FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Mil Mi-17 ‘Hip-H’
Constructeur : Mikhail Leontovich Mil
Désignation : Mi-17
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN : Hip-H
Variante : Mi-8M, Mi-18, Mi-19.
Mise en service : 1977
Pays d'origine : U.R.S.S.
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère d'assaut, transport de troupes, appui tactique rapproché, poste de commande aéroporté, recherches et sauvetages.

HISTOIRE

Mil Mi-17 ‘Hip-H’ :
Le faux-jumeau du Mi-8”

L’histoire des voilures tournantes est jalonné de sagas. Des hélicoptères plus ou moins réussis qui ont donné naissance à de nouvelles versions devenues au fur et à mesure du temps de véritables aéronefs à part entière. On pense dans ces cas là bien souvent au Bell UH-1 Iroquois monoturbine américain et à son développement biturbine UH-1N Twin Huey. Ou encore à l’Aérospatiale SA.330 Puma français qui une fois agrandi et musclé donna naissance à l’AS.332 Super Puma puis à l’actuel H225M Caracal. L’Union Soviétique connut également ce phénomène au travers d’un hélicoptère dérivé directement du légendaire Mil Mi-8 mais aux différences moins frappantes : le Mil Mi-17.

C’est au milieu des années 1970 que les militaires soviétiques demandèrent à l’hélicoptériste Mil de développer une version amélioré du Mi-8, qui était alors leur hélicoptère standard d’assaut et de transport de troupes. Dans le cahier des charges figurait notamment des capacités dites de chaleurs et d’altitude. Surtout la nouvelle machine devait être stricto-sensu militaire, le Mi-8 étant fréquemment considéré localement comme un hélicoptère polyvalent en raison de présence en masse au sein de l’Aeroflot.

Les premières ébauches furent lancées à la fin de l’année 1975 et un prototype vola en 1976. Il s’agissait en réalité d’un démonstrateur technologique désigné Mil Mi-8M et destiné à être présenté aux forces soviétiques. Au premier coup d’œil il était très difficile de voir les différences entre un Mi-8 et ce nouveau Mi-8M. La principale, visuelle d’ailleurs, résidait dans le rotor anti-couple déplacé sur le côté gauche de l’hélicoptère. Par ailleurs le Mi-8M disposait de protections au niveau des entrées d’air des deux turbomoteurs Klimov TV3-117MT. C’est ceux-là même qui équipaient alors les appareils de lutte anti-sous-marine Mil Mi-14.

C’est en 1977 que l’Armée Rouge fit entrer en service les premiers Mil Mi-8M. Des hélicoptères qui permirent très vite aux forces soviétiques de se réarticuler. Les anciens Mi-8 pour le transport d’assaut et le soutien opérationnel et ces nouveaux Mi-8M pour le transport d’assaut et l’appui tactique rapproché. Dans cette seconde configuration les hélicoptères emportait un armement sur rails externes composé de quatre paniers à 32 roquettes air-sol de 57mm et de quatre missiles antichars filoguidés AT-3 Sagger. Par ailleurs le Mi-8M avait été optimisé dès 1979 dans l’aviation soviétique pour l’évacuation sanitaire. Douze civières et quatre soignants pouvaient embarquer à bord de la version Mi-8MT.

En 1980 le Mil Mi-8M fut officiellement proposé à l’export sous la désignation Mi-17. C’est à cette occasion que l’OTAN l’identifia formellement comme hélicoptère à part et lui attribua la désignation de Hip-H. La filiation avec le Mi-8 d’origine était ainsi marqué aussi au sein de l’alliance Atlantique.
Les premiers exemplaires furent versés aux pays satellites de Moscou : Allemagne de l’Est, Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, et Tchécoslovaquie furent les premiers à recevoir des Mi-17 dès 1981. Deux ans plus tard le régime castriste prenait livraison des premiers Mi-17 cubains. Des hélicoptères qui y furent adaptés aux missions de recherches et de sauvetages en mer

Les années 1980 furent celles du Mil Mi-17. La majorité des états marxistes et des nations non alignées voyaient en cet hélicoptère une réponse aux machines occidentales, alors majoritairement américaines et françaises. La Chine, la Corée du Nord, l’Inde, ou encore le Nicaragua en reçurent en quantité très importante.
Pour l’Indian Air Force et l’Indian Army il s’agissait d’un appareil capable d’opérer à haute altitude, là où jusque là ne volaient que les Aérospatiale SA.315B Lama et SA.316B Alouette III acquis auprès de la France. Il n’était pas rare de voir voler ces machines ensembles.

