Il y a des avions comme ça qui passent inaperçus mais pourtant marquent leur époque, l’EMB 110 Bandeirante est de ceux-là. En cet automne 2018 le bimoteur à turbopropulseurs de facture brésilienne fête les cinquante ans de son premier vol et du début de ses essais en vol. Un avion qui marqua aussi la véritable arrivée dans le monde aéronautique d’un géant aéronautique alors en devenir : Embraer. Il est à noter que l’avion vole toujours actuellement au sein de la Força Aérea Brasileira qui le désigne C-95.

La cinquantaine d’exemplaires encore en dotation actuellement assure le gros des missions de servitude et de transport léger à l’intérieur du gigantesque territoire brésilien. Ils sont cependant secondés par les monomoteurs Cessna C-98 Caravan nettement plus modernes. Et surtout leur remplacement n’est pas à l’ordre du jour.

Car l’avion conçu par l’ingénieur français Max Holste, papa du célèbre Broussard, a été pensé comme un véritable 4×4 des airs. Un avion robuste, rustique, et finalement beaucoup plus polyvalent qu’il n’en avait l’air initialement. Car aujourd’hui ces avions savent en faire beaucoup plus qu’en 1973 quand ils firent leur apparition sous la cocarde brésilienne. Du transport léger à l’évacuation sanitaire en passant par l’entraînement des parachutistes ou encore la calibration des radars de défense aérienne le Bandeirante s’est adapté à toutes les exigences des militaires.

Seul véritable bémol dans sa carrière, il ne réussit jamais à parfaitement s’adapter aux marchés civils du transport régional et de l’affaire. Sur le premier il était bien trop petit et sur le second trop peu confortable. N’est pas le King Air qui veut !

Pourtant l’avion construit à plus de cinq cents exemplaires, EMB 111 de patmar compris, a vraiment représenté l’essor d’Embraer. Car après lui le constructeur brésilien s’est fait une spécialité des bimoteurs rustiques au travers des EMB 120 Brasilia et EMB 121 Xingu, ce dernier ayant même été acquis par les militaires français. Puis par la suite ce fut l’aviation militaire d’entraînement et enfin l’aviation commerciale.
Un grand constructeur était né.

Aujourd’hui plus de la moitié des EMB 110 Bandeirante produits entre 1972 et 1990 sont encore en état de vol. Des avions qui chaque jour aux quatre coins du monde montrent le savoir faire d’un ingénieur de talent et d’un excellent constructeur. À n’en pas douter le valeureux bimoteur quinquagénaire sud-américain volera encore pour de longues années.

Photos © Força Aérea Brasileira.

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