C’est le vœu officiel de Lockheed-Martin, quasiment sa bonne résolution pour la nouvelle année. La cadence de production de l’avion de combat de nouvelle génération F-35 Lightning II passera de 91 machines assemblées et livrées en 2018 à 130 exemplaire cette année. C’est à dire une augmentation d’environ 42% et une cadence de près de onze exemplaires par mois. Les trois versions A, B, et C sont évidemment concernées.

Et cette augmentation concernera aussi bien les avions de combat destinés aux forces américaines qu’à l’export. L’US Air Force et l’US Marines Corps devront en effet renforcer leurs moyens actuels tandis que l’US Navy déclarera officiellement ses premiers exemplaires opérationnels (certes au standard IOC) au cours de ce premier semestre. Autant dire que le Lockheed-Martin F-35 Lightning II sera plus que jamais sous le feu des critiques de ses détracteurs.

Dans le même temps les livraisons aux clients étrangers ne seront pas oubliées. L’Australie, Israël, et la Norvège seront parmi les principaux. L’aéronavale italienne va recevoir dans quelques semaines ses quatre premiers F-35B de série, des avions destinés à être embarqués en remplacement des McDonnell Douglas AV-8B Harrier II actuellement en dotation.

Lockheed-Martin risque cependant une grosse déconvenue en cette année 2019 avec la possibilité d’annulation de la commande turque. En effet depuis son rapprochement avec le régime russe l’administration fédérale américaine est plus que réticente à livrer son avion de combat dernier né à un pays dont le dirigeant entretient des liens aussi étroits avec Vladimir Poutine. Le contrat turc concerne tout de même trente F-35A et trente-deux F-35B, plus une option pour une centaine d’exemplaires de la première version.

À coups sûrs le Lockheed-Martin F-35 Lightning II sera un des avions de combat majeurs de cette année, comme les années précédentes. Et de plus en plus il va monter en puissance, notamment sous les couleurs et cocardes américaines et israéliennes. Un statut de chasseur multirôle combat proven qui pourrait bien jouer en faveurs de nouvelles exportations et donc par ricochets de nouvelles augmentations des cadences de production pour 2020, 2021, et les années suivantes.

Photo © US Navy

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5 COMMENTAIRES

  1. « Autant dire que le […] F-35 sera plus que jamais sous le feu des critiques de ses détracteurs. »
    Je pense au contraire que cela va se calmer ; d’une part les opinions publiques concernées commencent à digérer la pilule (et si elles le peuvent, je pense que les pays non opérateurs de l’appareil le pourront aussi 😉 .), quant au microcosme des fans d’aéronautique il s’est fait une raison : après des débuts timides ponctués de couacs, 2018 aura été une année phare pour le F35 ; qu’on l’apprécie ou pas, cet appareil sera aussi omniprésent que le F16 pour au moins 4 décennies. Et d’autre part, même si personne n’oubliera les retards et surcoûts du programme, les premiers soucis de jeunesse de l’appareil qui faisaient bondir tout le monde (ses partisans compris) semblent globalement réglés. J’en veux pour preuve que les prises de parti de pilotes / ex-pilotes et dirigeants politiques sceptiques à son égard, nombreuses dans les années 2012-2015, se sont brusquement raréfiées depuis les mises en service un peu partout dans le monde. Anecdotique mais pas anodin.

    On citera notamment entre autres faits :
    – une flotte déjà très conséquente (comme l’a dit Fred) de 355 appareils ayant cumulé plus de 175 000 heures de vol, pour un crash seulement et moins d’une dizaine d’incidents plus ou moins sérieux (c’est très peu),
    – une première capacité opérationnelle pour les F35B de l’USMC et les F35A Italiens, avec d’autres à venir très prochainement,
    – des débuts au combat sans anicroche au-dessus de l’Afghanistan (et vraisemblablement au Levant pour les F35I),
    – des résultats annoncés comme très favorables lors d’exercices face à des appareils matures (même si l’on ne connait rien des règles d’engagement),
    – et enfin, pour moi le plus éloquent : un renforcement des commandes initiales par 3 des protagonistes du programme, ce qui tendrait à démontrer que l’avion répond aux attentes : Israël, Japon, Pays-Bas (et je ne serais pas étonné que d’autres suivent).