Au fil de la décennie des dizaines de sous-versions du Mil Mi-17 et de sa version indigène Mi-8M/MT furent développées, tant pour les besoins soviétiques qu’étrangers. Une des plus impressionnantes fut observée pour la première fois par la CIA en mars 1990. Il s’agissait du Mi-17PPA de guerre électronique. En service en Hongrie il reçut la désignation OTAN de Hip-K. Cet appareil en fait était issu du Mi-8MTG en service dans l’Armée Rouge et destiné en cas de conflit est-ouest à brouiller les communications atlantistes.

L’effondrement du mur de Berlin en novembre 1989, suivi de la chute des dictatures marxistes et de la désagrégation en 1990 de l’URSS entraîna une période de vache maigre pour Mil et son hélicoptère. La Communauté des États Indépendants, puis la toute jeune Russie, pas plus que les ex-républiques soviétiques n’avaient les moyens d’acquérir des Mi-17 ou des Mi-8M.
L’hélicoptériste soviétique devenu désormais russe dut une fois encore se tourner vers l’export. Et dans un monde en totale refonte géographique et politique il arriva à tirer son épingle du jeu. L’Inde une fois de plus fut un client fidèle et important pour le Mi-17. L’Angola, le Pérou, ou encore le Venezuela se tournèrent également vers le Hip-H. Mais ça ne suffisait pas, et Mil fut obligé de fermer une chaîne d’assemblage. L’aéronautique nouvellement russe expérimentait l’économie de marché.

Les années 1990 permirent pourtant de tester des versions surprenantes. En 1993 vola un Mi-17 avec train d’atterrissage escamotable. Désigné Mi-18 il demeura à l’état de prototype, ne présentant pas de grand intérêt. Apparu aussi deux ans plus tard le Mil Mi-19, un poste de commandement aéroporté destiné aux opérations terrestres. Il fut pris en compte en petit nombre par la jeune Russie.

Les années 2000 et 2010 furent celles du renouveau du Mil Mi-17. Désormais l’hélicoptère se vendait bien. Même les ennemis d’hier volaient sur cette machine : les forces spéciales américaines en ont utilisés en Afghanistan. Au début des années 2010 l’Aviation Royale Canadienne fit voler quatre Mi-17V connus au sein de sa nomenclature comme CH-178. Eux aussi servaient aux opérations spéciales. La Royal Air Force utilisa également quelque Mi-17, notamment pour des missions d’entraînement. L’un d’eux termina sa carrière au sein de l’Empire Test Pilot School assurant la formation des futurs pilotes d’essais britanniques.
Au total une quarantaine de pays utilisait encore en 2020 ou avait utilisé le Mil Mi-17.

Véritable best-seller l’hélicoptère est toujours produit en 2020 sous une version encore plus évoluée appelée Mi-171 et construite désormais par Kazan, au sein du groupe Russian Helicopters. En Russie le Mi-8M et ses versions dérivées ont totalement remplacé les vieux Mi-8 datés de l’ère soviétique.

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Mil Mi-17 Hip-H
Envergure : 21.20 m diamètre du rotor principal
Longueur : 25.30 m
Hauteur : 4.70 m
Motorisation : 2 turbomoteurs Klimov TV3-117MT
Puissance totale : 2 x 1950 ch.
Armement : Jusqu'à six paniers à 32 roquettes, quatre missiles antichars, et dans certains cas une mitrailleuse de calibre 12.7mm articulée dans le nez de l'hélicoptère.
Charge utile : Entre 22 et 26 soldats/parachutistes équipés, ou 4000kg de fret en cabine.
Poids en charge : 13000 kg
Vitesse max. : 250 km/h à 2200 m
Plafond pratique : 5000 m
Distance max. : 500 Km à masse maximale
Equipage : 3
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Mil Mi-17 ‘Hip-H’

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Mil Mi-17 ‘Hip-H’

VIDÉO

Atterrissage d'un Mil Mi-17 militaire hongrois.