Renard R.36

Renard R.36


Fiche descriptive

Appareil : Renard R.36
Constructeur : Renard Constructions aéronautiques
Désignation : R.36
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1939
Pays d'origine : Belgique
Catégorie : Chasseurs de la guerre 39-45
Rôle et missions : Chasseur

Histoire

Renard R.36 :
Un bon appareil belge au mauvais moment

En 1936, la firme belge Renard commença l’étude d’un chasseur monoplace afin de répondre aux spécifications de l’aéronautique militaire belge qui recherchait un remplaçant au Fairey Firefly Mk.IIM en service depuis 1931.

C’est le 5 novembre 1937 à Evere (près de Bruxelles) que le Renard R-36 effectua son premier vol. Le prototype se présentait comme un appareil monoplan cantilever construit totalement en duralumin, sauf l’arrière du fuselage et les gouvernes qui étaient entoilées. Il était motorisé par un Hispano-Suiza 12Ycrs type 21 refroidit par liquide développant 910 ch, ce qui lui donnait une vitesse maximum de 417 km/h au niveau de la mer et de 505 km/h à 4000 m. L’armement se constituait d’un canon de 20mm monté entre les cylindres du moteur et de quatre mitrailleuses d’ailes de 7,7mm. Un parachute fut installé au bout de l’empennage pour faciliter la sortie de vrille au cas où il serait trop difficile d’en sortir durant les essais. Mais il n’eut jamais à servir. Les premiers tests montrèrent que le R-36 avait de très bonnes performances et surclassait même le MS-406.

Durant l’année 1938, les essais continuèrent sur le prototype du R-36 deuxième version qui était la cellule originale équipée d’une hélice tripale Hamilton standard « constant speed » à pas variable durant le vol, en lieu et place de la Ratier tripale à pas réglable au sol. Une autre modification fut le changement du liquide de refroidissement, le glycol étant remplacé par l’eau tandis que la prise d’air fut déplacée un peu en arrière et en dessous du capot moteur. Enfin, l’empennage fut agrandit.

En novembre, le pilote de l’usine Renard fit une démonstration devant les délégations étrangères de la Chine et de la France, il paraîtrait même qu’un pilote français essaya l’appareil de Renard. Un peu plus tard, durant le mois d’octobre, Alfred Renard proposa aux dirigeants français une commande de 100 R-36 au prix unitaire de 1,75 millions de francs annonçant une capacité de livraison de 20 unités par mois à partir du sixième. Néanmoins la proposition resta sans suite.

Enfin, lorsque tous les essais furent terminés et déclarés concluant, la défense nationale se décida enfin à passer commande de 40 exemplaires afin de rééquiper le II° groupe de Nivelles. C’était sans compter le tragique accident qui allait entraîner la perte du prototype et de son pilote, en effet, le 17 janvier 1939 et après 75 heures d’essais le R-36 s’écrasa à nivelles. Après cet accident le gouvernement annula la commande pour finalement acheter des Hurricanes Mk.I chez Hawker pourtant moins performants que l’appareil de Renard.

Une rumeur dit que la commande de chasseurs anglais avait déjà été passée avant la perte du R-36 et que celle-ci serait la bonne excuse pour annuler l’arrivée du chasseur de Renard dans l’Aéronautique militaire belge. Cette accusation fut soutenue par le rapport d’enquêtes qui ne trouva que deux causes possibles à l’accident: la première disait que la commande de profondeur aurait pu être bloquée par le poste radio qui serait tombé de son logement, tandis que la deuxième moins probable, impliquait un manque d’aération du cockpit ce qui aurait incommodé le pilote. Quoi qu’il en soit, rien ne mettait en cause la conception de l’avion lui-même, mais le R-36 n’avait hélas plus d’avenir.

Quelques mois auparavant, Alfred Renard avait entreprit la construction d’autres prototypes qui donnèrent des versions assez différentes du R-36 par leurs motorisations. La première, le R-37, se différenciait surtout par son moteur Gnome et Rhône 4N21 de 1050 ch. Il ne fut jamais testé avant que les Allemands capturent le terrain et ce fut un pilote de la Luftwaffe qui effectua certainement sans le savoir le vol d’essai, le R-37 disparu durant la guerre.

Le R-38 avait lui aussi comme seule différence son moteur qui était Rolls-Royce Merlin II de 1050 ch également, il accomplit brillamment son premier vol le 4 août 1938 et ne fut présenter aux autorités belges que le 18 juillet de l’année suivante. Lorsque l’Allemagne occupa la Belgique cet appareil fut envoyé en France d’où il devait rejoindre le Maroc, on pense qu’il fut abandonné à Bordeaux. Après la guerre, on le vit à Munich, mais non réclamé par la Belgique, il fut définitivement perdu.

Le R-40 fut conçu pour le ministère de l’air français, équipé aussi d’un Merlin II ce qui devait être un chasseur à haute altitude dont la cabine était largable. Il avait un poste de pilotage assez différent des autres versions et qui rappelait celui des chasseurs modernes alors en service dans les autres forces aériennes. Le prototype non terminé fut évacué vers la France en pièces détachées durant la débâcle mais n’arriva jamais à destination.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Renard R.36
Envergure : 11.64 m
Longueur : 8.64 m
Hauteur : 2.90 m
Motorisation : 1 moteur Hispano-Suiza 12Ycrs 21
Puissance totale : 1 x 910 ch.
Armement : 1 canon de 20mm
4 mitrailleuses de 7.7mm
Charge utile : -
Poids en charge : 2470 kg
Vitesse max. : 515 km/h à 4000 m
Plafond pratique : 12000 m
Distance max. : 890 Km
Equipage : 1
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