Partout dans le monde le légendaire hélicoptère biturbine vit ses dernières années, qu’il ait été construit aux États-Unis autant qu’en Italie ou au Royaume-Uni. Et le dernier exemple en date est la Malaisie qui a décidé d’en finir avec son actuelle flotte de vingt-six Sikorsky S-61A, localement appelés Nuri. Particularité ces hélicoptères de transport sont principalement utilisés pour des missions terrestres. Leur remplacement passera en premier lieu par la location d’hélicoptères civils.

La décision malaisienne n’a pas tant été dictée par cette mode de remplacer ses SH-3 Sea King ou ses versions britanniques que par l’urgence de leur immobilisation de ces machines. En effet des vingt-six hélicoptères en dotation officielle dans les rangs du ministère malaisien de la défense une grosse partie est actuellement clouée au sol. Initialement livrés à la force aérienne ils ont été en partie versés entre 2016 et 2018 à l’armée malaisienne.
Aujourd’hui sur le papier cette dernière aligne quatorze S-61A Nuri et la force aérienne douze. Mais c’est en théorie.

Car dans la réalité des choses la situation est très différente. Huit des douze hélicoptères de la force aérienne sont encore en état de vol et quatre des quatorze de l’armée seulement. Ces douze hélicoptères ne volent pas dans les mêmes rôles : transport armé et recherches-sauvetages au combat pour les hélicos et de l’armée et recherches-sauvetages en mer et soutien logistique pour ceux de l’aviation militaire. Particularité les Nuri de l’armée sont dotés de mitrailleuses en gundoor.

Particularité notable des Nuri : quatre sont en fait des AS-61D produits sous licence italienne par Agusta.

Le résultat est donc cette décision de retirer du service les vingt-six machines au plus vite. Les quatorze hélicoptères qui ne sont pas en état de vol vont d’ores et déjà être rayé des cadres en cette fin d’année 2019. Les autres doivent être maintenus encore quelques mois le temps qu’un successeur commun leur soit trouvé. Le ministère malaisien de la défense insiste sur le fait de vouloir une même machine pour l’armée et la force aérienne.
Et clairement deux hélicoptères font déjà figures de grands favoris pour une commande ferme en 2020 : l’Airbus Helicopters H225M Caracal européen et le Kazan Mi-171 russe. Ce dernier est rappelons-le l’ultime évolution du célèbre Mil Mi-8 soviétique.

Et il se pourrait que malgré un prix catalogue légèrement plus élevé l’hélicoptère européen ait clairement l’avantage sur son concurrent russe. La Malaisie utilise en effet déjà cette machine à hauteur de douze exemplaires pour des missions de soutien aux forces spéciales ou encore de recherches-sauvetages au combat.
Le grand perdant pour l’instant pourrait bien être le géant américain Lockheed-Martin, maison-mère de Sikorsky. Ni le Blackhawk ni le Superhawk ne semble avoir les faveurs du pouvoir malaisien. Reste à savoir quelle concession l’Amérique pourrait être prête à faire pour le remplacement des S-61A Nuri.

Avant d’acheter quoi que ce soit les Malaisiens envisagent très sérieusement de louer des hélicoptères civils afin de ne conserver qu’un plot d’hélicoptères armés pour les missions de soutien au combat. Des contacts ont été pris avec des sociétés de transport évoluant notamment sur Eurocopter EC225 Super Puma, des appareils parfaitement adaptés à ce rôle.

Peut-être le futur grand vainqueur de ce chantier, l’Européen H225M Caracal.

En fait il faut savoir qu’en Malaisie depuis l’accident où un S-61A Nuri s’est écrasé sur un lycée cet hélicoptère n’a plus du tout bonne presse. Pis l’opinion publique en fait souvent son bouc-émissaire et il devient urgent en matière de communication de se séparer d’eux. Il n’est pas rare de les voir hués lors des meetings aériens.

Photos © ministère malaisien de la défense.

Publicité

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom