La détection acoustique durant la Seconde Guerre mondiale

La détection acoustique durant la Seconde Guerre mondiale

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Finlande Détecteur acoustique Goerz sur remorque

1939 – 1945 : la détection acoustique en photos

Allemagne et Europe occupée

Cette carte était utilisée dans un centre de défense antiaérien. Celle-ci est centrée sur la ville de Dessau et regroupe l’espace aérien entre Berlin, Leipzig et Dresdes. Les annotations reçues des postes d’écoute et d’observation sont indiquées dans les cercle concentriques et déterminent la progression et la trajectoire en temps réel des bombardiers ennemis.

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1943 – 1945 : des civils au service des grandes oreilles

Le remplacement progressif des grandes oreilles par des radars plus performants ne change pas fondamentalement une organisation défensive qui mobilise un personnel conséquent. Les années se succèdent et les différents fronts réclament de plus en plus de combattants. De nombreux postes d’écoute, d’observation et de DCA nécessitent l’engagement ou la mobilisation d’un personnel auxiliaire féminin, d’hommes n’ayant pas ou plus l’âge de combattre voire de blessés et mutilés après leurs revalidations. Quel que soit la nationalité, ces hommes et ces femmes tiendront un rôle primordial jusqu’à la fin du conflit.

Lors du blitz, les unités de détection acoustique, les radars et l’Observer Corps ont été les pierres angulaires de la défense antiaérienne britannique. Suite à son dévouement et son rôle durant la bataille d’Angleterre, l’Observer Corps s’est vu accordé le titre « Royal » par le Roi Georges VI. Cette organisation de défense civile administrée par la RAF devenait ainsi le ROC (Royal Observer Corps).

A partir de l’été 1942, La situation s’améliore avec la diminution des bombardements allemands. Cette situation n’empêchera pas l’incorporation de personnel féminin dans l’ATS (Auxiliary Territorial Service) et plus particulièrement au sein de la RAF dans les unités chargées de la défense antiaérienne.

Allemagne (Septembre 1942), face à une situation militaire incertaine,  la chancellerie ordonne le transfert de 120.000 hommes chargés de la défense aérienne du Reich pour renforcer les unités de combat au sol.

Unité féminine en charge d'un RRH  1944-1945
Unité féminine en charge d’un RRH 1944-1945

Très vite, les places vacantes seront attribuées aux hommes et femmes du Reichsarbeitsdienst (Service du travail volontaire) lesquels seront suivis plus tard par de jeunes Luftwaffenhelfer (étudiants du secondaire et apprentis de 16 à 18 ans) dont beaucoup seront en charge des postes d’observation, de DCA.  Jusqu’à la fin du conflit, hommes, femmes et adolescents seront au service d’une cause désespérée.

Début 1945, plus de 5.500 détecteurs acoustiques sont encore déployé sur le sol allemand mais leurs jeunes servants, hommes et femmes,  payeront un lourd tribut en étant la cible régulière d’attaque au sol de la part des chasseurs d’escorte alliés dont la protection des bombardiers contre une chasse ennemie devenue inexistante, n’était plus primordiale.

La fin des détecteurs acoustiques

Les dernières années du conflit ont démontré que les Etats Unis et la Grande Bretagne utilisaient des radars fonctionnels et efficaces mais le côté secret de cette technologie de pointe en interdisait la publication. Jusqu’en 1945, les autorités et la censure ont présenté auprès des médias les localisateurs acoustiques comme étant la référence des systèmes de repérage et de détection. La réalité est que les radars alliés avaient rapidement évolué et de plus, ils étaient supérieurs aux appareils de même type développés par l’Allemagne ou le Japon.

8 Mai 1945, une fois encore, l’Europe est en cendre et la reconstruction s’effectuera conjointement à l’établissement d’une ligne de démarcation où se feront face durant plusieurs décennies, les deux armées les plus puissantes du monde. Le 2 septembre 1945 marque la capitulation du Japon. La fin du second conflit mondial scelle définitivement le sort  des cornets acoustiques. Après un demi-siècle de services rendus, les grandes oreilles sont maintenant remplacées par des appareils dont les capacités de localisation et de traçage d’avions ennemis sont incomparables et nettement plus performantes. Les technologies associées aux radars ne cesseront d’évoluer mais cela est une autre histoire

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De mon vrai nom Patrick Debaisieux, j’ai gardé comme speudo « Mercator » célèbre cartographe (1512-1594) issu de mon plat pays. Forcément, j’apprécie tout ce qui touche de près ou de loin à l’aviation et plus particulièrement l’époque 1918-1939. Amateur de « Bons mots » et de lecture, je me définis plus comme homme des bois que des villes et je suppose qu’avec mes 57 balais, je ne changerai plus guère.