Les milliers de touristes qui en cette période de vacances estivales ont recours aux avions oranges et blancs de la compagnie britannique EasyJet ignorent sûrement tout des bouleversements qu’elle va vivre dans les mois à venir. La célèbre compagnie aérienne à bas coût se prépare en effet à une petite révolution en faisant «déménager» sa flotte d’avions de lignes de Londres à Vienne. Grâce à cette manœuvre de grande envergure les dirigeants du transporteur s’assurent de pouvoir continuer à sillonner les cieux européens sans avoir à craindre les retombées néfastes de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

Car c’est bien cela qui affole les transporteurs britanniques, et EasyJet ne veut sûrement pas perdre son statut de cinquième transporteur européen, deuxième sur le marché à bas coût derrière Ryanair : ne plus bénéficier des accords européens sur le ciel ouvert. Pour y remédier les biréacteurs d’EasyJet vont donc devoir dire bye bye à leur immatriculation britannique en G- pour une autrichienne en OE-. Grâce à cela les avions pourront continuer de voler en Europe avec les mêmes avantages que n’importe quelle compagnie aérienne européenne.

Si ce mécanisme économique a de quoi heurter, car il va à l’encontre du vote souverain des citoyens britanniques (et ce en dehors de toutes considérations personnelles sur le Brexit) il a au moins le mérite de démontrer qu’une compagnie aérienne n’est pas la «propriété» du pays où elle réside ou bien où elle a été fondéee. D’ailleurs afin d’éviter tous risques avec les autorités fiscales autrichiennes et la commission européenne ces avions appartiendront très bientôt à une nouvelle structure du groupe EasyJet : EasyJet Europe.

Ce sont donc un peu plus de deux cent cinquante Airbus A319 et A320 qui vont voir leur immatriculation modifiée. Même si sur le papier c’est l’aéroport international de Vienne-Schwechat qui sera la base opérationnelle de ces avions, une grande partie des activités se fera encore depuis le sol anglais et ses installations notamment les historiques de Londres-Luton.

Gageons que nos amis spotters vont se faire un plaisir dans les prochains mois de shooter ces Airbus oranges et blancs flanqués de leur nouvelle immatriculation. Alors bien entendu ce changement de pays européen ne s’accompagnera pas d’un nouveau baptême, EasyJet ne deviendra pas EinfachFlugzeug. De même la langue de Mozart ne remplacera pas celle de Shakespeare à bord des avions.

Photo © Wikimédia Commons.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom