L’affaire n’est pas passée inaperçue en Californie. La semaine dernière le pilote d’hélicoptère Anthony Cecola appartenant à la police de Los Angeles a été validé afin de pouvoir mener des missions aux profits des pompiers de la ville. Et avec lui ressurgit une vieille peur chez les soldats du feu de la mégapole américaine : que les deux services de secours fusionnent leurs moyens aériens en une seule et unique unité. Les rares cas similaires aux États-Unis se sont toujours fait au détriment du service anti-incendie.

Car actuellement le LAFD et le LAPD (respectivement Los Angeles Fire Department et Los Angeles Police Department) dispose de leur propre flotte d’hélicoptères pour des missions très différentes l’une de l’autre. Le LAFD possède aujourd’hui six machines, sous la forme de trois AgustaWestland AW.139, deux Bell 412, et un Bell 206. De son côté le LAPD aligne dix-neuf hélicoptères à savoir cinq Bell 206 et quatorze Eurocopter AS.350B2 Écureuil.
Il est à signaler également que la police de Los Angeles possède son propre avion de transport léger, un Beechcraft Super King Air 200 utilisé selon le bon vouloir de son chef.
N’oublions pas que le LAFD et le LAPD dépendent tous deux de la mairie de Los Angeles, en France nous dirions que ce sont des services municipaux.

Mais alors quelle utilité à une mutualisation quand on voit très clairement la différence notable de taille entre ces deux unités aériennes ? Eh bien comme à chaque fois qu’on cherche à mutualiser des moyens l’origine est toujours la même : rationaliser afin de faire des économies. Sauf qu’ici peu de moyens peuvent être vraiment utiliser par les deux unités. Seuls les six Bell 206 (LAFD et LAPD confondus) et les deux Bell 412 pourraient vraiment servir à la fois aux policiers et aux pompiers californiens car les AW.139 sont gréés pour la lutte anti-feu et l’évacuation sanitaire tandis que les Écureuil eux le sont pour la surveillance urbaine, le maintien de l’ordre, et l’appui aux forces d’intervention.

Comme le soulignent certains journalistes spécialisés américains les deux seules bonnes idées dans cette mutualisation seraient sur des achats regroupés d’aéronefs et sur une formation initiale commune des futurs pilotes et en continue des équipages d’active.Et le cas d’Anthony Cecola l’atteste. Pour le reste cela ne peut que créé des tensions voire des dysfonctionnements sur le terrain.
Aux États-Unis le cas de la ville de Detroit sert souvent de contre-exemple à la mutualisation. En effet celle-ci y est entrée en fonction en 2015 et depuis la disponibilité des hélicoptères pour les services de secours a baissé d’environ 25% et de près de 10% pour les forces de l’ordre. Et à chaque fois ce sont les usagers qui trinquent.

L’audit qui doit décider de l’avenir des unités aériennes du LAFD et du LAPD doit se terminer à l’été prochain. D’ici là à n’en pas douter les lobbyistes des deux services vont tout faire pour faire pencher la balance dans leur sens.

Photo © Los Angeles Fire Department.

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