C’est une décision particulièrement rare à une telle échelle. Ce vendredi 17 décembre 2016 l’US Department of Defense a choisi d’interdire de vol, pour une durée limitée mais non connue à ce stade, l’ensemble de la flotte d’avions de combat Boeing EA-18G Growler et F/A-18E & F Super Hornet en service dans les rangs de l’US Navy. Il faut savoir que cela concerne près de 700 avions basés aussi bien à terre qu’à bord des porte-avions en opérations ou en patrouille un peu partout sur le globe.

À l’origine de cette décision exceptionnelle un grave incident survenu à NAS Whidbey Island dans l’état de Washington, au nord-ouest des États-Unis. Même si les conditions exactes sont encore garder secrètes par la marine américaine on sait que les deux membres d’équipage d’un Boeing EA-18G Growler de l’escadrille VAQ-132 ont été évacué par un hélicoptère sanitaire Sikorsky MH-60S Knighthawk vers le principal centre hospitalier (civil) de Seattle.
Il semblerait que l’avion ait lui subi des dégâts importants.

Immédiatement l’autorité politique et les amiraux américains ont décider de clouer au sol, ou dans les hangars des porte-avions tous les Growler mais aussi les F/A-18E & F Super Hornet. Si ces deux modèles d’avions sont concernés, cela signifie que c’est un problème structurel. Growler et Super Hornet partage en effet une importante partie de leur structure générale, le premier étant issu du second.

De ce fait tous les vols d’entraînement et d’exercice de ces avions sont stoppés sur le territoire américain et sur les bases ultramarines. Beaucoup plus grave les EA-18G et F/A-18E & F engagés dans la guerre contre l’autoproclamé État Islamique ne peuvent plus prendre les airs, réduisant ainsi considérablement le nombre de missions de frappes en Syrie. Les capacités d’appui des troupes terrestres en Irak s’en trouvent également impactées. Il faut savoir que Growler sont engagés notamment dans le brouillage des communications des factions djihadistes sur l’ensemble du territoire du «khalifat».

Un arrêt temporaire de l’utilisation de ces deux avions de première ligne qui pourrait aussi avoir des répercussions sur l’industrie aéronautique américaine. En effet le Pentagone aurait l’intention dans les mois à venir de passer commande de plusieurs dizaines de Super Hornet afin de remplacer les plus anciens des McDonnell Douglas F/A-18 Hornet encore en service.
Cette affaire pourrait compromettre le contrat.
Affaire à suivre donc.

Photo © US Navy.

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2 COMMENTAIRES

  1. Selon des sources concordantes sur le web US (où gravitent pas mal de militaires), il semblerait que ce soit dû à un déclenchement intempestif des charges explosives censées libérer la verrière lors du processus d’éjection (reste à en déterminer la cause).
    Pas d’éjection au sol mais un équipage blessé, verrière en morceaux et appareil endommagé, cependant il m’est avis que ce souci n’impactera que peu les vols opérationnels de combat au Levant après quelques vérifications d’usage (sur le sol US et les CVN non engagés par contre c’est une autre affaire, l’entrainement revêt moins d’urgence).

    De toute façon, les « Legacy Hornets » (versions A-B-C-D et similaires à l’export) connaissent ces derniers mois un taux alarmant d’incidents (dont crashs mortels) qui fait hausser les sourcils de beaucoup au pentagone et dans l’opinion publique américaine, donc leur remplacement progressifs par des « Superbugs » tout neufs risque malgré tout d’être acté dans peu de temps. Cette affaire ne changera pas le cours de l’histoire du Rhino, c’est un incident isolé après des dizaines de milliers d’heures de vol accumulées par la flotte, l’appareil restant un modèle de fiabilité vu ses conditions d’emploi difficiles.

    Sur une note plus légère, on pourrait toujours leur proposer les Rafale M hein, ils sont déclarés interopérables avec leurs porte-avions, et ce serait de bonne guerre après la tentative US de tuer la version navale de notre bébé en nous proposant des Hornets après le retrait du Crusader 😉 .

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