Bell 214 Big Lifter

Bell 214 Big Lifter


Fiche descriptive

Appareil : Bell 214 Big Lifter
Constructeur : Bell Helicopter Textron Inc
Désignation : 214
Nom / Surnom : Big Lifter
Code allié / OTAN :
Variante : Model 214ST
Mise en service : 1971
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère polyvalent, hélicoptère de sauvetage.

Histoire

Bell 214 Big Lifter :
Un Huey surgonflé

Dans le monde aéronautique il est notoire qu’un appareil ne se vend jamais mieux que quand il est déjà en service dans son pays d’origine. Il en va de soit avec chaque type d’aéronefs militaires, des plus sophistiqués aux plus rustiques, toutefois certaines machines ont connu le succès commercial sans pour autant avoir reçu de commande locale. Ces dernières machines sont toutefois extrêmement rares, et résultent souvent de projets issus directement de forces étrangères ayant des besoins concrets. C’est à partir de ce constat que fut conçu un des rares hélicoptères d’assaut américain à n’avoir jamais porté la cocarde à étoile des États-Unis : le Bell 214 Big Lifter.

Tout commença en 1969 quand l’Iran, à l’époque principal allié des Américains au Moyen Orient, demanda à l’hélicoptériste Bell de concevoir une version améliorée et mieux motorisée de son UH-1H alors en service dans les forces américaines. En effet ce dernier, bien que très polyvalent, était relativement inadapté aux opérations en milieu aride et sec. Bell décida de désigner son nouvel appareil Model 214.

Celui ci se présentait sous la forme d’un Huey auquel la cabine fut légèrement agrandie, mais sur lequel le constructeur changea surtout les patins d’atterrissage, le cockpit qui fut renforcé en tenant compte des attentes iraniennes, et bien sûr avec une nouvelle motorisation. Pour ce faire le turbomoteur Lycoming T53 d’origine de 1 400 chevaux du UH-1H fut remplacé par un Lycoming LTC4B d’une puissance de 2 930 chevaux. Ce doublement de puissance fut accompagné d’un changement de rotor, ce dernier s’avérant même plus petit que celui du Huey. Le prototype du Bell 214 vola en octobre 1970.

Immédiatement l’empire iranien passa commande pour 287 appareils qui furent acquis grâce au MDAP (pour Mutuel Defence Assistance Program, programme d’assistance militaire mutuel) mis en place par Washington-DC. Ces appareils, strictement identique au prototype reçurent la désignation de Bell 214A et furent baptisés Isfahan en Iran, du nom de la seconde ville du pays. A la différence du Huey limité à onze fantassins équipés, le 214A pouvait en emporter quatorze. A l’usage les Iraniens se rendirent compte que l’Isfahan possédait également des qualités de vol en montagne. Début 1977 Bell livra six appareils supplémentaires à Téhéran, en même temps que 39 exemplaires de la version 214C dédiée aux missions de recherche et sauvetage avec la possibilité d’être embarqués à bord des navires de guerre de la flotte perse. Quelques jours seulement après la livraison du dernier Isfahan l’Histoire rattrapa le Bell 214. En effet la Révolution Islamique mit un terme aux livraisons d’armes par les États-Unis à l’Iran. En effet le pouvoir des Ayatollahs estimait voir en l’Amérique un ennemi absolu.

Les Isfahan iraniens ont massivement servit durant la Guerre Iran-Irak aussi bien dans des missions de transport de troupe, que d’évacuations sanitaires, ou encore de sauvetage en mer. Lors de ce conflit de nombreux appareils de ce type auraient été perdus, notamment du fait des hélicoptères de combat mis en œuvre par les pilotes irakiens. En 2007, la presse spécialisée anglo-saxonne faisait état de la possibilité d’une maintenance des Isfahan par des techniciens chinois. Quoi qu’il en soit au milieu de l’année 2015 il semblait que la République Islamique d’Iran ne dispose plus que d’environ soixante-dix Bell 214 sur les 332 livrés entre 1972 et 1977.

Outre par l’Iran des Big Lifter, nom officiellement donné au Bell 214 par son constructeur, furent acquis par trois pays en petite quantité. Ainsi l’Ejercito del Ecuador acquit en 1976 trois Bell 214B qui semble encore en service de nos jours pour des missions de transport de personnels et d’opérations en haute montagne. De son côté le sultanat d’Oman fit l’acquisition la même année de six appareils identiques pour des missions de transport d’assaut.

Mais ce sont probablement les cinq Bell 214B de Dubaï qui sont parmi les plus célèbres, après les Isfahan. En effet deux de ces hélicoptères furent utilisés en février 1991 pour rechercher l’équipage d’un Tornado GR Mk-1 de la Royal Air Force perdu en opération au large du Qatar. Les deux hélicoptères émiratis volèrent aux côtés des Westland Commandos Mk-2A qataris.

Le Bell 214B a donné naissance à une machine aux capacités surprenantes : le Bell 214ST, ST pour Super Transport, destiné au transport lourd. Celui ci résultait en fait d’une transformation encore plus radicale qu’entre le Huey et le 214A, puisque l’hélicoptère fut transformé en bimoteur avec deux turbomoteurs General Electric CT7, la version civile du T700 équipant notamment le McDonnell Douglas AH-64A Apache ou encore le Sikorsky UH-60A Blackhawk. Toutefois le CT7 était détaré à 1 625 chevaux. La cabine fut elle aussi largement modifiée de manière à accueillir plus de troupes ou de passagers. A la différence du Big Lifter le 214ST pouvait être vendu avec un train d’atterrissage classique à patins ou bien à roues.

Ayant volé en juillet 1979 le Bell 214ST arriva trop tard pour être vendu à l’Iran. Toutefois plusieurs exemplaires rejoignirent les rangs d’aviations terrestres et de forces aériennes divers. Ainsi le sultanat de Brunei fit l’acquisition en 1980 d’un unique Bell 214ST pour des missions de recherche et sauvetage terrestres et/ou maritimes. Un de ses voisins, la Thaïlande acheta cinq exemplaires de cette machine qu’elle utilisa dans sa marine de guerre jusqu’à l’arrivé de ses premiers Sikorsky S-70C. Les 214ST ont été retirés du service dans la Royal Thai Navy en 1998 et affectés par la suite à la police fédérale de ce pays pour des opérations anti-terroristes.

En Amérique du Sud le Pérou et le Venezuela ont respectivement utilisés cinq et six appareils pour des missions de sauvetage et de transport de troupes. Mais le principal utilisateur militaire du 214ST fut sans conteste l’Irak de Saddam Hussein qui acheta en 1983, en pleine guerre Iran Irak, un lot de quatorze hélicoptères de ce type pour des opérations spéciales et des missions d’évacuation sanitaire. Quatre de ces engins furent perdus durant le conflit. C’est ainsi que cette guerre vit s’opposer des Bell 214A/B/C à des Bell 214ST, Iran contre Irak.

Avec un peu plus de 550 exemplaires construits, majoritairement pour des militaires, le Bell 214 dans ses quatre versions, reste un bon succès à l’export pour son constructeur. Jusqu’à l’apparition en 2015 du Model 525 Relentless, le Bell 214ST était le plus gros hélicoptère conçu et construit par Bell. Si la France n’utilisa jamais aucun de ces hélicoptères sous ses cocardes, au moins trois appareils y ont volés pour le compte d’opérateurs civils. L’un d’entre eux a servi jusqu’en 2006 sous les couleurs d’EDF pour de la pose de lignes à haute-tension. Il a depuis été remplacé par un Eurocopter AS-355F Ecureuil 2. Le Bell 214A demeure aujourd’hui encore l’un des hélicoptères ayant le rapport masse puissance le plus élevé de tous les temps.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Bell 214A Isfahan
Envergure : 15.24 m (diamètre du rotor principal)
Longueur : 14.63 m
Hauteur : 3.90 m
Motorisation : 1 turbomoteur Lycoming LTC4B-8D
Puissance totale : 1 x 2390 ch.
Armement : Une mitrailleuse Browning de 12.7mm tirant en sabord.
Charge utile : 14 soldats équipés ou 6 blessés et 2 médecins ou 2050 kg sous élingue
Poids en charge : 6805 kg
Vitesse max. : 260 km/h à 2500 m
Plafond pratique : 7450 m
Distance max. : 500 Km à charge maximale.
Equipage : 3
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Bell 214 Big Lifter

Profil Couleur

Profil couleur du Bell 214 Big Lifter

Vidéo

Bell 214 Big Lifter de lutte anti-feux

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.