelques éléments de réponses. De là à en faire une stratégie militaire figée, il y a loin de la coupe aux lèvres. Un dilemme pour l’état-major français qui doit certainement temporiser, peut être source du retard pris chez Dassault Aviation ? (Même si d’autres facteurs entrent aussi en jeu : budget alloué et/ou ressources humaines R&D limités, décisions politiques constamment remises sine die, priorités données aux évolutions technologiques du Rafale, discussion interminables, voire stériles, avec d’autres partenaires…)
Merci beaucoup pour ce commentaire et pour cette réflexion qui ouvre justement un débat que je n’ai fait qu’effleurer dans l’article ! Le choix entre un CCA très polyvalent et une famille de drones spécialisés sera certainement l’une des grandes questions des prochaines années.
Et finalement, si la France peut sembler aujourd’hui en retard, les pays qui nous devancent vont aussi essuyer les plâtres et accumuler les premiers retours d’expérience. Cela peut justement nous permettre de capitaliser sur leurs réussites comme sur leurs erreurs, sans nous enfermer trop rapidement dans une doctrine.
Je reste donc plutôt optimiste car le Rafale F5 et l’expérience acquise avec le nEUROn donnent à la France de solides bases. Reste maintenant à trouver un budget pour transformer cette expérience en une capacité opérationnelle réellement adaptée aux besoins futurs…
Excellent article . J’aimerais néanmoins savoir si les avions de combats les accompagnant seront des biplaces car même aidés par des IA embarquées la charge cognitive me semble trop importante pour un seul pilote.
Merci beaucoup ! Malgré l’accroissement de la charge cognitive du pilote qui est un point essentiel, je ne suis pas certain que cela implique nécessairement le retour systématique du biplace. Je crois comprendre que l’objectif du combat collaboratif est justement de faire en sorte que le pilote donne des objectifs et des ordres de haut niveau, plutôt que de piloter chaque drone individuellement. Il faudra surtout voir jusqu’où l’autonomie pourra aller et comment les interfaces permettront au pilote de conserver la maîtrise sans être submergé. Et là encore, les premiers utilisateurs vont certainement nous apporter de précieux retours d’expérience !
Tout d’abord félicitations Loïc, lancement réussi sur notre site préféré et article superbe!
Il y a vraiment des trucs qui me turlupinent avec tout le « buzz » autour des drones, et en particulier des drones CCA qui devraient accompagner les avions « de 6° génération » et bien sûr le « 6 gen-like (Super) Rafale F5 (et plus) ». Mes capacités cognitives étant sur le déclin, j’ai dû mal comprendre certaines choses, en tout cas de ce qu’on peut lire en source ouverte… L’une des fonctions principales du CCA, c’est bien de réduire le risque que l’avion piloté soit perdu en cours de mission en prenant à sa place une grosse partie du risque d’être pris directement pour cible par les forces de l’ennemi, ce qui lui impose logiquement d’être (très) significativement moins cher que l’avion piloté qui lui est sensé rester en zone « safe ».
Et plus le temps passe, plus j’ai l’impression que le futur CCA devra être quasiment aussi polyvalent qu’un Rafale mais sans équipage à bord. Avec un coût unitaire flirtant avec.. 100 millions d’euros, rien que ça, selon certains articles! Donc le tarif d’un Rafale/F35/Eurofighter, à peu de chose près, ce qui (me) semble guère raisonnable pour les budgets militaires des pays européens. D’ailleurs l’article est fort bien illustré avec des démonstrateurs de drones CCA aussi imposants que l’avion piloté qui vole de conserve.
Les 2 conflits (bientôt 3, voire 4?) actuels qui utilisent très largement des drones, ce sont plutôt des nuées de petits drones peu coûteux (et fabriqués par centaines en rythme journalier) qui sont employés et qui saturent les défenses anti-aériennes adverses. On entend guère parler du S-70 Okhotnik (et pas plus pour le Su 57 Felon).
Dassault Aviation et ses partenaires, avec le Neuron, a certainement constitué une base de données solide pour le vol collaboratif, je ne suis pas persuadé qu’on ait un réel retard par rapport aux autres, le gros des problèmes à résoudre étant de définir le périmètre des missions et mettre au point un appareil réellement efficace, exploitable sur le terrain et d’un coût supportable: un sacré challenge pour trouver le juste équilibre de compromis subtils. Quant on voit ce que DA/Thalès/Safran on su faire avec le Rafale, on verra ce que proposera cette fine équipe, par rapport à la concurrence.
Quant on voit le tarif des systèmes de DA avancés (et du coût faramineux des munitions, longs à fabriquer de surcroît), et pour faire un parallèle (humoristique, Massimiliano) avec les fabuleux jeux STR (stratégie en temps réél) StarCraft 1 et 2: je crois plus aux nuées Zergs qu’aux trucs hypertechno des Protoss produits au compte-goutte pour les drones. C’est un peu l’inverse pour les avions pilotés.
Mais personne n’est obligé de me croire.
Je pense qu’il y aura plusieurs catégories de CCA, du plus basique (le moins cher) jusqu’au drone type Neuron (le prix d’un chasseur) et ils seront utilisés suivant les besoin/risque de chaque mission.
Mi sa che il Sole Levante ha un po’ la coda di paglia. 🙂 🙂
Par contre les commentaires c’est en français sur Avions Légendaires !
Au temps pour moi mes excuses , avoir la « coda di paglia » signifie « queue de paille », se sentir visé. Rien de méchant 🙂
Merci beaucoup pour votre commentaire, et pour cette réflexion très intéressante !
Vous soulevez justement une question que je me suis posée en préparant l’article. Finalement, savons-nous déjà réellement à quoi ressemblera le CCA « idéal » ? Entre les démonstrateurs actuels, les choix américains et les différentes approches européennes, j’ai plutôt l’impression que chacun cherche encore la bonne formule.
C’est aussi pour cela que je reste finalement assez optimiste pour la France. Le fait de ne pas avoir encore arrêté définitivement son modèle peut aussi permettre de tirer parti des premiers retours d’expérience étrangers, tout en capitalisant sur le nEUROn et le Rafale F5. Reste à voir quelle formule en sortira et à quel coût !
Félicitations Loïc pour cet article qui résume bien la situation actuelle des projets de CCA.
Le Neuron est pour moi un démonstrateur pour un CCA de la catégorie supérieure, c’est à dire à hautes performances niveau furtivité et contrôle de vol donc cher à produire, il a la taille d’un Mirage 2000.
Actuellement la mode si je puis dire, est de produire rapidement, peu cher et donc en nombre. Je verrai bien la France lancer un CCA qui reprend une partie des techno démontrées dans le Neuron.
Merci Loic pour cet article intéressant, qui met certaines choses en perspective.
Vous ne parlez pas du SAAB A-3, a priori assez ambitieux, qui sort des limbes et devrait voler dans les deux ans. C’est aussi un « enfant » du nEUROn… Y at-til une raison particulière à cela ?
Merci pour votre commentaire ! Oui, j’avais bien repéré le programme suédois, d’autant qu’il est effectivement intéressant par son lien avec les travaux du nEUROn. Mais je n’avais pas encore suffisamment de données pour pouvoir en parler de manière vraiment éclairée dans cet article, et je préférais éviter de simplement le citer sans pouvoir apporter grand-chose de plus.
Je me suis donc dit que ce serait peut-être l’occasion de me pencher plus sérieusement dessus… dans un prochain article, qui sait ?
j’ai hâte !