Nord N.3202 Master

Nord N.3202 Master


Fiche descriptive

Appareil : Nord N.3202 Master
Constructeur : Société Nationale de Constructions Aéronautiques du Nord
Désignation : N.3202
Nom / Surnom : Master
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1958
Pays d'origine : France
Catégorie : Avions d'entraînement
Rôle et missions : Avion d'entraînement basique, entraînement à la voltige

Histoire

Nord N.3202 Master :
l'avion d'entraînement de l'ALAT

Durant les années 50 et 60, la Société Nationale de Construction Aéronautique du Nord (SNCAN) mieux connue sous le nom de Nord a construit quelques uns des avions qui ont fait la réputation de l’industrie aéronautique française, que ce soit dans le domaine des avions de transports, que dans celle des avions de combat avec le mythique Griffon, malheureusement délaissé au profit du Mirage III. Nord qui avait repris à la fois les activités des avionneurs Potez et Arsenal, conduisit également les travaux d’avions plus modestes, mais aux carrières souvent riches. Que ce soit des avions de liaison ou des avions d’entrainement, les machines conçues par Nord ont su remplir leurs fonctions avec brio, même si les avions légers construits par cette firme n’ont été que peu ou pas du tout exportés. L’un des symboles de cette diversité dans la construction est le petit monomoteur d’instruction primaire N-3202, également connu sous le nom de Nord Master.

En 1955, l’Aviation Légère de l’Armée de Terre fit savoir qu’elle recherchait un avion d’entrainement susceptible de remplacer les Sipa 111, un avion issu de l’Arado Ar-396 allemand datant de la Seconde Guerre mondiale, pour la mission de formation initiale des futurs pilotes. A cette époque, tous les pilotes de l’ALAT, tant ceux destinés à voler sur des avions légers que ceux devant se retrouver aux commandes d’hélicoptères, avaient un tronc commun de formation sur avions d’entrainement primaire. Alors que plusieurs constructeurs proposaient des projets divers, et que l’Armée de l’Air proposait même de céder des North American T-6 à bout de souffle, le Ministère de la Défense chargea la SNCAN d’étudier un appareil afin de répondre à cette demande de l’ALAT. Le constructeur avait à l’époque une bonne réputation auprès des pilotes de l’ALAT grâce à quelques séries d’avions de liaisons et d’observation.

Les ingénieurs de l’usine Nord de Méaulte commencèrent alors à travailler sur le futur appareil. Après bien des hésitations, songeant notamment à l’adaptation d’avions de liaison Norvigie, il fut décidé de concevoir un appareil totalement nouveau. Un prototype fut rapidement construit sous la désignation de Nord 3202. Il s’agissait d’un monoplan monomoteur biplace en tandem, disposant d’un train d’atterrissage fixe, dont la particularité résidait dans sa jambe de train dessinant un angle à 90°. Le Nord 3202 était alors mû par un moteur en ligne Potez 4D32 de 220 chevaux. La voilure basse de l’avion disposait de volets mobiles très fins et le plan horizontal de l’empennage était renforcé par des haubans d’intrados. L’avion n’était  pas prévu pour emporter le moindre armement. Il effectua son premier vol le 17 avril 1957.

L’ALAT passa une première commande pour cinquante avions, en plus du prototype, et ceux-ci furent livrés à partir de 1958. L’intervention française en Algérie, en particulier pour l’ALAT, fit que  les N-3202 furent mis à contribution dès leur entrée en service. Durant un temps, l’état-major de l’Armée de Terre étudia même la possibilité d’équiper ces petits monomoteurs avec des mitrailleuses afin de les employer pour des missions de « maintien de l’ordre ». Néanmoins la relative fragilité des N-3202 fit que ces appareils demeurèrent en France, dans la mission pour laquelle ils avaient été conçus.

En 1962, la SNCAN reçu de la part de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre un commande pour une version améliorée de l’avion, le N-3202B. Celui-ci se différenciait de son prédécesseur par son moteur Potez 4D34 de 260 chevaux, et par son hélice métallique. Ce sont cinquante autres avions qui furent livrés, portant en 1966 à 100 le nombre de N-3202 en service au sein des unités d’instruction de l’ALAT.

La plupart des N-3202 reçurent un livrée entièrement jaune, ce qui fit que de nombreux pilotes et équipages affublèrent le N-3202 du surnom de « Canari » alors même que le constructeur tentait de faire en sorte que l’ALAT utilise le nom de baptême officiel de Master. Ce nom d’origine anglophone trahissait la volonté de Nord de vendre son appareil à l’exportation. Cependant l’avion ne connu aucun succès hors de France. Bien que la Belgique et le Portugal s’intéressèrent à l’appareil, il ne réussit jamais à s’imposer face à la toute puissance du Chipmunk canadien.

Les N-3202 volèrent sous la cocarde française jusqu’à la fin des années 70, et quelques machines furent même utilisées comme plastron par les élèves mécaniciens de l’Armée de Terre. Actuellement, les N-3202 font la joie des aficionados de meeting aérien. Machine malheureusement méconnue du grand public, le N-3202 est le dernier avion conçu, construit, et ayant volé pour la première fois à Méaulte, usine historique de l’avionneur Potez et maintenant propriété du géant EADS.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Nord N.3202B Master
Envergure : 9.50 m
Longueur : 8.12 m
Hauteur : 2.52 m
Motorisation : 1 moteur en ligne Potez 4D34
Puissance totale : 1 x 260 ch.
Armement : aucun
Charge utile :
Poids en charge : 1220 kg
Vitesse max. : 260 km/h à 2200 m
Plafond pratique : 5100 m
Distance max. : 1000 Km à charge maximale
Equipage : 2
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Plan 3 vues

Plan 3 vues du Nord N.3202 Master

Profil Couleur

Profil couleur du Nord N.3202 Master

Vidéo

En vol sur N-3202

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.