On le sait depuis près d’une décennie maintenant les drones ont totalement envahi notre quotidien, que cela soit dans le domaine des loisirs autant que du monde professionnel ou encore de la recherche scientifique. Et dans ce dernier cas ces engins ont apporté une véritable plus-value dans l’étude zoologique, que ce soit des animaux bien connus ou bien de ceux qui demeurent encore aujourd’hui à découvrir. Moyennant des sommes allant de quelques centaines à quelques milliers d’euros certains scientifiques ont su conquérir le ciel grâce à ces machines.

Parmi les formes de recherche zoologique s’il en est une où les scientifiques ont rapidement compris les intérêts réelles du drone c’est bien la cryptozoologie. Pour tenter de découvrir les cryptides (voire d’infirmer leur existence) les scientifiques usent désormais de drones, et plus seulement comme œil volant. La charge d’emport de certains engins qu’on peut acheter dans le commerce ou sur le web dépassant allègrement les deux kilogrammes il est désormais possible d’installer des capteurs infrarouges ou bien des scanners thermiques. Autant d’appareillages communément utilisés par les cryptozoologues du vingt-et-unième siècle.

Mais au fait c’est quoi la cryptozoologie ?
Étymologiquement parlant il s’agit de «l’étude des animaux cachés». C’est à dire la science qui s’intéresse aux animaux qui ne sont connus que par les arts et traditions populaires, les mythes et légendes, certains témoignages voire des découvertes d’empreintes et/ou d’éléments biologiques. Ses détracteurs la classent parmi les pseudo-sciences au même titre que l’ufologie. Seulement voilà si jamais aucun ufologue n’a prouvé l’existence des petits hommes verts certains cryptozoologues ont réussi à découvrir de véritables animaux inconnus.
Cela a notamment été le cas du saola (un bovidé de la taille d’un faon) au Vietnam inconnu jusqu’en 1992 ou encore de l’olinguito (un gros rongeur) en Équateur inconnu jusqu’en 2013. Et puis évidemment le plus célèbre, le laimargue du Groenland. Ce requin était connu des vikings mais totalement inconnu des scientifiques qui le croyaient éteints depuis plus de 500 ans jusqu’à ce qu’en 1990 un cryptozoologue américain en filme un ainsi avant de le pêcher.  Il est à signaler que ces deux mammifères et ce poisson cartilagineux étaient bien connus des légendes locales.

Donc si les drones ne semblent d’aucune utilité pour celles et ceux qui traquent les cousins d’Alien et d’E.T. il en est tout autrement des cryptozoologues. En effet l’engin volant sans pilote permet une approche non invasive de la zone à étudier. Le silence de ces machines étant un plus non négligeable. Et puis surtout, même dans le vent, le drone n’a pas d’odeur puisqu’il fonctionne sur batteries électriques et non thermiques. En fait cet engin n’a pour ces scientifiques que des avantages, sans compter qu’il se range et se transportent aisément dans un simple sac à dos ou une valisette.
Et aujourd’hui nombre de cryptozoologues parmi les plus sérieux (rappelons que certains universitaires très rigoureux se passionnent pour la cryptozoologie) ont dans leur «boite à outils» un ou plusieurs drones.

Malheureusement comme souvent ce ne sont pas les plus sérieux qui font le plus parler d’eux. En 2015 les médias britanniques ont largement relayé la présence autour du Loch Ness de cryptozoologues équipés de drones qui surveillaient les eaux de ce plan d’eau écossais mondialement connu pour la créature de grande taille qu’il abriterait. Bien évidemment les caméras embarquées n’ont filmé aucun animal inconnu de grande taille et encore moins de preuve de la survivance d’une espèce de grand reptile lacustre issu des âges fossiles. Dans le même ordre d’idée au Venezuela des cryptozoologues locaux auraient utilisés en 2016 des drones achetés dans le commerce pour cartographier une partie de la forêt amazonienne proche des rives du fleuve Orénoque réputée être le cadre de vie d’eunectes géants, des serpents de très grande taille de la famille des anacondas. Là encore ils n’ont bien sûr rien démontré.

Alors oui le drone peut être un bon outil pour les cryptozoologues. Mais ceux-ci doivent se souvenir de l’adage qui dit : «pour vivre heureux vivons cachés»… un peu comme l’objet de leurs recherches. Car à n’en pas douter le drone attire encore le curieux, et à l’ère du numérique celui-ci a forcément sur lui un smartphone. Donc rapidement les images prises se retrouvent sur la toile et discrédite un peu plus une science qui n’en a déjà pas besoin.

La question est de savoir si le prochain animal découvert grâce à la cryptozoologie le sera depuis les airs, grâce à la caméra ou au capteur d’un drone ? Si tel est le cas cet engin aura encore ajouté une corde à son arc.

Photo © University of Oxford.

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