Caudron G.4

Caudron G.4


Fiche descriptive

Appareil : Caudron G.4
Constructeur : Société Anonyme des Avions Caudron
Désignation : G.4
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1915
Pays d'origine : France
Catégorie : Bombardiers avant 1950
Rôle et missions : Bombardier, avion de reconnaissance, avion d'entraînement

Histoire

Caudron G.4 :
Aux origines du bombardement aérien

En 1914, les aéronefs n’ont pas la structure adéquate pour des missions de bombardement. Pourtant, René Caudron, va y songer. Il prend comme base son avion de reconnaissance et d’entrainement G-3, lui ôte le moteur, redessine le fuselage de manière à l’entoiler complètement et affine son empennage. Logiquement le nouvel avion est baptisé G-4.

Mais Caudron a encore un souci, et de taille : la motorisation. Il décide que son appareil sera un bimoteur. Pour accroitre la maniabilité de l’avion l’ingénieur double le nombre de gouverne passant de deux sur le G-3 à quatre sur le G-4. Les deux moteurs Le Rhône rotatifs sont disposés dans des nacelles suspendues entre les deux plans de voilures et rattachés aux mâts. Le pilote et l’observateur-bombardier sont placés dans le cockpit ouvert. L’absence de moteur devant lui laissait au pilote un champ de vision idéal, ce qui n’était pas le cas de son second dont les azimuts droits et gauches étaient faussés par la présence des nacelles-moteurs.

René Caudron est alors un grand ingénieur, mais également un bon pilote. C’est cette seconde qualité qui va lui donner l’idée de rapprocher le plus possible les nacelles-moteurs du fuselage. Ainsi fait si un des deux moteurs venait à caler, où voir pis à se prendre une rafale de balles, l’avion pourrait toujours continuer à voler et retourner tant bien que mal à sa base. Le déroulement des hostilités donnera raison à Caudron. Le premier appareil prend l’air pour la première fois le 3 mars 1915 devant un parterre d’officiers français mais aussi italiens et britanniques. Si pour ces derniers la vocation de bombardement de l’avion ne fait aucun doute, il n’en est pas forcément de même auprès de l’état-major français qui voit en le G-4 un nouvel avion de réglage d’artillerie. Le tout jeune Ministère de l’Air commande alors à Caudron la réalisation deux séries de son avion : le G-4-A2 de réglage et le G-4-B2 de bombardement. Les cadences de fabrications sont alors mises au maximum, tant et si bien que les premiers avions arrivent en unités en novembre 1915.

Les escadrilles françaises découvrent alors un appareil très maniable, assez rapide, et surtout capable de voler plus haut que les chasseurs allemands de l’époque. En janvier 1916 l’état-major français fait lancer un raid aérien avec plus de cinquante bombardiers G-4 contre les villes de Rhénanie. La surprise est totale en Allemagne car la région se croit alors en sécurité des appareils français. L’Allemagne décide de réagir en concevant des chasseurs plus rapide et volant plus haut. En février 1916 débute la terrible et sanglante bataille de Verdun. Si l’affrontement fut tellement mortel pour les fantassins, les premiers mois de la bataille virent la suprématie des bombardiers G-4, et parfois des versions de réglages de tirs, sur les troupes du Kaiser. Néanmoins à partir de septembre 1916 l’arrivée de chasseurs allemands comme le Fokker E-III allait sonner le glas des bombardiers G-4 sur le front de Verdun. Nombres d’entre eux allaient tomber sous les balles des mitrailleuses de ces chasseurs monoplans.

Toutefois la carrière du bombardier G-4 n’allait pas s’arrêter pour autant. En Italie la toute jeune Aeronautica Militare allait recevoir 52 G-4-B2 et en assembler 51 autres dans la région de Turin. L’Italie, allié de la France, avait prévu un stratagème aussi surprenant pour les Austro-hongrois que ne l’avait été le bombardement sur la Rhénanie pour les Allemands : passer au-dessus des Alpes ! Partis de la ville de Bolzano les bombardiers italiens attaquèrent les faubourgs d’Innsbruck. Tous les G-4 revinrent à leurs bases sauf deux. Un avait été abattu par l’armée autrichienne et le second s’étant perdu avait survolé les Alpes suisses et franchit … le Mont-Blanc. Ils avaient ainsi dépassé le plafond théorique de l’appareil de plus de 500 mètres. Le G-4 italien vint se poser dans un pré à proximité de Grenoble. Les G-4 demeurèrent en service en Italie jusqu’en 1920. Mais à partir de 1918 il fut cantonné à des missions d’entrainement.

L’Italie et la France ne sont pas les seuls utilisateurs de ce bombardier. En effet le Royal Naval Air Service, l’ancêtre commun de la Royal Air Force et de la Fleet Air Arm, utilisa un total de 55 appareils dont 12 avaient été produits sous licence par la British Caudron Company, futur Airspeed. Affectés au Squadron 7, ces avions effectuèrent des missions de bombardements de nuit contre les bases de dirigeables Zeppelins allemands sis en Belgique occupée. Arrivés en unités en février 1916, ils ne furent remplacés par les Handley-Page O/100 qu’en juillet 1917. Le Caudron G-4 est le premier bombardier à avoir été déclaré opérationnel dans les armées de Sa Majesté.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Caudron G.4-B2
Envergure : 17.20 m
Longueur : 7.20 m
Hauteur : 2.60 m
Motorisation : 2 moteurs rotatifs Le Rhône
Puissance totale : 2 x 80 ch.
Armement : 2 mitrailleuses jumelées Lewis de 7.7mm
150kg de bombes
ou 6 roquettes Le Prieur
Charge utile :
Poids en charge : 1330 kg
Vitesse max. : 135 km/h à 1800 m
Plafond pratique : 4300 m
Distance max. : 3 Heure(s) et 20 mn
Equipage : 2 personnes
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Caudron G.4

Profil Couleur

Profil couleur du Caudron G.4

Vidéo

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.