Renard R.31

Renard R.31


Fiche descriptive

Appareil : Renard R.31
Constructeur : Renard Constructions aéronautiques
Désignation : R.31
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1934
Pays d'origine : Belgique
Catégorie : Avions de reconnaissance
Rôle et missions : Reconnaissance tactique, observation, appui aérien rapproché.

Histoire

Renard R.31 :
Les ailes brisées de la Belgique

Comme de nombreux pays en Europe, la Belgique chercha au début des années 30 à acquérir une certaine indépendance aéronautique face à la montée en puissance des industries britanniques, françaises, et hollandaises. Face à la force des avions de lignes de ces trois pays, le royaume belge concentra ses efforts sur l’aviation militaire. Avant de songer à construire un avion de chasse, les belges travaillèrent sur une machine de reconnaissance moderne qui allaient déboucher sur le Renard R-31.

En juillet 1930, le roi Albert 1er convoqua personnellement l’ingénieur Alfred Renard afin de lui demander d’étudier un avion de reconnaissance capable de rivaliser avec les meilleures machines britanniques ou françaises. L’avionneur wallon se mit aussitôt au travail et quelques semaines plus tard, il présenta au Roi-Chevalier les ébauches d’un monomoteur monoplan parasol. Albert 1er donna son feu vert et quelques temps plus tard le 16 octobre 1932 l’appareil effectua son premier vol devant les généraux belges.

Présentant de grandes similitudes avec les avions dérivés du Fury, le nouvel avion n’en était pas moins un monoplan parasol extrêmement performant. Son moteur Rolls & Royce Kestrel II trahissait lui aussi sa filiation avec les biplans de Hawker. Il reçu la désignation de Renard R-31.

En janvier 1933, le Ministère de la Guerre belge passa une commande ferme pour 32 exemplaires. Le R-31 devait être apte à servir depuis les terrains proches de la mer à l’ouest de la Belgique, les militaires voulaient un avion robuste. Le premier exemplaire de série fut livré au 31ème Smaaldel en janvier 1934, les derniers R-31 étant déclarés opérationnels en mai 1936. Cette même année, les troubles survenus en France suite au Front Populaire conduisirent les R-31 à remplir des missions d’observation et de renseignement le long de la frontière franco-belge. Le royaume de Belgique s’inquiétait d’une possible propagation du mouvement. Ce fut là le premier engagement militaire officiel des R-31.

Avec la montée en puissance en Allemagne de la Luftwaffe, les militaires belges demandèrent à Alfred Renard de développer une version améliorée de son monoplan-parasol. Désigné R-32 ce nouvel avion disposait d’un fuselage élargi, d’une verrière et d’un moteur Hispano-Suiza 12YBrs plus puissant. Capable de dépasser les 330 km/h, le R-32 fut toutefois abandonner après qu’un incendie se soit déclaré en vol. Le pilote réussit néanmoins à sauter en parachute. A partir de l’échec du R-32, il fut décidé d’équiper les R-31 de bombes de 45 kg sous les ailes.

Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale le 3 septembre 1939, la Belgique, état neutre, dispose encore de 30 Renard R-31 au sein de ses Smaaldel. Tout au long de la Drôle de Guerre, les avions de reconnaissance belges vont survoler la frontière germano-belge pour surveiller les évolutions des troupes de la Wermarcht. Une partie des informations recueillies par les avions d’Alfred Renard furent transmises aux alliés, et ce malgré la théorique neutralité belge.

Le 10 mai 1940, lorsque les chasseurs-bombardiers de la Luftwaffe violent les espaces aériens hollandais et belges, deux R-31 sont en mission de reconnaissance. L’un d’eux sera le premier avion belge abattu par la Luftwaffe ; l’avion étant détruit par un Messerschmitt Bf-110 de chasse lourde. Le second réussit à s’enfuir. C’est également un R-31 qui sera le premier avion belge à voir arriver les renforts français au matin du 11 mai dans la région de Dixmude. Les R-31 vont s’illustrer dans les opérations ayant lieu dans la nuit du 16 mai quand cinq d’entre eux vont « bombarder » une colonne de Panzer faisant route vers Louvain. Leurs charges de bombes de 90 kg n’ayant qu’un effet psychologique sur les tankistes allemands. L’une des seules opérations aériennes effectuées hors de Belgique par un R-31 consistera en une reconnaissance au-dessus de Crécy-sur-Serre, le 20 mai 1940. La 4ème Division de Cuirassée de Réserve du colonel De Gaulle avait demandé une estimation aérienne des forces allemandes en présence. Le R-31 et les trois chasseurs d’escortes, deux Fairey Fox et un Gloster Gladiator, ont été détruits lors de cette mission, avant même de transmettre leurs informations à De Gaulle. Trois jours plus tard deux R-31 qui tentaient de rallier le Sud de l’Angleterre ont été abattu par des chasseurs allemands.

Lorsque le roi Léopold III signe la capitulation des troupes belges, le 28 mai 1940, cinq R-31 sont encore en relatif état de vol. Pour éviter que ceux-ci ne tombent entre les mains de la Luftwaffe, et parce qu’ils savent qu’ils n’atteindront jamais l’Angleterre avec, les pilotes belges vont incendier leur R-31. Aucun de ces avions n’aura survécu à la Seconde Guerre mondiale.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Renard R.31
Envergure : 14.40 m
Longueur : 9.24 m
Hauteur : 2.92 m
Motorisation : 1 moteur en V Rolls & Royce Kestrel Mk-II
Puissance totale : 1 x 490 ch.
Armement : 2 mitrailleuses de 7.92mm (capot moteur + position arrière)
une charge de bombe maximale de 90 kg.
Charge utile :
Poids en charge : 2150 kg
Vitesse max. : 290 km/h à 2300 m
Plafond pratique : 8500 m
Distance max. : 650 Km à charge maximale
Equipage : 2
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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.