Loire 70

Loire 70


Fiche descriptive

Appareil : Loire 70
Constructeur : Chantiers de la Loire
Désignation : Loire 70
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1937
Pays d'origine : France
Catégorie : Hydravions
Rôle et missions : Reconnaissance maritime, missions coloniales.

Histoire

Loire 70 :
Un hydravion vraiment très laid

Le grand ingénieur et concepteur d’avions Marcel Dassault avait, selon la légende, l’habitude de dire « mes avions volent bien parce qu’ils sont beaux« . Si en effet cela se vérifia souvent avec ses appareils, comme par exemple  l’Ouragan et le Milan, il faut en outre savoir que tous les aéronefs français n’étaient en fait pas concernés par cette expression. En effet, beaucoup d’appareils très beaux volèrent très mal, et ce quelques soient les avionneurs. Pis certains appareils cumulaient le fait d’être particulièrement peu esthétiques et de mal voler. L’un des exemples les plus frappants est l’hydravion français de reconnaissance maritime Loire 70.

Cette machine si particulière tire ses origines d’un cahier des charges émit par les amiraux de la rue Royale en 1932 concernant un hydravion d’exploration lointaine. Sous cette désignation un peu étrange, on retrouvait les appareils destinés à remplir des missions de reconnaissance maritime à plus ou moins long rayon d’action, et devant opérer à partir de bases situées dans les colonnies françaises.

Devant la relative complexité du programme et un développement qui s’annonçait restreint seul l’avionneur Loire décida de proposer quelque chose à la Marine sous la forme d’une maquette désignée Loire 70. Un prototype fut commandé.

Celui ci réalisa son premier vol très rapidement, puisqu’il déjaugea pour la première fois le 28 décembre 1933. Toutefois ce prototype n’avait pas grand chose à voir avec l’hydravion qui allait entrer en service quelques années plus tard. Mis à part l’architecture générale à trois moteurs ce premier Loire 70 ne faisait que préfigurer la version de série. En effet pour causes de diverses décisions techniques, militaires, et politiques le premier exemplaire n’entra en service actif que trois ans et demi plus tard.

Le Loire 70 de série se présentait sous la forme d’un hydravion trimoteur à coque. Celle ci disposait d’un double redan et était, à l’instar du reste de la machine, construite en bois entoilé et métal. Du caoutchouc fut rajouté pour étanchéifier certaines parties mobiles de cette coque. Le fuselage disposait de sections rectangulaires, mais aussi circulaires et possédaient de nombreuses surfaces plus ou moins vitrées. Deux petits flotteurs annexes étaient installés sous la voilure haute et droite de l’appareil. Sa propulsion était assurée par trois moteurs en étoile Gnome & Rhône, deux en propulsion poussive et un en tractive. Chacun de ces moteurs avait une puissance de 740 chevaux et actionnait une hélice métallique bipale. L’armement se composait de mitrailleuses mobiles Darne d’un calibre unitaire de 7.5mm installés dans le nez, en position latérale avant droite et gauche, en position double arrière, et même une se situant à l’arrière du décrochement entre la coque et la poutrelle de queue. Cette dernière arme, amovible, devait être ôtée à chaque amerrissage ou déjaugeage de l’hydravion. Son servant tirait couché sur le ventre et disposait d’un débattement très limité. Une charge de 600kg de bombes ou de charges de profondeur, voire de mines, était emportée sous voilure. Le Loire 70 embarquait un équipage de sept marins.

Affectés dès leur arrivée, en juin 1937, à l’Escadrille E7 de Karouba en Tunisie ces appareils avaient pour mission de surveiller l’activité navale en Méditerranée, mais aussi d’effectuer des bombardements rapprochés. Lents et peu maniables les trimoteurs Loire n’étaient pas particulièrement adaptés à cette dernière mission.

Avec la montée en puissance, dans cette région, de l’Italie fasciste de Mussolini la Marine demanda à Loire d’accélérer les livraisons de ces appareils, c’est la raison pour laquelle le prototype fut transformé de manière à devenir le cinquième exemplaire de série.

Au milieu de l’année 1938, la E7 disposait de sa dotation complète de Loire 70, à savoir huit exemplaires. Ces appareils réalisaient fréquemment des missions de reconnaissance armée au dessus des bâtiments de guerre de la marine fasciste mouillant au large de la Libye. Fragiles et finalement peu adaptés au climat nord-africain les Loire 70 étaient des hydravions qui connurent de fréquentes pannes et des accidents plus ou moins graves. C’est ainsi qu’à l’entrée en guerre de la France contre le IIIème Reich en septembre 1939 la Marine ne disposait plus que de cinq appareils en état de voler.  L’un de ceux ci s’abîma d’ailleurs en mer à cette époque lors d’un vol de routine.

Les Loire 70 de la Marine ne connurent le feu qu’une seule fois lors du conflit, lorsque le 12 juin 1940 des bombardiers et chasseurs de la Regia Aeronautica, l’aviation militaire fasciste, menèrent un raid aérien contre Karouba et ses installations navales. Si l’un d’entre eux semble avoir eu le temps de prendre l’air, il reste à déplorer que trois des quatre trimoteurs furent ce jour là détruits par l’Italie. En outre trois autres appareils français dont un Potez 567 furent plus ou moins lourdement endommagés. Il semble que la Regia Aeronautica n’ai ce jour là perdu qu’un seul et unique biplan de chasse CR-42.

Le dernier Loire 70 semble avoir été mis au rencard quelques semaines plus tard et ferraillé sur place.

Non seulement cet appareil était laid, mais en plus il n’était pas particulièrement adapté à sa mission, ce qui le rendait dangereux pour son équipage. A l’époque, l’appareil fut affublé du sobriquet de « cathédrale volante » tant il semblait tout droit sortie de la tête d’un architecte gothique. Le Loire 70 est typique des appareils dépassés, dans leur conception, que la France opposa en 1939-1940 aux forces de l’Axe.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Loire 70
Envergure : 30.00 m
Longueur : 19.58 m
Hauteur : 6.45 m
Motorisation : 3 moteurs en étoile Gnome & Rhône 9Kfr
Puissance totale : 3 x 740 ch.
Armement : Six mitrailleuses mobiles de 7.5mm + 600kg de bombes, charges de profondeurs, ou mines.
Charge utile : Deux passagers, ou 80 kg de fret léger.
Poids en charge : 11500 kg
Vitesse max. : 220 km/h à 1500 m
Plafond pratique : 4000 m
Distance max. : 2200 Km
Equipage : 7 personnes
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Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.