    Même si je ne me sens pas F35 lover dans l’âme, force est donc de constater que tout tend à abonder vers les conclusions d’Arnaud : faisant fi des cris d’orfraie de naguère, la conjoncture depuis 2018 semble être en faveur de l’appareil de Lockheed-Martin. Outre une forte médiatisation avec des actualités hebdomadaires (l’avantage d’un programme multinational de cette ampleur), les prévisions optimistes pour 2019 laissent augurer que le programme est enfin sur de bons rails (le comble pour un avion, me direz-vous 😀 ).

  2. Le F-35 est un appareil qui introduit un changement de paradigme dans la manière de gérer la bataille aérienne. Ce qui se passe actuellement en Syrie montre, avec une échelle locale d’application de l’A2/AD, que la vision de LM vise, pour l’heure, plutôt juste. Mais il ne s’agit que d’une première génération. La seconde est d’ores est déjà représentée par le FCAS franco-allemand qui ira encore plus loin.

    • Je partage votre vision concernant le paradigme de bataille aérienne, à ce titre le F35 n’est plus vraiment un « avion de combat » stricto sensu comme on le concevait auparavant. C’est d’ailleurs un point qui déstabilise fortement au premier abord, puisque lorsqu’on le juge en tant que tel sur ses performances aéronautiques pures (vitesse, manœuvrabilité, emport, autonomie), ces dernières -et cela fait débat- ne sont pas exceptionnelles par rapport aux appareils des générations précédentes.
      Or la réelle nouveauté est qu’il est conçu comme partie intégrante et communicante -tout en restant passif- d’un maillage complexe décentralisé (air-mer-terre-espace-cyber) qui ira du simple soldat aux satellites, dans cette chaîne il sera un senseur aérien avancé de combat, si l’on peut dire.
      Et comme il est le premier de cette nouvelle catégorie, il serait donc bien vain de le comparer sans cesse avec des avions « classiques » (ce n’est pas là une insulte que je leur fais), car le F35 a été conçu comme « plus qu’un avion de combat », même si paradoxalement il en sacrifie un peu l’essence ^^.

      Quant à notre avenir aéronautique national, j’espère seulement que le futur SCAF ne manquera pas le coche niveau technologique comme l’a fait le F22, première tentative d’application de senseur aéroporté communiquant mais qui souffre justement de problèmes de communication passive avec son système propriétaire incompatible avec la liaison 16 des autres appareils de l’USAF (limitant drastiquement ses déploiements, problème que le F35 n’a pas avec son MADL).
      Niveau interopérabilité avec nos alliés et l’OTAN, il nous faudra nécessairement être compatibles F35, et je ne parle pas de l’archaïque liaison 16. Il faudra regarder direction MADL et consors (ou au moins quelque chose d’équivalent), il y aura donc aussi un sacré travail politique à faire là-dessus.

      • @ Vark
        Et la France le fait, en déléguant la responsabilité de la liaison de donnée à un hypothétique équipementier Européen.
        On pourrait demander à l’excellent Thalès, mais il est déjà occupé avec les liaison satellites du Rafale, entre autre, et ce ne serait qu’un travail Franco-français sans intérêt dans l’alliance.
        On pourrait acheter sur étagère aux américains, mais cela nous poserait trois problèmes:
        -souveraineté et confidentialité
        -bande passante
        -location.
        .
        Donc, c’est Airbus D.S., qui a revendu sa division informatique il y a trois ans, qui devra peut-être reconstituer celle-ci pour répondre à la démarche SCAF.
        .
        On leur souhaite bon courage, mais curieusement, même Dassault n’est pas à la hauteur sur ce coup là.

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