Fonctionnement de la détection acoustique

Fonctionnement de la détection acoustique

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TSF - Poste fixe - 1913

Comment cela fonctionne-t-il ?

Détecteur acoustique 1914 - 1918
Détecteur acoustique
1914 – 1918

La détection acoustique est la science de l’utilisation du son destinée à déterminer la distance et la direction d’un objet. En règle générale, les appareils de détection acoustiques sont constitués d’un ensemble de cornets fixés sur un support métallique. Ces cornets ou « oreilles » pivotent sur un axe et sont destinés à recevoir et intensifier les vibrations d’une source sonore. Ce dispositif est relié par des conduits auditifs aux oreilles d’un opérateur chargé d’en recueillir les ondes. Les cornets horizontaux déterminent l’azimut et les cornets verticaux marquent l’élévation.

Détecteur Acoustique  Fin Années 1930
Détecteur Acoustique
Fin Années 1930

Isolé, le détecteur acoustique n’est d’aucune utilité. L’essence d’un dispositif antiaérien est de détecter et détruire les appareils hostiles et pour cela, il faut pouvoir les localiser dans un espace à trois dimensions avant de les frapper. Les données recueillies par le détecteur acoustique sont traitées au profit des intervenants chargés de la riposte. La devise était simple « Un tir contre avion ne se règle pas, il se prépare » et pour que l’ensemble défensif soit homogène, il faut tenir compte de plusieurs paramètres et conditions à savoir :


Coast Artillery Anti Aircraft Field Manual FM4-112- Page 6 - US War Department
Coast Artillery Anti Aircraft Field Manual FM4-112- Page 6 – US War Department
La propagation du son :

Les sons progressent à plus ou moins 340 mètres/seconde et cette vitesse varie sensiblement selon les conditions météorologiques. Lorsque le son émit par le moteur d’un avion arrive de façon effective aux oreilles d’un opérateur, la cible a déjà progressé dans l’espace.


Coast Artillery Anti Aircraft Field Manual FM4-112- Page 9 - US War Department
Coast Artillery Anti Aircraft Field Manual FM4-112- Page 9 – US War Department
La perception sonore :

Quel que soit la conception du détecteur acoustique, les principes d’audition sont les mêmes. Dès que la source sonore parvient aux oreilles de l’opérateur, il oriente les cornets de détection sur un plan horizontal (gisement) et vertical (élévation) en direction de la cible jusqu’au moment où le son se stabilise de façon stéréophonique au centre de son image sonore personnelle. Il obtient ainsi une direction et une élévation relativement précise et peut alors considérer que l’objet volant est « locked on ».Deux opérateurs travaillant conjointement sur le même appareil acoustique augmenteront sensiblement la précision de la localisation.


France - Détecteur acoustique - 1916
France – Détecteur acoustique – 1916
France - Détecteur acoustique 1914-1918
France – Détecteur acoustique 1914-1918
L’environnement :

La perception d’un son est forcément amplifiée par les cornets mais pour les opérateurs à l’écoute, plusieurs éléments pouvaient perturber une bonne audition. D’abord, il y a les bruits ambiants inhérents à l’activité humaine aux alentours de l’appareil. Ensuite, il y a également les bruits atmosphériques tels que la pluie, l’orage, la neige, etc …

Il faut également tenir compte des bruits dus à la structure de l’appareil lui-même et le choix de l’emplacement est important car un terrain trop vallonné génère des échos et fausse la réception sonore. L’utilisation de matériaux d’isolation pour les cornets et d’amortissement des vibrations pour la structure amélioreront sensiblement le repérage des sons.


Le traitement :

Au début, l’opérateur ne pouvait donc déterminer que le déplacement d’un l’aéronef ou d’un dirigeable sans beaucoup d’autres indications. Au fil du temps, des instruments de mesures seront adjoints aux grandes oreilles afin de peaufiner la localisation et la progression de l’appareil ennemi dans l’espace. D’abord, Il s’agira principalement de calculateurs mécaniques peu fiables et de conception primaire. Au fur et à mesure, ces premiers calculateurs seront remplacés par des appareils électromécaniques. Les données seront alors traitées au moyen de systèmes de pointage et de conversions destinés à préciser vitesse, distance, altitude et changement de cap. Ces instruments de plus en plus performants seront en constante évolution et ils permettront également d’établir des corrections de tir destinées à l’artillerie antiaérienne.


La coordination :

Après les balbutiements dus à une coordination déficiente et à un matériel inadapté, les moyens engagés sont de plus en plus importants et les unités de « grandes oreilles » deviennent des éléments essentiels de la défense antiaérienne. Cette grosse machine regroupe rapidement des centres de Défense contre aéronefs rassemblant

  • Des postes d’observation généralement proches de la ligne de front.
  • Des unités de détection acoustique et leurs grandes oreilles.
  • Des sections de projecteurs antiaériens en cas d’attaques nocturnes.
  • Des batteries de défense antiaérienne lourdes et légères.
  • Des unités en charge des ballons captifs pour la protection des sites.
  • Des escadrilles de protection attachées à la défense antiaérienne.
  • Des unités supplétives  chargées du suivi des avions ennemis à travers le territoire.
  • Des liaisons avec les autorités civiles en cas d’alerte ou d’extinction des lumières dans les secteurs menacés.
  • Des troupes chargées de disperser de larges rideaux de fumée afin d’empêcher l’ennemi de viser les installations au sol.
  • Des unités logistiques conséquentes à tous les niveaux.
  • Etc….

Les transmissions :

Une telle organisation exige des moyens de liaison extrêmement performants. Les cornets acoustiques ont une portée limitée et l’augmentation constante de la vitesse des avions impose un temps de réaction extrêmement rapide. La communication à distance est la clé essentielle d’un dispositif d’alerte et les états-majors s’assureront que les meilleurs réseaux seront utilisés afin d’assurer une coordination efficace entre tous les différents acteurs ou servants très souvent éloignés les uns des autres.



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De mon vrai nom Patrick Debaisieux, j’ai gardé comme speudo « Mercator » célèbre cartographe (1512-1594) issu de mon plat pays. Forcément, j’apprécie tout ce qui touche de près ou de loin à l’aviation et plus particulièrement l’époque 1918-1939. Amateur de « Bons mots » et de lecture, je me définis plus comme homme des bois que des villes et je suppose qu’avec mes 57 balais, je ne changerai plus guère.