J’étais dans ma dixième année, un minot, je rêvais déjà de machines volantes et je sifflotais (faux) ses chansons. Je me souviendrais toujours de ce mardi 14 janvier 1986, quand le journal télévisé d’Antenne 2 annonça la mort de Daniel Balavoine dans le crash d’un hélicoptère. Quarante ans plus tard de nombreuses zones d’ombres existent encore pour expliquer pourquoi l’Écureuil dans lequel il se trouvait s’est écrasé dans le désert du Mali. Cinq personnes, pilote compris, se trouvaient à bord ; aucun n’a survécu.
Si vous êtes né(e) dans les années 1960, ou comme moi dans les années 1970, Balavoine a forcément fait partie de votre vie ; d’adolescent ou d’enfant. Et quand l’annonce de sa mort est survenue cela a de grandes chances de vous avoir pris aux tripes. Symbole d’une jeunesse qui «emmerdait le Front National» et refusait toute forme de racisme et de xénophobie ses textes nous touchaient parce qu’ils étaient écrits autant avec la tête qu’avec le cœur.
Comment ne pas en avoir la larme à l’œil en réécoutant «Sauver l’amour» ou «L’Aziza» ?
Et dire que c’est un hélico qui nous l’a pris, ou plutôt son crash. Que c’était dur à 9 ans et des brouettes de se passionner pour l’aviation et de voir ainsi mourir son idole… la vie est vraiment mal faite parfois. Sur le crash de l’Écureuil immatriculé F-GEAM et survenu à Rharous dans le centre du Mali il y a encore un nombre important de questions. En fait personne ne sait vraiment pourquoi le monoturbine s’est écrasé dans le désert, en marge du rallye automobile Paris-Dakar. Ce qui est sûr c’est que la visibilité était mauvaise, entre une tempête de sable et la nuit qui tombait. L’hélico aurait volé trop bas, et heurté le sol à trop grande vitesse pour permettre une issue autre que fatale à son pilote suisse François-Xavier Bagnoud et ses quatre occupants français. Outre Daniel Balavoine il y avait la journaliste sportive Nathalie Odent, le technicien radio Jean-Paul Le Fur, et Thierry Sabine le patron de la course.
Balavoine et Sabine étaient amis dans la vie. Les cinq ont été tué sur le coup.
Ironie de l’Histoire Daniel Balavoine ne connaîtra jamais le succès monstrueux de «L’Aziza» sortie quelques jours seulement avant son décès et qui demeure une des chansons françaises majeures des années 1980. Un texte, que comme souvent dans son cas, il signa lui-même et dont voici les paroles.
«Petite rue de Casbah
Au milieu de Casa
Petite brune enroulée d’un drap
Court autour de moi
Ses yeux remplis de « pourquoi ? »
Cherchent une réponse en moi
Elle veut vraiment que rien ne soit sûr
Dans tout ce qu’elle croit
Ta couleur et tes mots, tout me va
Que tu vives ici ou là-bas
Danse avec moi (Danse avec moi)
Si tu crois que ta vie est là
Ce n’est pas un problème pour moi
L’Aziza
Je te veux si tu veux de moi
Et quand tu marches le soir
Ne tremble pas
Laisse glisser les mauvais regards
Qui pèsent sur toi
L’Aziza ton étoile jaune c’est ta peau
Tu n’as pas le choix
Ne la porte pas comme on porte un fardeau
Ta force c’est ton droit
Ta couleur et tes mots, tout me va
Que tu vives ici ou là-bas
Danse avec moi (Danse avec moi)
Si tu crois que ta vie est là
Ce n’est pas un problème pour moi
L’Aziza
Je te veux si tu veux de moi
L’Aziza
Ta couleur et tes mots tout me va
Danse avec moi (Danse avec moi)
Que tu vives ici ou là-bas
Ce n’est pas un problème pour moi, oh oh
L’Aziza (L’Aziza)
Je te veux si tu veux de moi
L’Aziza (L’Aziza)
Si tu crois que ta vie est là
Il n’y a pas de loi contre ça
L’Aziza (L’Aziza)
Fille enfant du prophète roi
Ta couleur et tes mots, tout me va
Que tu vives ici ou là-bas
Danse avec moi
Si tu crois que ta vie est là
Ce n’est pas un problème pour moi»
Pour paraphraser le chanteur Renault à propos de l’accident qui quelques mois plus tard tua son ami Coluche : «putain d’hélicoptère !!!»
Photo © Agence France Presse.
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