Une fois encore c’est bien la sécurité autour des avions déployés par la Russie en Syrie qui semble poser problème. Ce mercredi 2 mai 2018 un jet de combat biréacteur Sukhoi Su-30SM s’est écrasé peu après son décollage, causant la mort de ses deux membres d’équipage. Pour une raison encore mal comprise il semble que les sièges éjectables de ces avions récents n’aient pas fonctionné.

Au petit matin l’avion décolla pour une mission d’appui aérien au profit des forces du régime dictatorial syrien. C’est que ce Sukhoi Su-30SM s’est écrasé à quelques kilomètres de la base aérienne de Latakia où sont stationnés les avions d’armes envoyés sur zone par Moscou. Immédiatement après l’écrasement les services de relations avec la presse de l’aviation russe se sont empressés pour expliquer qu’il s’agissait d’un crash accidentel et non du résultat d’un tir ennemi provenant du sol.

Lorsque les forces armées russes et syriennes arrivèrent sur la zone de l’accident ils ne purent que constater que les deux membres d’équipages étaient décédés. Fait très marquant ils étaient tous deux encore brêlés sur leurs sièges respectifs sans que ces derniers n’aient utilisé leur système d’éjection.
Or ce n’est pas la première fois qu’un crash d’avion de combat russe ait lieu sans que les sièges éjectables ne fonctionnent correctement. Et ça les services officiels moscovites tentent actuellement de le minimiser. Car c’est bien la sécurité des pilotes et équipages qui est ici en jeu.

Bien évidemment comme c’est un accident ayant lieu en Syrie au sein de l’aviation russe il ne faut pas espérer avoir des informations claires et vérifiables de la part des deux pouvoirs en place. On sait tous que les visions russes et syriennes de la liberté d’information sont assez discutables.

Toujours est-il que pendant ce temps là ce sont les aviateurs russes qui risquent encore plus leur vie en montant dans les cockpits de leurs avions. Puisque ce crash n’est pas du à un tir ennemi ça vient forcément d’une cause accidentelle… de quoi largement jeter le doute sur l’entretien des avions de combat.

Photo © Keypublishing

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2 COMMENTAIRES

  1. Pour l’instant, je ne crois pas qu’on puisse affirmer qu’il s’agit d’un dysfonctionnement du siège éjectable.
    Il y a déjà eu des cas de collisions volatiles sans éjection ou avec une éjection tardive même sur un bimoteur.

    Au décollage à basse altitude, il y a un énorme déséquilibre de puissance en cas de perte de moteur, qui peut faire basculer l’avion.

  2. Tout à fait Banzinou. Pas fonctionné, ou pas actionnés, cela reste une hypothèse tout à fait envisageable.
    Comme l’appareil survolait une zone urbanisée, il n’est pas impossible que les pilotes aient décidé de leur propre chef d’écarter l’appareil au maximum des habitations et l’abandonner au dernier moment au-dessus de la mer pour minimiser les pertes civiles – comme l’aurait fait n’importe quel pilote consciencieux, civil comme militaire. Bref, à moins d’avoir été dans le cockpit, on ne peut que se perdre en conjectures et fantasmer.
    Or même si cela peut être tentant, porter un caustique jugement de valeur sur le mauvais entretien des appareils russes ou les dysfonctionnements de leurs sièges éjectables alors que deux pilotes sont morts dans leur appareil en accomplissant leur mission me semble un peu déplacé à ce stade, surtout quand on compare à la situation de ce tragique accident du WC130 qui sortait pourtant de maintenance (ce qui fait trèèès mauvaise presse outre-Atlantique).

    Soyons factuels : des appareils militaires qui tombent du ciel ou subissent des incidents graves / mortels HORS du fait de l’ennemi, il y en a pléthore, et pas seulement russes. Rien que le mois dernier, un F16 des Thunderbirds et un CH53 de l’USMC tuant les équipages respectifs, un B1 atterrissant d’urgence pour problèmes moteurs, un F16 US crashé en bout de piste suite à un atterrissage d’urgence raté, le M2000-5 grec et son pilote, un F22 posé sur le ventre faute de train sorti, le drame de l’IL76 algérien. Si l’on pousse à quelques mois, on peut ajouter un Tigre allemand, un NH90 omanais, un 2000N au Tchad, et les notables séries noires des Typhoons l’an passé et Legacy Hornets depuis des années. Tant de « situations » qui sont simplement inhérentes aux appareils militaires bien plus que civils, modernes comme anciens, vu leurs performances et leurs conditions d’utilisation, avec leur lot d’erreurs humaines (pilotage, entretien, conception même !), dysfonctionnements du matériel, et enfin accidents par cause extérieure au pilote.

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