Le (faux) centenaire de la Lufthansa.

C’est non seulement un des compagnies aériennes les plus célèbres en Europe mais aussi dans le monde. Ce mardi 6 janvier 2026 la Lufthansa fête les 100 ans de sa naissance. Sauf que ce centenaire est fictif puisque le transporteur demeura totalement inactif pendant dix ans, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. C’est un cas assez unique dans l’histoire de l’aviation.

Officiellement c’est bien le mercredi 6 janvier 1926 que la compagnie Deutsche Luft Hansa A.G. vit le jour comme transporteur aérien officiel de l’Allemagne. Il s’agissait pour la République de Weimar d’apporter des garanties de stabilité aux vainqueurs de la Grande Guerre. Le traité de Versailles avait en effet, sept ans plus tôt, autorisé les Allemands à posséder une activité aérienne civile. Les premières lignes commerciales s’ouvrirent avec des Albatros monoplans L.58 et biplans L.73, avec des monoplans Fokker F.II, et des monoplans Junkers F-13.
En 1933 la raison sociale de l’entreprise fut changée et devint Deutsche Lufthansa raccourcie trois ans plus tard en seulement Lufthansa. Le régime hitlérien fit de la compagnie aérienne étatique son véritable porte-étendard.

Aux travers de la Lufthansa les nazis voulaient montrer la puissance de leur pays, au-delà des seuls zeppelins que certains jugeaient déjà totalement obsolètes dès le début des années 1930. Au milieu des années 1930 les grands avions de ligne allemands s’appelaient Focke-Wulf Fw 200 Condor, Heinkel He 70 Blitz, Junkers Ju 52/3 et Ju 86. Le Junkers Ju 160 assurait lui les liaisons aériennes peu fréquentés, de seconde zone. Il est intéressant de voir que plusieurs de ces avions cachaient en fait de futurs appareils armés qui allaient faire les grandes heures de la Luftwaffe contre la Pologne, puis la Belgique, la France, et enfin la Grande Bretagne. Les liaisons aériennes se poursuivirent durant toute la guerre, jusqu’au dimanche 22 avril 1945. Ce jour là un Ju 52/3 avec quinze passagers à son bord rallia Berlin à la ville portuaire de Warnemünde sur la Baltique. Malgré des tirs en provenance d’une patrouille américaine de chasse l’avion civil se posa sans encombre. C’était alors le dernier vol de la Lufthansa avant un bon moment.

En effet ses dirigeants s’étant montrés des nazis zélés la compagnie aérienne n’eut pas l’autorisation de reprendre ses vols une fois l’Allemagne défaite militairement. Pourtant dès 1951 plusieurs dirigeants ouest-allemands firent savoir aux autorités américaines, britanniques, et françaises leur souhait de voir renaître le transporteur aérien. Des pourparlers eurent lieu et on tomba d’accord entre les Alliés et de gouvernement de Bonn afin que la nouvelle compagnie naisse officiellement le 6 janvier 1953 sous la raison sociale de Luftag. Celle-ci possédait alors quatre bimoteurs Convair CV-340 et quatre quadrimoteurs Lockheed L-1049 Super Constellation. Ses liaisons aériennes étaient alors limités en vols intérieurs à desservir Bonn, Cologne, et Hambourg et en vols internationaux Bruxelles, Londres, et Paris. Pourtant Luftag n’avait aucune autorisation réelle de desserte. Elle existait, ses avions aussi, mais aucun ne volait. Cet imbroglio prit fin le 1er avril 1955 pour les vols intérieurs puis le 15 mai de la même année pour les dessertes internationales. Entre temps la compagnie avait retrouvé son logo d’origine et son nom Lufthansa.

Suivant toutes les évolutions technologiques et commerciales de son temps, mis à part le Concorde qu’elle bouda, la Lufthansa épousa notamment les Boeing 727 et 747 ou encore la révolution Airbus. En 1991 elle se heurta pourtant à la réunification des deux Allemagne. Si la Luftwaffe n’eut aucun mal à absorber certains aéronefs est-allemands comme les Let L-410 et les MiG-29 il en fut tout autrement de la Lufthansa vis-à-vis des avions de son équivalente marxiste. Interflug arriva avec des Ilyushin Il-18 Coot, Tupolev Tu-134 Crusty, et autres Tu-154 Careless absolument pas aux normes ouest-allemandes. Il fallut leur faire une place… avant de vite les retirer du service et essayer de les revendre (voire franchement les refourguer !!!) à qui en voudraient.

Aujourd’hui, cent ans après sa fondation Lufhansa est un des transporteurs majeurs dans le monde avec une flotte Airbus Boeing articulée autour de 225 avions dont des A320 Neo/A321 Neo et des A350-900 et -1000 ou encore des 747-8I et des 787-9. Lufthansa aligne encore quelques vieux gros porteurs A380 et 747-400.

Photo © Lufthansa


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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