C’est désormais une course contre la montre que les pilotes d’hélicoptères militaires américains mènent en Californie. Depuis ce dimanche 12 février au soir le barrage d’Oroville menace de s’effondrer partiellement, ce qui aurait pour conséquence la formation d’une gigantesque vague estimée à plus de dix mètres de haut. Dès lors l’état d’urgence a été décrété dans tout le comté de Butte, la garde nationale californienne ayant donc décidé de déployer un maximum d’hélicoptères sur zone. Ce sont principalement des Boeing-Vertol CH-47F Chinook et des Sikorsky UH-60L Blakhawk qui sont engagés.

Les équipages californiens ont pour mission de colmater une brèche de plusieurs dizaines de mètres carré qui s’est créée sur le déversoir auxiliaire. Pour cela les hélicoptères doivent transporter sous élingue des blocs de pierre de plusieurs centaines de kilos, allant même jusqu’à cinq ou six tonnes afin de former une digue temporaire qui évitera la catastrophe.

Dans le même temps les hélicoptères militaires américains assistent les experts et ingénieurs dépêchés en urgence et qui auscultent le barrage comme s’il s’agissait d’un grand blessé.
Il faut dire que celui-ci est le plus haut des États-Unis, puisqu’il culmine à 230 mètres au-dessus du lit de la rivière Feather. Outre le fait d’assurer la régulation de ce cours d’eau le barrage protège également la vallée de Sacramento et assure une partie de sa production électrique.

En raison du danger réel le gouverneur de Californie a réclamé l’évacuation d’une partie de la population du comté de Butte, soit entre 180 000 et 200 000 civils. Si la majorité a pu quitté son domicile par la route, certaines personnes l’ont été par les airs et notamment au moyen des hélicoptères sanitaires Eurocopter UH-72A Lakota de la garde nationale. C’est notamment le cas de pensionnaires de quatre maisons de retraites, ainsi que les patients de l’hôpital du comté.

Un drone de reconnaissance General Atomics MQ-1A Predator appartenant au 163rd Reconnaissance Wing, une unité dépendant de l‘US Air National Guard de Californie a d’ailleurs pu survoler à plusieurs reprises l’édifice afin de transmettre des images en temps réel de l’évolution de cette catastrophe en devenir.
Ce lundi 13 février en fin d’après-midi le gouverneur de Californie envisageait également de déployer des hélicoptères de sauvetage de l’Air National Guard, à savoir des Sikorsky HH-60G Pave Hawk.

Pour des raisons de compétence territoriale le gouverneur de Californie ne néanmoins pas encore engagé les moyens du Pentagone, sans l’aval de la Maison Blanche. Or à l’heure où ces lignes étaient écrites Donald Trump n’avait encore donné aucune instruction en ce sens.
En fait tant que le barrage ne s’est pas rompu ce dernier ne peut pas réellement déployé l’US Army et l‘US Air Force. Les seuls moyens fédéraux engagés sont la FEMA (pour Federal Emergency Management Agency) en charge de la gestion des crises civils et l’US Coast Guard qui a déployé également deux Eurocopter MH-65C Dolphin équipés afin de réaliser des évacuations sanitaires de personnes lourdement médicalisés. Un avion tactique Alenia MC-27J Spartan réalise quant à lui des missions de soutien au profit des agents de la FEMA.

Au final une situation plus qu’inquiétante mais qui pourrait arriver dans bien d’autres pays que les États-Unis. De tels ouvrages d’art existent au Canada, en France, ou encore en Italie. C’est pourquoi ce drame est observé de près de la part du monde entier.

Photos © US Department of Defense.

 

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